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Arrivée Vendée Globe 2024 Charlie Dalin
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Charlie Dalin pulvérise le record du Vendée Globe… de plus de 9 jours !

  • 13 janvier 2025
  • 6 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes est le nouveau temps de référence du Vendée Globe. Tôt ce matin, à 8 h 24, le skipper normand Charlie Dalin a franchi la ligne d'arrivée aux Sables d’Olonne avec un peu moins de 10 jours d'avance (9 jours, 8 heures, 12 minutes et 57 secondes) sur le précédent record de « l’Everest des mers » établi par Armel Le Cléac’h, en 2017. Une performance qui ne doit rien au hasard, nous explique Antoine Mermod, Président de la classe Imoca.

Lors du Vendée Globe 2016-2017, Armel le Cléac’h faisait sensation en bouclant le tour du monde à la voile en solitaire, sans assistance ni escale en 74 jours et 3 heures. Huit ans plus tard, c'est au tour de Charlie Dalin de pulvériser ce record en terminant cette épreuve hors normes en 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes seulement. Un exploit suivi par des milliers de passionnés (« voileux » ou pas, tant cette course est haletante !), qui tient à plusieurs facteurs, selon Antoine Mermod, Président de la classe Imoca, ces monocoques ultrarapides sur lesquels les 40 skippers ont pris le départ le 10 novembre dernier.

Cette dixième édition du Vendée globe se déroule à une vitesse jamais vue à ce jour. Au point que le leader actuel, Charlie Dalin vient de gratter plus de neuf jours au record de l’épreuve détenu à ce jour par Armel le Cléac’h. Etes-vous surpris ?

Pour être tout à fait franc, ce n’est pas vraiment une surprise. Le précédent record date de huit ans, or en huit ans, on a développé une nouvelle génération de bateaux. On savait qu’ils allaient pouvoir naviguer 10% à 15% plus vite que ceux qu’on utilisait en 2012 ou 2016. Après, il se trouve qu’au dernier Vendée Globe, en 2020, on n’était pas encore près, on avait un peu de retard à cause du Covid qui nous a beaucoup impactés dans la préparation. C’était une nouvelle génération qui n’avait pas pu montrer tout son potentiel. Alors que depuis trois ans, on a fait un travail fondamental pour fiabiliser ces bateaux. Et on a notamment fait un tour du monde, The Ocean Race, il y a deux ans, où on a pu finaliser la fiabilité et aussi bien mieux comprendre comment naviguer dans les mers du Sud. Parmi les changements, nous avions en effet ajouté les foils sur les bateaux , ces espèces « d'ailes » qui sont sur les côtés. Quand le bateau avance, cela ajoute du couple de redressement et permet au bateau de compenser le vent qui pousse dans les voiles. Du coup, c’est assez proportionnel à la vitesse. Et ça permet d'avoir des bateaux qui sont intrinsèquement plus performants.

Après, sur cette édition, c’est un assemblage de météo, et là, on n’y peut rien. Parfois, ça part devant, et ça fonctionne bien. C’est ce qui s’est passé pour les trois premiers. Mais quand on voit la course faite par le quatrième... tout s’est bloqué. 

Au départ, on savait donc qu’on allait gagner 10%, ce qui a été confirmé dès le 2e jour de la course, où on a vu les vitesses s’envoler, 600 milles en 24 heures alors que les précédents n’étaient capables que d'en faire 500. A titre personnel, je pensais que ça pouvait marcher d'avoir sept jours de moins. Mais encore une fois, c’est tellement dépendant des enchaînements météorologiques. En tous cas, avant de partir, on savait que les bateaux avaient au minimum 10% de meilleure performance que ceux de 2016.

Charlie Dalin faisait partie des favoris de cette 10e édition, à quoi cela tenait-il ?

A plusieurs facteurs. Il connaît déjà la course, pour y avoir participé il y a quatre ans [il a fini 2e ]. Sa préparation a été extrêmement méticuleuse, dans tous le domaines du jeu, son bateau était très bien préparé. Et il était également très affuté sur le plan physique et le plan psychologique, un point capital sur cette épreuve où l’on part seul pendant deux mois. Je pense qu’il était très, très fort dans sa tête. ll a bénéficié de conditions météo favorables, c’est vrai, mais surtout, il a fait les bonnes analyses et les bons choix de trajectoires. Gagner un Vendée Globe, ça demande d'assembler tous ces paramètres-là. Il savait où il allait, il avait son objectif et il a déroulé son plan.

Devant le temps de Charlie Dalin, Jean Le Cam, actuellement 14e au classement général, a déclaré : « Ah bah là, il y en a pour 20 ans à moins qu’on mette des réacteurs sur les Imoca », qu’en pensez-vous ?

Je pense que dans ce tour du monde on parle d'un enchaînement météo, mais en réalité on a perdu trois jours entres les Canaris et le Cap-Vert, ce qui était plutôt inhabituel. Alors, on a encore de la marge pour faire mieux avec les bateaux actuels. On verra. En 2028, on aura des bateaux comparables, et on va continuer de progresser et de mieux les utiliser.

Au final, on aura vu relativement peu de casse sur cette édition, là aussi, c’est sans surprise pour vous ?

C’était notre objectif, que la casse ne définisse pas le résultat des bateaux. Et que ce soit le sport qui fasse la différence. Et c’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de casse structurelle, il y a très peu d'abandons [ 6 à l'heure où nous bouclons cet article]. Les équipes étaient extrêmement bien préparées, on les a obligées à participer à beaucoup de courses. Un boulot magistral a été fait.

Y a-t-il encore des points d'amélioration sur les Imoca ?

Oui, et on a déjà défini les règles pour le prochain Vendée Globe. On aura un nouveau mât, car l’actuel était un peu light, on n’a eu qu’un démâtage, mais les marges de sécurité ne sont pas suffisantes. Et puis on travaille aussi sur la gestion et la production de l’énergie à bord des bateaux. Environ un quart ou un tiers provient du Diesel. On va essayer de réduire ce pourcentage au minimum. Il y a des enjeux d'arriver au plus proche de l’autonomie énergétique. On a déjà le solaire et des hydrogénérateurs, mais on va tenter d'aller encore un peu plus loin.

Quelles leçons peut-on déjà tirer de cette 10e édition ?

Elle n’est pas finie, et c’est encore un petit peu tôt pour s’avancer, mais elle aura été marquée par la fiabilité des bateaux qui permet à chacun de s’exprimer. C’est un travail de fond. Après, c’est la façon dont on arrive à raconter l’histoire et à faire vivre aux fans l’histoire de ces marins sur l’eau. Il se trouve qu’il y a beaucoup de choses qui étaient assez réussies cette année, je trouve. Il va falloir bien débriefer ça, et voir comment on peut aller encore un peu plus loin pour continuer d'innover et de rendre notre sport encore plus accessible et encore plus interactif.

Certains passionnés justement ont parfois regretté que la communication soit un peu excessive, et qu’elle enlève du mystère à ce tour du monde en solitaire et mette de la pression sur les skippers

En ce qui concerne la pression sur les skippers, je ne pense pas ce soit pas un sujet. Par ailleurs, il faut savoir qu’en France, avec Tabarly notamment, on a une culture de la course océanique depuis cinquante ans. Et les fans qui nous suivent s’imaginent là-dedans. Mais quand on travaille avec Ocean Race avec tous les autres pays, c’est aussi la réflexion que j’ai faite « ne pas trop montrer ». Eh bien, ils m’ont ri au nez ! Ils m’ont dit : demandez à un Chinois d'imaginer Tabarly ! Donc, effectivement pour une certaine partie de nos fans, il faut garder peut-être ce côté plus mystérieux. Après, les plus jeunes, et les gens qui sont plus dans la société de l’image, qui n’ont pas cet historique de la course au large, si vous ne leur montrez rien, ils ne vont pas imaginer grand-chose ! En fait, il faut trouver un équilibre. Ce côté « mystère à la française », ça marche très bien avec des Français de 35-65 ans, mais c’est beaucoup moins évident avec les autres tranches. Et pas du tout avec les étrangers.

Quelle est la part d'audience étrangère cette année ?

Nous n’avons pas encore les chiffres définitifs, c’est un peu tôt, mais nous, côté Imoca, on essaie plutôt de privilégier les Français, et vraiment les chiffres sont très bons sur l’ensemble de nos réseaux. On a aussi la sensation d'avoir êté beaucoup plus suivis cette année dans plus de pays. L’idée de la flotte Imoca, et du Vendée Globe en particulier, c’est la diversité. Des garçons, des filles, des jeunes ou de plus vieux. Et au final, ce sont 40 histoires différentes. Chacun doit pouvoir s’y retrouver. Plus on arrive à diversifier, mieux c’est.

Votre sélection tient-elle compte de ce critère ?

Les règles de qualifications tiennent compte en premier lieu des compétences techniques. Comme on s’attaque à l’Everest de la voile, il faut que les skippers soient à la hauteur. Et puis il faut qu’ils trouvent les budgets. On ne va pas choisir les gens qui viennent. On pose les règles, on valide les compétences minimales et après, tout le monde peut se lancer.

Live : pour suivre en direct les arrivées du Vendée Globe 2024, c’est ici.

LIVE

Article initialement publié le 13 janvier 2024, mis à jour le 14 janvier 2024, à 9h30.

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