On peut penser ce que l’on veut du film “Bird Box”, plus gros succès de l’histoire de Netflix, mais une chose est sûre : le personnage incarné par Sandra Bullock est imbattable quand il s’agit de prêt-à-porter post-apocalyptique.
On sort quelle veste de son dressing pour la fin du monde ? Vous me direz, cela dépend de l’apocalypse en question : un cuir clouté à la “Mad Max” aura vite fait de vous couler dans une ambiance de type “Waterworld”… Mais votre vestiaire en mode survie en dira long sur votre capacité à gérer avec classe des lendemains qui ne chantent plus du tout.
Netflix n’a pas ménagé ses efforts pour créer le buzz autour de son dernier long-métrage “Bird Box”, sorti le 21 décembre dernier. Dans le cadre d’une apocalypse plutôt sobre (des entités presque invisibles tuent toute personne les apercevant), nous somme témoins de la transformation de Malorie (Sandra Bullock, donc) en une super-maman reine de l’outdoor, se frayant un chemin en canoë à travers le brouillard et les rapides en compagnie de ses enfants, afin de rejoindre un hypothétique sanctuaire. Le tout les yeux bandés, et en portant, c’est confirmé par Netflix, une doudoune Uniclo Ultra-légère Compacte (59,90€), tout sauf technique, et qui, à ce jour, est évidemment en rupture de stock. Et si “Bird Box” a reçu des critiques mitigées, cette doudoune, elle, nous a complètement envoûtés.

En tout objectivité, cette veste puffy ultra-légère, sans capuche et à boutons-pression est tout sauf adaptée à la manoeuvre aveugle d’un canoë en milieu aquatique hostile : son tissu résistant à l’eau est, au mieux, conçu pour endurer une petite bruine. Quant à son duvet intérieur - de nature indéterminée - il finira à coup sûr par être détrempé, réduisant à néant tout espoir de chaleur corporelle. Et donc pas de capuche : dans le film, notre héroïne remédie à ce problème en glissant sous sa doudoune ce qui semble être un sweat à capuche beige en cachemire. Bien vu, Malorie.
Rame Malorie, rame
Vous vous rappelez peut-être la protagoniste de “The Descent” (2005), interprétée par Shauna Macdonald, qui, en débitant à la machette des créatures humanoïdes carnivores souterraines vêtue d’une veste de protection Arc’teryx bleue, plaçait déjà la barre très haut dans la catégorie des super-mamans de films d’horreur. N’oublions pas non plus Meryl Streep et son gilet Eddie Bauer dans “La Rivière Sauvage” (1994). Cette dernière devait, pour sauver son fils, descendre en rafting des rapides Classe V (rappelons que classe VI signifie “à la limite de la navigabilité”), le tout avec un flingue braqué sur elle. Et comme “Bird Box” a un petit air de famille avec “La Route” (2009), il n’est que justice de citer aussi la doudoune Walls portée par Viggo Mortensen, qui incarne un homme tentant avec obstination de protéger son fils des conséquences de l’apocalypse.
Au milieu d’un tel aréopage, la doudoune Uniqlo de Malorie fait pâle figure en termes d’accessoire idéal pour affronter la fin du monde. Mais cette dernière la porte avec une telle intensité qu’on en reste bouche-bée. Elle est tellement sûre d’elle lorsqu’elle navigue avec précision sur les eaux ou dans les bois, que l’on ne peut s’empêcher de penser “Et le placement de produit Patagonia, ça va être dans 4, 3, 2, 1…” Mais ça n’arrive jamais, et pour une bonne raison : cela aurait réduit à néant tout l’intérêt de ce choix vestimentaire.
Malorie n’a jamais prétendu être une mordue d’outdoor collectionnant les fringues techniques. Avant le drame, on l’avait découverte enceinte et pas vraiment ravie de cette maternité à venir, emmitouflée dans une sorte de fourrure vintage à tendance laineuse bleu canard. Quand la tourmente arrive, on ne peut pas dire qu’elle ait vraiment le temps d’aller chiner de jolies pièces techniques au Vieux Campeur, puisque, par définition, c’est l’apocalypse. Et cette dernière lui prend tout, espoir après espoir, jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus que ses enfants. Qu’elle n’ose même pas baptiser : “Garçon” et “Fille” seront leurs noms de guerre.
Les circonstances transforment Malorie en une protectrice brutale et déterminée, qui n’hésite pas à se jeter aux côtés de sa progéniture dans une barque de fortune au milieu des rapides puisque c’est le seul choix qui lui reste. Comme toutes les mères outdoor, elle fait avec ce qu’elle a : une doudoune mauve, aussi brute de décoffrage que le deviendra notre héroïne, transfigurée par sa lutte pour la survie. Et elle s’en sort mieux que bien.
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