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Ski de randonnée marche d'approche
  • Santé

Accro à la montagne : quand les sports outdoor se transforment en addiction

  • 12 décembre 2022
  • 3 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Aller chercher sa dose de plaisir, de difficulté, d’effort, d’engagement voire même de solitude en pratiquant, à l’excès, nos sports outdoor favoris peut nuire à notre santé mentale et physique démontre une récente étude scienfique autrichienne publiée par des chercheurs de l’Université d’Innsbruck. Résultat : un quart des sondés identifiés comme "accro à la montagne".

"Mountain are calling and I must go" ("Les montagnes m’appellent et je dois y aller"), écrivait le célèbre alpiniste américain John Miur à la fin du XIXe siècle. Un aphorisme présent partout sur internet aux côtés des fameux tee-shirts "mountain addict" (accro aux montagnes). Le marketing l’a bien compris : nous sommes attirés par les sports outdoor. La faute à notre insatiable quête de dopamine, un neurotransmetteur plus connu sous le nom le "l’hormone du bonheur" ou "du plaisir", à l’origine du sentiment de bien-être éprouvé à la fin d’une séance de sport ou d’une sortie en montagne, surtout si l’on estime avoir atteint ou dépassé les objectifs fixés.

Le rôle de la dopamine va même plus loin ! "Les neurones dopaminergiques innervent, de leurs longs et tentaculaires axones, tout notre cortex", explique une étude américaine de 2020. "Et en libérant leur substance, ils induisent en cascade autant de reconfigurations neuronales". En clair : la sécrétion de dopamine suivant une action (créer, apprendre, grimper, skier…) ayant mené au succès (reconnaissance, estime de soi…) modifie la composition cellulaire de notre cerveau. Ce qui établit un nouveau circuit de récompenses nous incitant à réitérer notre action pour provoquer une libération similaire de dopamine - et donc ressentir à nouveau le même plaisir intense.

Faits scientifiques à l’appui, d’innombrables études ont ainsi démontré l'impact positif des sports outdoor sur notre santé physique et mentale - diminution de l’anxiété, des risques d’apparition des maladies chroniques, meilleure estime de soi, gestion des émotions…. Alors quel mal y aurait-il à être accro ?

Un quart des sondés identifiés comme "accro à la montagne"

Une fois la pratique devenue excessive, les choses se compliquent. Non, l’addiction aux sports outdoor n’est pas plus saine que celle aux jeux vidéo, à la nourriture, à la drogue ou aux réseaux sociaux. S’il est difficile de quantifier à partir de combien d’heures hebdomadaires ou quotidiennes un individu devient vraiment accro, tant les variables diffèrent d’une personne à une autre, "passer trop de temps à faire du sport entraîne des déficiences fonctionnelles dans la sphère personnelle de la vie, et peut mener à ne plus tenir compte des blessures physiques" précise la récente étude autrichienne "Why do we climb mountains? An exploration of features of behavioural addiction in mountaineering and the association with stress-related psychiatric disorders" ("Pourquoi grimpons-nous sur les montagnes ? Exploration des caractéristiques de la dépendance comportementale à l’alpinisme et liens avec les troubles psychiatriques conduisant au stress"), publiée fin 2021.

Et les résultats sont saisissants ! Sur les 335 alpinistes interrogés, 88, soit environ un quart des sondés, ont été identifiés comme étant "accro à la montagne", à la recherche d'expériences aux sensations intenses entre prise de risque et engagement. "Un problème de santé trop peu étudié" estiment les chercheurs. "L’OMS ne fournit aucune recommandation concernant les limites supérieures en termes d'intensité, de fréquence et de durée de l'activité physique […] Si la plupart des gens font trop peu d'exercice, certains en font trop et présentent même un comportement de dépendance". Conséquence : surentraînement bien sûr ou plus étonnant, développement d’autres comportements addictifs "tels que la dépendance à Internet, aux jeux et le workaholisme [un investissement excessif d'un sujet dans son travail et une négligence de sa vie extraprofessionnelle, ndlr]. Il existe également certaines preuves de la coexistence entre la dépendance au sport et l'abus de nicotine, d'alcool et de drogues".

Autres interrogations : la dépendance aux sports outdoor apparait-elle uniquement chez les individus présentant des prédispositions psychologiques à l’addiction ? Ou bien est-elle la cause de problèmes psychiatriques ? Les deux cas sont possibles, conclut l’étude balayant au passage l’image saine construite autour de l'ensemble des pratiquants. Pas question pour autant de délaisser les montagnes, surtout au vu du bien-être mental et physique qu’elles nous procurent. Veillons toutefois à ne pas tomber dans les écueils de l’addiction.


Pour aller plus loin, lire : "Pourquoi grimper sur les montagnes ?", réflexions philosophiques autour de notre pratique de la montagne (Editions Paulsen)

Qu’est-ce qui peut bien nous pousser à arpenter les montagnes ? L’engagement, la prise de risque, la beauté architecturale des cimes, l’effort ou bien le silence ? Ecrit par Patrick Dupouey, professeur de philosophie agrégé, ce livre, publié en 2009, aborde la fameuse question du "pourquoi" sous l’angle philosophique, dans un ton léger et un style fluide. De quoi retourner en montagne avec un regard un peu plus sage.

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