La championne de trail suédoise a de quoi nous déprimer. Non seulement la compagne de Kilian Jornet court à un niveau international, mais en plus elle mange bio, produit ses propres légumes dans sa ferme nichée à Romsdalen, à l’ouest de la Norvège, milite en faveur de l’environnement et gère une start up. Avec l’arrivée d’un deuxième enfant, on s’est dit qu’elle allait bien finir par être débordée, oublier ses baskets et manger des surgelés. Mais non. Entre deux entraînements, la jeune femme poursuit son programme et prend le temps de répondre à nos questions alors que son compagnon, Kilian Jornet, vient de passer une nuit en observation suite à sa tentative de record du 24 heures sur piste. Mais comment fait-elle ?
Quatre moutons, un chien, Maui, et des kilos de fruits et légumes à planter et récolter, la championne de trail a de quoi s’occuper. Son rêve ? L’autosuffisance. Elle en est loin, avoue-t-elle, et en femme pragmatique, gère aussi en parallèle « Moon Valley », son business de barres de céréales. Ajoutez encore, une petite Maj, 1 an et demi maintenant - la fille qu’elle a eu avec Kilian Jornet - et il y a de quoi démoraliser tous les parents de la planète.

Comment combines-tu ton entraînement sportif, ta vie de mère, ton potager et la gestion de ta start up ?
En planifiant et en établissant des priorités, c’est indispensable. En novembre/décembre, par exemple, je m'entraîne pendant de nombreuses heures, car à la ferme, à cette époque de l’année, c'est très calme. Pour « Moonvalley », ma société de production de barres de céréales, je dois intervenir à un rythme quotidien ou hebdomadaire, c’est selon. Tout est donc juste une question de planification. Et, selon la saison, je peux décider de travailler plus ou moins ! En mai/juin, un mois très chargé si je veux assurer ma production de légumes, je suis généralement à fond dedans parce que j’adore ça, c’est marrant et ça me donne tellement en retour. En parallèle, ma priorité numéro 1 pendant cette période est d’augmenter mon volume d’entraînement, afin de compenser un long hiver.

Au quotidien, te fais-tu aider, au potager ou à la maison pour t’occuper de Maj ?
Quand mes parents sont en visite, ils adorent nous aider à la ferme, c'est pourquoi je prévois souvent de travailler un peu plus quand ils sont là. Quant à Maj, elle est à la crèche trois fois par semaine. Donc ces jours-là, nous sommes très efficaces !
Es-tu impliquée dans la Fondation Kilian Jornet ?
Pas pour le moment.

Depuis la naissance de Maj souffres-tu d'un manque de sommeil ?
Maj est une très bonne dormeuse, donc nous arrivons toujours plus ou moins à avoir une bonne nuit de sommeil. Tout au moins depuis qu'elle a un an.
Pendant et après ta première grossesse, de retour à l’entraînement, comment as-tu adapté ton alimentation ? As-tu suivi un régime alimentaire spécial ?
Non, j’ai mangé comme d’habitude, végétarien !

Combien d'heures par semaine t’entraines-tu maintenant, comparé à la période où tu n’avais pas d’enfants ?
Comme je suis maintenant enceinte du numéro deux, je ne m'entraîne pas beaucoup en ce moment. En fait, je n’ai pas de suivi précis. Je tiens à continuer à bouger tant que je me sens bien, en pratiquant le ski, la randonnée et la musculation, mais mentalement, je préfère fonctionner sans programme, ne pas me mettre cette pression. Après la première grossesse, j'avais réduit mes séances d’entraînement de quelques heures par semaine car je récupérais moins bien. Je tournais donc plus autour de 12 heures (hebdomadaire, ndlr ) que de 15-18 heures. J’ai pu pousser lors des semaines les plus chargées jusqu’à 20 heures, mais rien à voir avec mon planning d’avant la grossesse !
Comment ton programme d'entraînement a-t-il changé ? Tu te concentres peut-être davantage sur l'intensité que sur le volume de l'entraînement ?
Oui, exactement, c'est ce que j'ai fait, et ce sera probablement le cas pendant quelques années encore, et j’augmenterai le volume parfois, si j’arrive à caser plus d’heures. J'aime toujours avoir des semaines bien chargées, cela me permet de me sentir en forme, mais tout dépend de mon sommeil et de la qualité de ma récupération en général.

En plus de tout cela, il y a aussi l'entraînement de Kilian. Comment faites-vous pour gérer le quotidien avant de longues sorties, pour toi, comme pour lui ?
Nous sommes très bons dans la planification et l'efficacité ! »
Toi et Kilian luttez contre le consumérisme. Concrètement, comment cela se traduit-il en tant que parents ?
Cela peut paraître surprenant, mais tous les vêtements de Maj ont peut-être l’air neufs, mais en fait, ils viennent de nos amis. Ils sont déjà portés, mais les bébés n'usent pas les vêtements ! Pareil pour les jouets par exemple. Quant aux couches, nous utilisons bien sûr des réutilisables.

Quels sont les équipements qui facilitent ta vie de mère ultra sportive ?
Un tapis roulant, un home trainer, des poids à la maison, un baby watcher (pour s'entraîner quand elle dort) et une poussette pour courir avec elle, un modèle de chez Thule, le Glide 2, aussi maniable sur route que sur les chemins de terre ou les sentiers plus escarpés. Nous avons aussi un « chariot « de la même marque sur lequel on peut monter des skis et faire de la glisse, c'est incroyable ! Tu ajoutes une couverture chaude, au cas où tu aurais besoin de changer une couche, et c'est à peu près tout !

Kilian a expliqué qu'à l'âge de trois ans, il partait en rando en montagne avec ses parents. As-tu vécu la même expérience quand tu étais enfant ? Et comptez-vous initier vos enfants au sport le plus tôt possible ?
Je jouais beaucoup dehors dans la forêt et nous passions du temps dans la nature. Nous faisions des balades, mais pas de grandes randonnées. On verra bien ce que Maj préfère ! Mais elle nous suit bien sûr dans de nombreux endroits, et elle aime déjà marcher !
Dans une interview que tu nous as accordée en août 2019, tu expliquais que vous souhaitiez sensibiliser vos enfants à la faune et à la flore. Avez-vous déjà commencé avec Maj ? Quel est son rapport à la nature ?
C'est marrant, Maj fait attention aux petits oiseaux que l’on peut voir de nos fenêtres, mais aussi aux grands aigles que nous apercevons parfois et, en bord de mer, aux baleines. Elle s’intéresse aussi aux fleurs, et à bien d'autres choses encore. Tout l’été, elle m'a suivi au jardin et nous avons choisi ensemble tous les ingrédients du dîner dans le potager. Alors si je lui demande d'aller chercher une carotte et des fraises, elle sort et va les chercher !
Enfin, quand est prévue la naissance de votre deuxième enfant ?
A la fin du mois de mars ! Nous ne connaissons pas encore le sexe, mais fille ou garçon, son éducation sera bien sûr la même !
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