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Réchaud
  • Équipement
  • Bivouac

Attention, certains réchauds produisent plus de monoxyde de carbone que d’autres

  • 15 juillet 2024
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Nos réchauds de bivouac dégagent du monoxyde de carbone, c’est bien connu. Reste que tous les modèles ne sont pas à la même enseigne, viennent de mettre en évidence des chercheurs américains qui en ont testé trois parmi les plus connus. Bon à savoir, quand on est contraint, à titre exceptionnel, de faire chauffer vite fait une soupe sous la tente.

On connaît tous ce scénario : vous venez de monter la tente à la fin d'une longue rando et vous n’aspirez qu’à une chose : manger un bon repas chaud. Mais au moment où vous vous apprêtez à cuisiner, le vent se lève et une pluie glacée s’abat sur votre fragile abri. Gros coup de blues. Vous pourriez bien sûr braver les éléments et tenter de bricoler quelque chose dehors malgré tout. Ou, l’idée nous a tous tentés un jour, vous mettre à cuisiner là, maintenant, à l'intérieur de votre tente. Classique, mais sacrément dangereux aussi, non ?

L'utilisation de combustibles pour cuisiner est un élément essentiel de la préparation des aliments depuis des milliers d'années. Autrefois, on utilisait des brindilles et des bûches. Aujourd'hui, votre source de combustible est plus probablement un bidon d'isobutane mélangé à du propane. Mais que vous utilisiez du gaz sous pression ou du bois de chauffage, les principes de base de la combustion restent les mêmes. La combustion est un processus chimique qui produit du dioxyde de carbone (CO2) et du monoxyde de carbone (CO). Respirer trop de CO2 n'est pas bon pour la santé. Et, le CO est un tueur avéré.

Pourquoi le monoxyde de carbone est-il si dangereux ? 

Des cas d'empoisonnement au monoxyde de carbone à l'intérieur des tentes sont signalés depuis des décennies, ils sont à l’origine de nombreux décès. La toxicité du CO est liée à son incroyable capacité à se lier à l'hémoglobine, la molécule de nos globules rouges qui est responsable du transport de l'oxygène. En fait, le CO se lie à l'hémoglobine environ 250 fois mieux que l'oxygène. Ainsi, lorsque nous le respirons, il s'accroche à nos globules rouges, évinçant les molécules d'oxygène jusqu'à ce que nos tissus et nos cellules suffoquent. Pour aggraver le danger, le monoxyde de carbone est inodore et insipide. Il est donc extrêmement difficile à détecter... d'autant que les tentes ne sont généralement pas équipées de détecteurs de CO.

Alors que depuis plus de 20 ans les chercheurs compilent les datas sur les dangers de divers combustibles, tels que l'essence sans plomb, ou le kérosène par exemple, les bidons d'isobutane/propane n'ont été étudiés que beaucoup plus récemment. Aussi l’étude américaine récemment publiée sur ce sujet, est-elle très intéressante.

Quel réchaud produit le plus de monoxyde de carbone ? 

Il y a quelques années, le Dr Jeff Thurman, médecin urgentiste à Louisville (Kentucky), a entrepris de collaborer avec des collègues médecins et pompiers pour combler les lacunes sur ce sujet sensible. Ensemble, ils ont conçu une expérience visant à mesurer la production de monoxyde de carbone de trois réchauds parmi les plus utilisés aujourd'hui : le Primus Power Trail, le Jetboil MightyMo et le MSR PocketRocket 2. Pour l'expérience, Jeff Thurman et ses collègues ont laissé chaque réchaud brûler à sa puissance maximale pendant 15 minutes dans une tente trois saisons fermée. Toutes les 60 secondes, ils ont mesuré la concentration de monoxyde de carbone dans l’habitacle.

Leur verdict ? Les trois réchauds produisaient tous du CO, mais pas au même rythme. Les chercheurs ont en effet découvert que le Primus Power Trail - un modèle longtemps très populaire, mais peu distribué aujourd'hui - produisait beaucoup plus de monoxyde de carbone que le Jetboil MightyMo et le MSR Pocket Rocket 2. 

Voici les concentrations maximales de CO dans la tente pour chaque réchaud, mesurées en parties par million.

Primus Power Trail : 207 ppm

Jetboil MightyMo : 105 ppm

MSR PocketRocket 2 : 67 ppm

Avec les trois réchauds, la concentration de CO dans la tente a augmenté rapidement au cours des cinq à six premières minutes. Ensuite, la concentration s'est inévitablement stabilisée. On pense que le plateau se produit lorsque le taux de production de monoxyde de carbone devient égal au taux de diffusion à travers le tissu de la tente.

Pourquoi le réchaud Primus Power Trail produit-il beaucoup plus de monoxyde de carbone ?

Selon les chercheurs, les différences étaient probablement dues au niveau de puissance : le Primus Power Trail a une puissance de sortie supérieure de 35 % à celle du Jetboil MightMo et de 65 % à celle du MSR PocketRocket 2. L'équipe suppose que la consommation plus rapide de carburant a produit des niveaux plus élevés de CO.

A l'heure de choisir votre réchaud, soyez donc très vigilant. Plus de puissance signifie plus de production de CO, ce paramètre est certes à prendre compte au niveau sécurité, mais il est loin d'être le seul. Car, les conditions d'utilisation ont aussi un impact, notamment dans un lieu clos ou peu ventilé. Les concentrations exactes de CO produites lors de cette expérience peuvent être différentes de celles que vous rencontrez dans votre propre tente, précisent les chercheurs. Sur le terrain, les niveaux varient en fonction des type de toile utilisée pour fabriquer la tente, de ses dimensions, mais aussi de l’endroit dans lequel vous vous trouvez (par exemple, tout près du réchaud ou à côté d'une ouverture). "Pour les besoins de l'étude, nous avons installé la tente dans un environnement relativement contrôlé", précise Jeff Thurman. "Mais dans la vie courante, il y aurait certainement plus de courants d'air et de ventilation, ce qui pourrait modifier les niveaux de monoxyde de carbone.

Est-il prudent d'utiliser un réchaud à l'intérieur de sa tente ? 

On sait que le combustible isobutane/propane produit du monoxyde de carbone lorsqu'il est brûlé. Mais à quels niveaux cela devient-t-il nocif pour l’organisme ? Sur ce point, les recommandations des services américains de l'Occupational Safety and Health Administration (OSHA), sont éclairantes. Ce très sérieux organisme considère que 100 ppm est le seuil minimum pour l'évacuation des travailleurs maritimes. Or le MightyMo et le Power Trail ont tous deux dépassé ce seuil. Ce n'est pas le cas en revanche du MSR PocketRocket 2. Dès lors, quelque soit le modèle que vous utilisez, une extrême prudence est de mise.

Utiliser un réchaud à l'intérieur d'un vestibule bien ventilé reste une pratique courante pour de nombreux alpinistes, grimpeurs et randonneurs par temps froid. Mais le faire à l’intérieur de la tente proprement dite doit être envisagée avec d'infinies précautions. Car si les cas d'intoxication au monoxyde de carbone dus à l'utilisation de réchauds à l'intérieur des tentes sont relativement rares, cela ne signifie pas que le risque est nul. 

Par sécurité, évitez donc les mijotages prolongés, maximisez la ventilation et sortez régulièrement de votre tente. N'oubliez pas non plus que le risque d'intoxication au monoxyde de carbone dans une tente est plus élevé lorsque le vent est nul. Surveillez l'apparition des symptômes chaque fois que vous utilisez votre réchaud dans un espace clos. C’est capital, d'autant que les signes courants d'une intoxication ressemblent fort à ceux de la grippe. A savoir : maux de tête, vertiges, faiblesse, maux d'estomac, vomissements, douleurs thoraciques et confusion.

"Si vous remarquez des symptômes, la première chose à faire est de vous extraire immédiatement de cet environnement confiné ", insiste Jeff Thurman. "Si vous êtes dans une tente, la chose la plus facile à faire est donc d'en sortir rapidement pour respirer de l'air frais. »

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