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Robert Redford Sundance Festival
  • Société
  • Culture

Robert Redford, l’homme qui a donné une voix à la montagne

  • 17 septembre 2025
  • 5 minutes

Maxime Dewilder Maxime Dewilder Journaliste pour Outside, Maxime aime autant courir en montagne que raconter les aventures de celles et ceux qui font l’actualité outdoor.

Sans lui, certains documentaires majeurs n'auraient pas eu le même impact sur le grand public. C'est le cas notamment de Meru, sorti en 2015 et véritable plongée dans les limites physiques et psychologiques de l’alpinisme himalayen réalisée par Jimmy Chin et Elizabeth Chai Vasarhelyi. Citons aussi Riding Giants (2004), une référence aujourd'hui sur l’histoire du surf de grosses vagues. Monstre sacré du cinéma, playboy adulé, acteur multi-primé, réalisateur renommé, Robert Redford est mort (1936 – 2025). Au-delà des studios de Hollywood, Redford tissait depuis son enfance un lien fort aux grands espaces et à la montagne. À tel point que l’Américain mêlait cimes et cinéma à travers des rôles, des réalisations (A River Runs Through It, 1992) mais aussi la création en 1985 du Sundance Film Festival, l'un des principaux festivals de films indépendants aux États-Unis et dans le monde. Un événement qui, au fil des ans, a offert une formidable vitrine à des thèmes touchant à l'univers de l'outdoor.

« Le Yosemite m’a réclamé », assurait Robert Redford, encore jeune homme. Dix ans plus tôt, à l'âge de 11 ans, il découvre le parc national de Yosemite, en Californie. Il vient tout juste de guérir d'un léger cas de polio, il peut enfin sortir et sa mère l’amène dans les montagnes de Sierra Nevada. Le jeune Robert est content. Il ressent tout de suite une énergie particulière, lui qui apostrophe sa mère devant un paysage : « Attends une minute, je ne veux pas juste le regarder, je veux y être ! ». Une graine est plantée. Le Yosemite, pour Redford, « est le point de départ de [sa] passion pour la nature et l’environnement ».

Quelques années après cette visite, Robert Redford retourne dans le Yosemite où il postule en tant que serveur au Yosemite Lodge. Il passe deux étés sur place à Camp Curry, un terrain de camping dans le parc, explore Vernal Falls, une chute d’eau de près de 100 mètres de hauteur, ou Nevada Falls, sa grande sœur de 181 mètres. « C’était pour moi l’opportunité d’être dans le parc tous les jours, de marcher, d’être vraiment en immersion », assure-t-il. La graine a déjà bien poussé. Une conviction écologique et un attrait fort pour les grands espaces s’enracinent en lui. Ils ne se démentiront jamais jusqu’à sa mort, au point même de les lier à ses futurs métiers d’acteur et de réalisateur.

Redford le skieur, Redford le trappeur

Robert Redford commence sa carrière au cinéma dans les années 60 et atteint la gloire grâce à Butch Cassidy and the Sundance Kid, un western de George Roy Hill sorti en 1969. Il y incarne Sundance Kid, un pilleur de banques et de trains… bien loin des montagnes donc. Mais la même année, il interprète le rôle principal de Downhill Racer, réalisé par Micheal Ritchie, où il joue un skieur alpin. L’occasion de découvrir les Alpes à travers les lieux de tournage : Kitzbühel en Autriche, Wengen en Suisse ou encore Megève et Grenoble en France, en plus de Boulder et Idaho Springs aux États-Unis. Et il y met de sa personne. Il suit la véritable équipe américaine de ski alpin pour se plonger dans le rôle, voyage en bus, dort où il peut et quand il peut, s’imprègne de la montagne et de ses reliefs.

En 1972, l’acteur américain est méconnaissable dans Jeremiah Johnson de Sydney Pollack. Le beau gosse - standards hollywoodiens - se transforme en trappeur, barbe hirsute, cheveux mi-longs et quelques kilos en plus. Redford joue l’ermite ayant fui la civilisation, le vétéran de la guerre américano-mexicaine réfugié au cœur du climat inhospitalier des Montagnes Rocheuses. Surtout, il donne à voir le rêve – le fantasme – d’une vie plus sauvage, plus libre, plus de 30 ans avant Into the Wild, sorti en 2007 en film et écrit par Jon Krakauer en 1996. Dans Downhill racer comme dans Jeremiah Johnson, l’environnement, la montagne en particulier, est un personnage à part entière auquel Robert Redford donne la réplique.

https://www.youtube.com/watch?v=8Fh6eLXGmog

Un fervent défenseur des causes écologiques

Quelques immenses succès plus tard (comme All the President’s Men en 1976), l’appel de l’outdoor se matérialise de manière concrète dans la vie de Redford. Passionné de ski, de rando et d'équitation, il est s'est installé dans l'Utah. Très ancré dans la communauté locale, il devient en 1985 le président du Utah/US Film Festival. Un événement créé en 1978 et resté au rang d’événement local jusqu’à l’arrivée de la star internationale. Première mesure, le festival change de date. Désormais, il se déroulera en plein mois de janvier, c’est-à-dire quand la saison de ski bat son plein. L'occasion de mêler cinéma et glisse. Ensuite, il sera désormais organisé par une association à but non lucratif, le Sundance Institute. Pour achever la métamorphose et devenir un événement de cinéma indépendant à la renommée mondiale, le festival est rebaptisé le Sundance Film Festival en 1991, du nom du personnage qu’il incarnait 20 ans plus tôt.

Près de Provo, dans l’Utah, à quelques kilomètres de Sundance, il construit lui-même sa maison, à l'abri des regards, en pleine nature. De ce lieu, il ne se lasse pas : « Je suis dans les montagnes, sur ma propriété privée. Je monte sur un cheval et je pars trois, quatre heures. Parfois cinq. Je me perds. Quand j’y suis, j’y suis ». Il y est et il y est bien. Jusqu’à y rendre son dernier souffle. Car c’est bien à Sundance, à la fois un festival et une station de ski, que l’acteur est mort le 16 septembre 2025. « En tant que fondateur de ce lieu unique, j’ai toujours eu pour vision que la station de Sundance Mountain serait un lieu où l’art, la nature et les loisirs se rejoindraient pour rendre le monde meilleur, aujourd’hui et demain », racontait-il en 2020.

Le Sundance Resort a été vendu en 2020 après l’achat par Redford en 1968. Entre-temps, l’Américain, devenu un fervent défenseur des causes écologiques, a mis en place des mesures de conservation et de protection. Sur les 1 050 hectares du domaine, 750 sont des terres préservées. En parallèle de l’annonce de la vente, la famille Redford annonçait aussi un partenariat avec Utah Open Lands pour protéger de manière permanente 121 hectares d’habitats sauvages, de cours d’eau et de zones humides vierges.

Quand Sundance propulsait l'alpinisme et le surf à l'affiche

Le Sundance Film Festival a changé l’histoire du cinéma en devenant le grand rendez-vous du cinéma indépendant américain, il a offert une formidable plateforme pour les jeunes réalisateurs. Au fil des années, le documentaire y a pris une place croissante, notamment sur les thèmes sociaux, politiques, mais aussi environnementaux. Et des films puissants tels que Meru (2015), Riding Giants (2004) ou The Summit (2012) y ont trouvé une nouvelle audience. Dans le premier, les spectateurs assistent à une plongée vertigineuse dans le monde de l’himalayisme indien, au côté de Conrad Anker, Jimmy Chin et Renan Ozturk, à travers l’ascension du pic Meru par la voie de l’aileron de requin (6 310 mètres), réputée voie la plus dure du monde. Dans le deuxième, un documentaire narré par le célèbre skateur et surfeur Stacy Peralta, on plonge cette fois dans le monde du big wave riding ou surf de grosses vagues avec Greg Noll, Laird Hamilton, Jeff Clark ou le pionnier Mickey Munoz. Le troisième retrace l’expédition meurtrière de 2008 sur le K2 qui a coûté la vie à onze alpinistes, dont le Français Hugues d'Aubarède.

Mais Robert Redford s’est aussi essayé à la réalisation, avec souvent la nature comme thème. Notamment dans A River Runs Through It (1992). L’histoire de deux frères qui grandissent dans le Montana sous l’influence d’une éducation paternelle dure et sous l’attrait de la pêche à la mouche dans la rivière Blackfoot. Le film reçoit l’Oscar de la meilleure photographie. Dernièrement, l'acteur prête sa voix au documentaire National Parks Adventure (2016) sur les grands parcs américains… dont le Yosemite bien sûr.

Comme un signe annonciateur, le Sundance Film Festival annonçait en mars 2025 que l’événement déménageait à Boulder, capitale de l'outdoor aux États-Unis, dans le Colorado. La prochaine édition, sans son illustre créateur et loin de la station de Sundance, n’aura sans doute pas la même saveur.

https://www.youtube.com/watch?v=0iqF2Tk_1WA

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