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Everest
  • Société
  • Environnement

Everest : les déchets accumulés commencent enfin à être recyclés

  • 7 novembre 2019
  • 3 minutes

La rédaction Outside.fr Simon Dugué Féru de trail running, Simon a rejoint la rédaction d'Outside en tant que stagiaire puis pigiste.

Avec 885 alpinistes à son sommet, l’Everest (8 848 m) a connu cette année la plus grosse affluence de son histoire. Conséquence directe de cette foule toujours plus importante, les déchets qui s’y accumulent sont de plus en plus nombreux. Pour tenter d’endiguer le phénomène, divers intervenants s’associent pour récolter les poubelles et les recycler. C’est le cas de l’association Blue waste to value, dont nous avons interviewé le directeur.

On a tous en tête cette image saisissante de Nims Dai, montrant un embouteillage géant sur les pentes du plus haut sommet du monde en mai dernier. L’Everest fait rêver de plus en plus de passionnés de montagne, permet de générer des revenus non négligeables et fait marcher toute une économie locale. Pour autant, cette affluence croissante pose aussi des problèmes sécuritaires et environnementaux.

Récolter la montagne de déchets

La collecte des déchets sur les pentes de l’Everest n’est pas une initiative nouvelle. La première grande opération de nettoyage fut organisée en 1996 par l’Association d’alpinisme du Népal. Ces dernières années, celles-ci se sont multipliées face à l’inaction des autorités publiques. Une Française guide de haute montagne, Marion Chaygneaud-Dupuy, s’est notamment fortement impliquée en lançant en 2016 l’opération “Clean Everest”, dont l’objectif est d’organiser annuellement des opérations de collecte. Elle expliquait sa démarche à We Demain récemment : 

https://www.youtube.com/watch?v=JUgbtIdHxZ8

La masse de déchets se situe entre 5000 m (altitude du camp de base) et 6500 m, dit-elle. Là où l’affluence est la plus grande. En effet, beaucoup d’alpinistes qui se rendent sur les pentes de l’Everest ne tentent pas l’ascension complète, mais s’arrêtent aux différents camps. À cette altitude, il est possible de s’aider de yaks pour le transport ce qui facilite grandement les choses. Plus haut, la collecte se complique.

Depuis 2014, le gouvernement népalais exige un dépôt de 4.000 dollars par groupe d’alpinistes, qui leur est remboursé si chaque grimpeur rapporte de son expédition au moins huit kilos de déchets. En parallèle une taxe payée par chaque alpiniste individuellement a été instaurée pour financer le ramassage des ordures sur les plus hautes pentes. Cette année, pas moins de quatorze alpinistes ont consacré six semaines entières au nettoyage des sites, du camp de base au camp n°4 situé à 8 000 m.

Que faire des déchets récoltés ?

Boîtes de conserve, bouteilles en plastique, verres, matériel d’escalade, échelles en aluminium, on trouve de tout sur l’Everest. Les récolter est une étape cruciale, mais il ne fallait pas s'arrêter là.

En 2015, Nabin Bikash Maharjan, spécialiste de la gestion des déchets, dans le secteur depuis deux décennies dans la région de Katmandou, a décidé de prendre le sujet à bras le corps en créant une association, Blue waste to value. “J’ai réalisé que sans une initiative privée, les choses ne changeraient pas”. Il a trouvé un associé, Varun Saraf, chef d’entreprise dans le secteur hôtelier. “Je cherchais quelqu’un qui voulait s’impliquer de manière durable, la gestion des déchets doit se faire sur le long terme pour être efficace”. 

Rapidement Blue waste to value s’est rapprochée de la SPCC (Sagarmatha Pollution Control Committee), un organisme public qui s’occupe du tourisme de montagne et du respect de l’environnement dans le Parc national de Sargamatha. “À l’époque, la gestion des déchets était sommaire. Il y avait 70 fosses où l’on brûlait tout ce qui était collecté. On a travaillé avec eux sur la mise en place d’un circuit de recyclage qui fonctionne bien aujourd’hui”. Première étape, les déchets sont désormais triés dans des centres de collecte. Plusieurs intervenants sont aujourd’hui impliqués tout au long de la chaîne : la SPCC, la municipalité rurale de Psang Lhamu mais aussi Yeti Airlines, une compagnie aérienne privée qui aide au transport des déchets entre l’aéroport de Lukla - aéroport qui dessert le camp de base de l’Everest - et l’aéroport de Katmandou.

Depuis, les bouteilles et autres détritus ont pour certains une deuxième vie. Un hôtel de luxe de Katmandou, Yak et Yeti, utilise des produits fabriqués après le recyclage de ces déchets. D'autres entreprises, comme Moware Designs, fabriquent quant à elle des petits objets d'art. "C'est toute une chaine de valeur qui s'est mise en place".

La situation s’améliore

Même si le tableau paraît sombre, Nabin est optimiste : “Les choses vont dans le bon sens, il y a une prise de conscience et de plus en plus d’acteurs s’impliquent pour améliorer la situation.” En première ligne, les Sherpas qui accompagnent les alpinistes dans leurs expéditions sont beaucoup plus attentifs sur la gestion des déchets avec leurs clients. Il semble en être de même des agences de trekking, très nombreuses dans cette région.

Quant à l’affluence de plus en plus grande, Nabin Bikash Maharjan a une vision un peu différente : “Je ne pense pas que ce soit une question primordiale. Si tous les alpinistes sont sensibilisés et ramènent leurs déchets personnels, alors il n’y aura pas de problème.”
Un bel optimisme qui pourrait être sérieusement ébranlé si l'affluence sur le toit du monde ne faiblit pas.

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