Tout fondeur doit avoir fait la Transju' une fois dans sa vie. Près de 4000 skieurs du monde entier, amateurs et professionnels, s'y affrontent chaque année à travers les Montagnes du Jura, en plein cœur de l’hiver. En 2024, le rendez-vous est donné les 10 et 11 février. Comment s’entraîner ? Quel équipement choisir pour parcourir ces 70 kilomètres ? Quelle stratégie adopter ? Voici notre guide complet pour aborder cette épreuve mythique en toute sérénité.
Date incontournable dans le calendrier des amateurs de longues distances. Longtemps inscrite au programme de la Coupe du monde, la course a vu la participation de nombreuses légendes de la discipline, dont le Norvégien Bjørn Dæhlie aux 12 médailles olympiques et 17 médailles aux championnats du monde.
Mais la Transju’, c’est avant tout une ambiance nous rappelait l’année dernière Xavier Thévenard, enfant du pays qui pratique le ski de fond en complément du trail, discipline dans laquelle il excelle. « Cette traversée passe dans différents villages » raconte-t-il. « On a le son des cloches. Le ski de fond, dans le Jura, on est dedans tout gamin. Il n’y a encore pas si longtemps, on allait d’une ferme à une autre à ski, et c’est comme ça que le facteur faisait sa tournée dans certains coins. Alors ici, tout le monde aime participer à cette fête. Les gens sont là pour mettre de l’ambiance. Autour du Grand Bornand d’ailleurs, ceux qui font l’ambiance, ce sont les Jurassiens, avec leurs drapeaux made in Jura ! Le Jurassien est un peu solitaire, mais il sait aussi accueillir le monde, partager. C’est pour ça qu’il est bien dans ce rôle de spectateur enthousiaste ».
Un tracé unique, des paysages superbes, la proximité du public, sans oublier la présence de plus de 1000 bénévoles : sur l’intégralité parcours, la fête est au rendez-vous. Digne d’une étape du Tour de France, aiment dire les Jurassiens.
Au programme : 7 épreuves, réparties sur 2 jours, en classique ou en skating. Le tout sur différentes distances taillées pour les fondeurs en quête de dépassement de soi comme pour les plus aguerris. Car dès l’origine, en 1979, la volonté est claire : rassembler tous les mordus du ski de fond. Pour la performance, mais avant tout pour le plaisir.
Focus sur tout ce qu’il faut mettre en œuvre pour venir à bout de l’épreuve reine, la Transjurassienne (70 km ; 863 D+). Véritable légende chez les fondeurs.
1. Les endroits clés du parcours
Cette année, le parcours prévu fera 70 kilomètres (863 D+). Et pour celles et ceux qui voudraient jouer le classement, deux montées sont particulièrement clés. « Il y a celle du Risoux, de par sa longueur et sa relative difficulté » explique Adrien Mougel, 2e de la Transju’ en 2013. « Il faut être placé et vigilant par rapport aux éventuelles échappées qui pourraient se former, et prendre le bon wagon. Et celle de la Célestine au Pré Poncet, pour les mêmes raisons. C’est une des dernières difficultés et l’endroit est propice pour porter une attaque décisive. Pour moi ce sont les 2 endroits clés du parcours mais en général mieux vaut être à l’affût sur tout le tracé ».
À noter qu’en cas de manque d’enneigement, un parcours de repli est prévu (Bois-d’Amont – Mouthe (56km 1000 D+)). Autre repli : Lamoura – Les Rousses (45km – 700 D+). Le choix final sera communiqué lors de la traditionnelle conférence de presse qui aura lieu le lundi 5 février. Plus d’infos sur le site officiel de la course.
2. Le niveau pour participer à l’épreuve
Pas besoin d’habiter à la montagne pour venir à bout de la Transju’. L’important ? Disposer d’un bon foncier. Ce qui peut se construire à base de séances de course à pied (en alternant sorties longues et intensité), à vélo. Ou bien-sûr, en ski de fond.
On vous conseille tout de même de passer quelques jours en montagne avant la course. L’occasion de remonter sur les skis, de retrouver des sensations et un peu de technique, quitte à prendre deux ou trois cours avec un moniteur. Précisons, s’il est nécessaire de le faire, qu’avec une telle approche, vous ne glisserez sans doute pas comme Martin Fourcade… et ne décrocherez certainement pas la cloche remise aux vainqueurs. Mais l'essentiel n'est pas là.
3. L’entraînement pour performer
Il n’y a pas de recette miracle : un entraînement continu et constant est la base pour terminer la course dans de bonnes conditions. Pour cela, il vous faudra bien évidemment foncer sur le terrain, sortir les skis et pratiquer très régulièrement, grâce à un entraînement adapté. Certains choisissent de s'entraîner en solitaire. D'autres préfèrent s'entourer d'un coach. Quelques organismes proposent également des stages de préparation aux grandes courses de ski de fond. Exemple à La Chapelle des Bois, où des semaines d'entraînements pour la Transju’ sont régulièrement organisées. Durant six jours, elles alternent séances de technique et d'analyse vidéo, longues distances et vitesse ou encore séquences d'endurance force.
N’hésitez pas à intégrer une phase de préparation musculaire. La force ayant autant d'importance que la coordination et la souplesse. Rendez-vous ici pour quelques conseils adaptés aux fondeurs.
Vous pouvez également repérer le parcours (pas en une seule fois !). Un bon moyen de prendre quelques repères pour le jour J… et de se fixer un objectif de performance.
4. La tenue idéale du fondeur
Essentiel, adapter sa tenue en fonction de la météo, mais aussi à l’intensité de votre effort. Il faut à tout prix éviter de se retrouver frigorifié, ou avec deux vestes accrochées autour de la taille et les gants dans les poches. Tout en étant capable de gérer ses arrêts aux postes de ravitaillement pour ne pas prendre froid avant de repartir. Vous pouvez par exemple opter pour une première couche en laine mérinos. Rien de tel pour rester au chaud et au sec pendant l’effort – cette matière tient chaud même si elle est un peu humide. Et ce, pendant un long moment.
Pour ceux qui ont tendance à beaucoup transpirer, vous pouvez prendre un haut thermique de rechange. Si vous vous êtes un peu refroidi à mi-parcours, vous serez très heureux de l’enfiler. Enfin, s’il fait vraiment froid, vous pouvez mettre dans votre sac une micropolaire supplémentaire pour vous couvrir davantage lors de vos pauses.
En résumé (en fonction de la performance visée) :
Ceux qui visent la tête de course
Le maître mot ? Légèreté.
La tenue ? Combinaison avec une première couche légère et hyper ventilée, bandeau ou bonnet en mesh (pour absorber la sueur), et gants légers.
Ceux qui cherchent la performance
Le maître mot ? Technicité.
La tenue ? Veste avec une membrane sur l’avant (et plus légère sous les bras ainsi que dans le dos), collant ou pantalon ajusté pour plus d’ergonomie. Ajouter à cela une première couche en synthétique ou mérinos. Côté accessoires : bandeau/bonnet en synthétique et des gants pas trop épais. L’équilibre entre protection et ventilation optimale.
Ceux qui sont là pour prendre du plaisir
Le maître mot ? Protection.
La tenue ? Veste chaude, thermique plus chaud et pantalon plus épais. Prenez également des gants avec lesquels vous êtes sûrs de ne pas avoir froid. Et un bonnet à base de laine mérinos, pour son confort, sa douceur et son côté isolant.
5. Le matériel pour affronter la Transju’
Pour ne rien oublier au moment de partir sur les pistes, rien ne vaut une liste. Pensez à adapter chaque catégorie de matériel à votre discipline (classique ou skating), votre niveau et aux conditions.
Check-list du matériel (concoctée par l’organisation) :
- Skis de fond (classique ou skating)
- Chaussures de ski de fond
- Bâtons et dragonnes de la bonne taille
- Tenue de ski de fond en fonction des conditions (voir le point 5)
- Lunettes de soleil
- Ravitaillement : ceinture de ski de fond (ou porte-gourde) avec de l’eau et/ou une boisson de récupération, de quoi manger et vos effets personnels
- Et pour l’après-ski : une veste chaude type doudoune, un change complet (si vous avez beaucoup transpiré ou si les conditions étaient humides), une boisson pour vous réhydrater et quelques barres de céréales
6. Les jours avant la course
Récupérez. Le plus gros de l’entraînement a été fait en amont, alors on se contente de quelques sorties ski de fond faciles.
Prenez également soin de votre hygiène de vie, surtout les trois jours qui précèdent l'épreuve. C'est à ce moment-là que les réserves nutritives se mettent en place dans le corps du sportif, il est donc important de faire le plein de glucides. Sachant qu’entre l’effort et la lutte contre le froid, une heure de ski de fond peut brûler jusqu’à 1000 calories, faites le plein d’énergie !
Autre point non négligeable : fartez vos skis. Chez un professionnel, sur le site de la course par exemple… ou dans votre garage, en suivant un protocole complet de fartage.
7. La stratégie de course à adopter
« Souvent ça se fritte un peu au départ » détaille Xavier Thévenard, un habitué de l’épreuve. Le mieux selon le traileur ? « Se mettre dans sa bulle, rester calme, ne pas s’énerver. En ski on prend plus de place, on s’emmêle facilement les pinceaux, avec des chutes parfois. Il faut être à la fois dans sa bulle mais concentré sur ce qu’on fait pour éviter la chute ».
8. La nutrition pendant l’épreuve
Un plan nutrition, à adopter le jour de l’épreuve, est disponible sur le site de la course. En résumé : pendant l’épreuve, prenez deux gorgées de boisson d’effort toutes les quinze minutes. Une fois sur les ravitaillements, tous les dix kilomètres environ, privilégiez le bouillon salé, le riz blanc, le jambon blanc, les pancakes, les pommes de terre… Sans oublier de faire le plein d’eau. Et gardez à l’esprit que la nutrition, c’est aussi de l’entraînement, alors on ne teste rien de nouveau. Au risque de perturber votre organisme.
Les formats plus courts
Si la Transju’ (70 km ; 863 D+) demeure la course phare de l’événement, d’autres épreuves sont proposées durant le week-end. En style classique, le samedi 10 février : la Classic 50 km ; la Classic 25 km et la Rando Classic (20 km). Et en skating le dimanche 11 février : la Skating 50 km, la Skating 25 km et la Rando Skating (20 km). pour ceux qui auraient du mal à choisir, il est possible de cumuler deux épreuves. Un moyen de réaliser plus de 100 km en deux jours dans deux styles différents.
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