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Victimes du selfie: une véritable épidémie
  • Société

Du selfie au « selficide », c’est l’épidémie

  • 29 avril 2019
  • 12 minutes

Kathryn Miles Kathryn Miles

Le 9 avril dernier, un touriste saoudien qui se prenait en selfie sur les bords du Nil en Ouganda a glissé et est mort noyé.  Son cas n’est malheureusement pas isolé. Une étude récente évoque 259 cas de morts par selfie entre 2011 et 2017. Outside s’est penché (on avait un harnais) sur la question.

Tout commence par un pari perdu : en 2014, Gigi Wu pose dans la neige en pleine montagne, vêtue d’un simple bikini. Un gage qui marque le début d’une longue série de coups d’éclat, immortalisés à chaque fois par des clichés indéniablement réussis. Cette Taïwanaise de 36 ans, mannequin, est aussi une randonneuse chevronnée. Nourrie par ce début de gloire, elle se photographie durant quatre années sur les plus hauts sommets d’Asie. Plus d’une centaine au total. Et toujours en bikini. Des selfies aussi beaux qu’ils sont absurdes. Un mélange des genres qu’affectionne la jeune femme, comme elle le confie un jour à la télévision taïwanaise.

Et elle n’est pas la seule : elle attire bientôt des milliers de followers, raconte BuzzFeed. Elle joue avec brio les rôles de grimpeuse avertie et de midinette en bikini, et ça plaît. Le succès lui sert de moteur, même lorsque ses détracteurs s’étranglent en l’imaginant gravir les cimes à peine habillée. Ils font fausse route : le bikini est rangé dans son sac-à-dos, avec, entre autres, son téléphone satellite et son kit de premiers secours.

Paralysée au fond du ravin

En janvier 2019, Gigi Wu s’engage dans un périple de plusieurs jours en solo au cœur du parc national de Yushan, à Taïwan. Là-bas se trouvent plusieurs sommets au-delà de 3 000 mètres. En pleine ascension, elle glisse et tombe dans un ravin 30 mètres plus bas. La jeune femme appelle des amis avec son téléphone satellite : ses membres inférieurs ne répondent plus. Les équipes de secours sont alertées.

Les conditions météo sont mauvaises, les températures négatives. Les hélicoptères tournent au-dessus du parc mais ne parviennent pas à la localiser. Des secours terrestres s’organisent. Gigi Wu, bien couverte, s’est enroulée dans une couverture de survie et tente de s’hydrater régulièrement. Elle renseigne son journal de bord et rédige quelques mots à l’attention de ses proches, a raconté la chaîne d’actualités hongkongaise TVB.
Il faudra 43 heures pour la retrouver. Son corps est sans vie, vaincu par l’hypothermie ou des lésions internes, peut-être les deux.
Ses comptes Facebook et Instagram sont bientôt fermés, remplacés par une page de commémoration. Certains y écrivent leur chagrin, d’autres y crachent leur venin. Devons-nous être surpris ?

Du désert chilien aux plages philippines

Car cette mort n’est pas un cas isolé. Certains chercheurs spécialisés dans les médias sociaux parlent de "selfiecides" ou "killfies"pour évoquer ces accidents causés par des selfies. Les victimes sont des stars des réseaux sociaux et, bien sûr, des aventuriers. Le rappeur canadien Jon James McMurray a provoqué le destin à l’automne dernier en rampant sous l’aile d’un Cessna durant le tournage d’un clip. Peu de temps après, la mort des deux blogueurs passionnés de voyages Meenakshi Moorthy et Vishnu Viswanatha fait grand bruit. Le couple aurait chuté avec sa perche à selfie en contrebas du Taft Point (240 mètres) dans le Yosemite. Un mois plus tôt, Tomar Frankfurter, un Israëlien de 18 ans, a péri dans ce même parc : des témoins l’ont vu pour la dernière fois en plein selfie devant la chute d’eau de Nevada. En juillet 2018, trois protagonistes de High on Life, un programme tout en adrénaline et sensations fortes diffusé sur YouTube, sont morts eux aussi dans une cascade, en Colombie Britannique. Fin mars, un homme originaire de Macao a fait une chute fatale de 300 mètres alors qu’il tentait de se photographier au bord du Grand Canyon.

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=917723671615739&set=a.113093572078757&type=3

Et puis il y a les autres, les centaines d’anonymes morts pour avoir tenté de prendre LA photo. L’étudiant tombé des falaises de Moher en Irlande. La voyageuse de 68 ans ébouillantée par un geyser au Chili. Un homme d’une cinquantaine d’années foudroyé alors qu’il randonnait dans les montagnes du pays de Galles, perche à selfies dans la main. Une adolescente emportée par une vague sur une plage des Philippines.

Pour chacune de ces morts déclarées, des milliers d’accidents évités de justesse. Des essais périlleux, comme dans ce zoo d’Arizona où une femme a escaladé l’enclos du jaguar pour un selfie avec la bête. Elle s’en est sortie de peu. Ou ces fameux clichés avec des ours, pris près lac Tahoe en pleine migration des saumons… Sans parler des diverses attaques de bisons dans le parc de Yellowstone. Tous ces amateurs de selfies ont frôlé la mort, insistent les autorités. Une pratique qui a causé des chutes de pelotons durant le Tour de France et pourrait être à l’origine d’un crash d’hélicoptère à New York en mars 2018. D’après un compte-rendu publié par le New York Times, le pilote, unique survivant de la catastrophe, a émis l’hypothèse d’un "shoe selfie" comme raison de l’accident : l’un des passagers, en voulant photographier son pied au-dessus du vide, aurait actionné la vanne d’urgence du carburant. Le crash a fait cinq victimes.

On peut tenter de se rassurer en pointant unanimement du doigt ces actes, en les rangeant dans les cases de l’inconséquence ou de l’égocentrisme humains. Un jugement trop tranché ? C’est ce que semblent indiquer les premières recherches en la matière. 

Objectif : assurer son auto-marketing

Une étude publiée en 2018 dans le Journal of Family Medicine and Primary Care a en effet montré que sur les 259 morts (vérifiées) par selfies enregistrées entre 2011 et 2017, plus d’un quart se sont produites alors que le photographe affichait un "comportement non-risqué", selon les termes des chercheurs. La majorité des décès parmi les jeunes hommes a plus précisément été attribuée à des prises de risques inconsidérés, quand plus de la moitié des femmes sont mortes sans avoir pris de risque apparent.

Quels mots mettre alors sur ce phénomène ? Le projet fou de Gigi Wu est-il vraiment aux antipodes des images léchées qui font le succès des magazines et sites d’aventure ? Doit-on le placer sur le même plan que le documentaire d’Alex Honnold sur son free solo épique (et extrêmement dangereux) d’El Capitan, primé aux Oscars ?

Moorthy et Viswanath seraient tombés en prenant un selfie du Taft Point au Yosemite. (Xuanxu/Creative commons)

Nous avons soumis ces questions à des experts des médias sociaux et de la psychologie. Leurs réponses ont éclairé notre lanterne Sarah Diefenbach enseigne la psychologie du consommateur à l’université Ludwig-Maximilians de Munich. Elle est à la tête de l’équipe qui a signé en 2017 un article sur le paradoxe du selfie. Selon elle, diverses motivations sous-tendent ce réflexe d’un genre relativement nouveau : communiquer avec ses proches, (re)gonfler l’estime de soi, soigner son image sociale, faire la chronique de sa vie et — de plus en plus — assurer son auto-promotion (le "personal branding").
Si l’idée de l’auto-marketing est récente, le désir de contrôler son image et de prendre une place l’est moins, estime Sarah Diefenbach. Ce type de démarche ferait même partie de notre ADN.

L’évolution a fait de l’humain un être hypersocial obsédé par la façon dont l’autre le perçoit. Son enfance dure bien plus longtemps que celle de presque tous les autres mammifères : c’est le temps qu’il lui faut pour assimiler sa culture et développer une identité propre. "La représentation de soi est un besoin fondamental chez l’homme depuis la nuit des temps".

Will Storr, auteur en 2017 d’un livre sur l’obsession du selfie en Occident, ne dit pas autre chose. L’être humain a de tout temps cherché à graver ses exploits dans le marbre (la pierre, le parchemin, la tapisserie…) Aujourd’hui, la technologie permet à tous de le faire impeccablementBien avant les téléphones portables, on trouvait cependant déjà de quoi attirer et retenir les regards. Les aristocrates commandaient leur portrait, les explorateurs emportaient avec eux des camées de leurs proches, quand les pionniers accrochaient aux murs de leurs cabanes des croquis d’eux-mêmes. Dès 1925, on a fait la queue pour se faire immortaliser dans les Photomaton. Vingt ans plus tard l’arrivée du Polaroid permit un instantané de soi encore plus rapide. Dans les années 1950, le projecteur de diapositives fit son entrée dans les foyers : les amis, voisins et plus lointains parents furent alors pris en otage durant d’interminables sessions de visionnage des souvenirs de vacances et autres cérémonies de remise des prix.
Cette aspiration à se façonner une image sociale n’a fait que grossir avec les technologies numériques. Il faut aujourd’hui sacrément jouer des coudes et de l’iPhone pour se faire remarquer.

Selon les psychologues, tout se passe dans notre cerveau au moment où nous prenons la photo. "Attention sélective" ou "aveuglement involontaire" disent-ils. En résumé, notre cerveau est incapable de traiter l’ensemble des stimuli qui lui parviennent simultanément et doit choisir ce qu’il retient et ce qu’il ignore. C’est précisément ce qui est en jeu lors du selfie : l’attention est focalisée sur l’appareil photo et le cliché à venir. Les pieds peuvent bien faire ce qu’ils veulent, l’environnement immédiat aussi. Le précipice (ou la menace quelle qu’elle soit) n’est pas envisagé : il est hors spectre. En d’autres termes, il ne s’agit pas de réelle prises de risque, mais d’une prise de conscience du danger… quand il est déjà trop tard.

Pas de photo ? Pas de gloire !

Que penser de ceux qui se mettent délibérément en péril pour prendre le selfie de l’année (de la semaine…) ? Will Storr prévient d’emblée : loin de lui l’idée de cautionner ces comportements, mais ils s’expliquent cependant aisément dans notre culture actuelle.

Il évoque les années 1980, le règne des traders impitoyables et la starification des athlètes de haut niveau. Il situe à cette époque la montée en flèche du besoin de singularité chez chacun. Des disciplines comme le ski alpin ou le VTT commencent à prendre le pas sur les sports davantage tournés vers l’esprit d’équipe. Les pratiques extrêmes gagnent en popularité. À la fin des années 1970, moins de 80 personnes s’attaquaient à l’Everest chaque année. En 1990, elles étaient trois fois plus. En 2018, des centaines de personnes ont crié victoire sur son sommet.

Pourquoi une telle hausse ? Conquérir une montagne, sauter dans le vide en wingsuit, dompter une déferlante : des défis de taille pour crier qui l’on est, estime Will Storr.
Mais pas de photo, pas de trace et pas de trace, pas de gloire.Pour prendre le selfie des selfies, les accros des paysages urbains vont ainsi jusqu’à se frotter aux plus hauts bâtiment du monde, à la recherche d’une vue imprenable.

C’est précisément ce que fait le photographe Victor Thomas, né à Brooklyn et devenu célèbre pour ses clichées pris depuis les gratte-ciel de Manhattan, pied ou corps en partie au-dessus du vide. Passer de la photo traditionnelle à la haute voltige a donné des ailes à sa carrière : il est désormais suivi par 32 000 personnes sur Instagram (@vic.invades). "Je veux photographier des panoramas auxquels je suis seul à avoir accès, témoigne-t-il. D’où je viens, personne n’a un super appart avec vue. Je prends aux riches et redistribue aux autres".

https://www.instagram.com/p/BNK41AxAM4K/?utm_source=ig_web_copy_link

Les critiques, il les connaît — il prend des risques inutiles, il pourrait blesser, ou même tuer, un passant, mettre en péril des pompiers qui viendraient à sa rescousse… On lui parle de l’accident du cascadeur Wu Yongning. À 26 ans, ce Chinois s’était taillé une belle renommée avec ses selfies vertigineux sur des édifices en tous genres aux quatre coins du monde. En novembre 2017, il s’était accroché au parapet d’un immeuble de 62 étages à Changsha, dans le centre de la Chine, pour un énième selfie. Cette fois-ci la mort l’attendait en bas, filmée par sa caméra. Lorsque les images furent dévoilées, une vague d’accusations ("Quel imprudent !") déferla sur les réseaux sociaux et sur son souvenir.

Victor Thomas a essuyé les mêmes remontrances, mais elles n’ont certainement pas entamé sa détermination. "Je sais ce que fais. Quand je me lance, j’ai l’esprit clair et je suis uniquement concentré sur mon but." Incarner une volonté justifie, peut-être un peu, la prise de risque.

Des selfies « militants » ?

C’est du moins ainsi qu’Aaron Gekoski, photographe de la faune sauvage, envisage ses selfies. Avant de remporter le prix de Photographe de l’année du Museum d’histoire naturelle de Londres en 2017, il a fait grand bruit avec son selfie au milieu de requins à pointes noires. Un coup de pub assumé, mais certainement pas gratuit, défend-il.
"Le selfie est juste la forme, le moyen de prendre la parole au sujet de la protection des requins, a-t-il précisé. C’est ça les réseaux sociaux : je veux créer des émotions. Si je dois payer de ma personne, au moins je sais que l’aurais fait pour une cause noble, ou juste. Mon appareil photo est une arme, une force au service du bien."

Une telle posture conduit Aaron Gekoski à se placer de plus en plus souvent devant l’objectif tandis qu’il enquête sur le braconnage et les dégradations environnementales. Il ne manque cependant jamais de citer les équipes de spécialistes qui l’accompagnent et savent mieux que lui repérer les signes de stress ou d’agression répétée chez des animaux.

C’est peut-être bien ce qui distingue, entre autres, Aaran Gekoski de personnes comme cet homme mort d’avoir voulu prendre un selfie avec un ours blessé, contre l’avis de tous.
Ce type de scénarios où, par exemple, l’animal riposte, est de plus en plus fréquent. Quand le selfie se fait par plaisir du risque et rien d’autre, difficile de faire de la prévention (ce n’est pourtant pas faute d’essayer).

À Pampelune, les autorités n’hésitent plus à sanctionner ceux qui ont la bonne idée de dégainer leur téléphone en pleine course de taureaux. Les plus chanceux s’en sortiront avec une amende de 3 000 euros. Après les incidents liés aux tentatives de selfies avec des ours au lac Tahoe en 2014, l’office des forêts américain a publié un nouveau règlement annonçant des sanctions en cas de non-respect de la distance de sécurité. Si cela ne suffit pas à calmer les ardeurs des visiteurs, la direction n’hésitera pas à fermer la zone durant la saison des saumons.

Saftie, l’appli qui évalue le danger

Dès 2016, un article paru dans le Journal of Travel Medicineinvitaient les médecins généralistes à sensibiliser leurs patients aux dangers du selfie et à leur remettre des brochures dédiées. Après l’accident fatal aux falaises de Moher en janvier, le ministre irlandais de la Santé a proposé l’installation de "sièges à selfie" pour garantir la sécurité des touristes. L’an dernier, on a vu fleurir dans les parcs d’État du Wisconsin des panneaux indiquant les plus beaux spots à selfies (et les plus sûrs). Une application — Saftie— a même été développée pour prévenir, grâce un système d’algorithmes, les preneurs de selfie d’un danger imminent derrière eux.
Ces initiatives peuvent être efficaces contre les accidents dus à l’attention sélective, estime le psychologue Keith Campbell… Ou inversement servir les projets des amateurs de selfies dangereux.

Une chose est sûre : toute question de morale écartée, notre culture encourage la quête de ces clichés de l’extrême. Se bâtir une audience sur les réseaux sociaux est un business possiblement lucratif. De leurs côtés, des grands marques, à l’instar de Red Bull, font l’apogée des selfies périlleux. Ou comment mettre des étoiles dans les yeux d’individus déjà à la recherche de sponsors ou de followers.

En arbitres, Instagram et Facebook

Le meilleur moyen, selon certains, de couper court à ce phénomène est de le vider de son potentiel viral. En pratique, cela signifierait un véritable coup de pied dans la fourmilière de la part des plateformes qui hébergent ces images.

Pas impossible. Instagram a ainsi récemment dévoilé sa nouvelle fonctionnalité, baptisée "Protégez la vie sauvage". Une recherche du type #elephantselfie ou  #paresseuxselfie fait automatiquement apparaître une alerte sur la maltraitance animale. Un message que l’on balaie simplement du doigt… et qui reste bien caché avec des hashtags tels que #oursselfie (même si, soyons honnête, les résultats penchent plutôt du côté des nounours en tous genres que du plantigrade). En anglais, #sharkselfie (selfies avec des requins), donne plus de 34 300 résultats. Des photos pour la plupart prises dans des aquariums ou trafiquées sous Photoshop. Mais pas toutes : l’été dernier, les images de Katarina Zarutskie, une mannequin de 19 ans mordue alors qu’elle posait parmi des requins-nourrices lors de vacances aux Bahamas, ont fait le tour du monde. 

Facebook, qui a racheté Instagram en 2012, s’appuie très largement sur ce qu’il appelle ses standards de la communauté pour arbitrer les questions de contenus contestables. On lit ainsi dans ces règles générales que les images à la gloire de la violence ou de l’automutilation seront retirées. Des alertes sont en outre apposées sur tous contenus graphiques, y compris les représentations artistiques du corps humain. L’entreprise utilise une technologie alliant intelligence artificielle et analyse anthropologique pour repérer posts potentiellement problématiques. Parmi ces derniers, les challenges qui se propagent comme une traînée de poudre, à l’image du "Kiki Challenge" incitant à quitter son volant sans arrêter sa voiture pour se lancer dans une chorégraphie improvisée.
"Sur des sujets comme la sécurité ou la protection de la faune et de la flore, notre règlement est clair : tout contenu pouvant avoir des effets nuisibles dans la vie réelle est interdit. Nous cherchons à mieux sensibiliser nos audiences sur les thématiques de l’exploitation animale ou de la nature" a témoigné, sous couvert de l’anonymat, un représentant de Facebook et Instagram joint par téléphone. 

Toute personne postant des contenus d’automutilation sur Twitter voit son compte suspendu. YouTube de son côté affirme interdire les "contenus violents ou montrant du sang et destinés à choquer ou inspirer du dégoût". Il faut croire que les chutes mortelles ne tombent pas sous le joug de cette règle, puisque c’est là que nous avons trouvé la vidéo de l’accident fatal du jeune Wu Yongning. Un lien que vous ne trouverez pas dans cet article.

Contactés au sujet des selfies à caractère périlleux, Twitter et YouTube n’ont pas répondu. Chez Instagram et Facebook, on affirme chercher la solution aux images indésirables, sans piste concrète pour le moment…

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