Les meilleures techniques sont souvent les plus simples. Six professionnels cumulant plus de 100 ans d’expérience derrière l’optique ont accepté de partager leur savoir-faire.
Il faut des années pour se perfectionner dans la photographie d’aventure. Entre la glace, la neige, le vent, l’altitude, les kilomètres parcourus - sans parler des barrières culturelles à contourner - on est loin de la simple problématique de la prise de vue.
Photographier face au soleil

« La combinaison d'une forte luminosité et d'ombre créée une palette qui attire l’oeil. Certes, prendre une photo à contre-jour peut produire un effet épouvantable et sous-exposer le cliché si ce n’est pas fait avec attention. Pour réussir votre effet, il vous faudra ajuster manuellement en surexposant volontairement votre sujet, avec comme jauge votre correcteur d’exposition indiquant un niveau ‘correct’ pour que le sujet ne devienne pas une silhouette. Augmentez votre exposition et continuez à expérimenter jusqu’à ce que vous tombiez sur un équilibre esthétique entre votre sujet et votre arrière-plan. Vous pouvez aussi ajouter un filtre UV à votre objectif avec un réflexe ou un flash, essayez néanmoins d’être subtil pour que votre rendu reste naturel."
— Tyler Stableford, gagnant d’un Emmy Award en tant que réalisateur et photographe
Rester simple

«La philosophie du “mieux est l’ennemi du bien” s’applique particulièrement en parlant d’équipement photographique. Plus simple est votre matériel, mieux vous l’exploiterez, car il sera forcément plus léger et facile à utiliser. »
—Pete McBride, auteur et photographe pour National Geographic
Apprendre à saisir l'instant

« Quand j’ai commencé à apprendre à utiliser un appareil manuel, un ami et mentor m’a emmené voir un rodéo. C’est un sport incroyablement furtif, vous clignez des yeux et vous ratez toute l’action. J’ai été obligé d’apprendre ce qu’était le temps de pause et le flou cinétique.
Avant de vous lancer dans votre prochaine aventure photographique, prenez le temps de lire le manuel de votre appareil sur votre ISO, la vitesse d’obturation et l’ouverture de la lentille ; il faut comprendre comment ils fonctionnent ensemble. Trouvez un événement sportif près de chez vous et entraînez-vous à saisir des sujets en mouvement. Pour moi, ça a été de loin la meilleure façon d’apprendre à photographier une action.»
—Savannah Cummins, photographe, réalisatrice et grimpeuse
Pratiquer les sports

«La qualité de la photographie d’aventure est très liée à la connaissance du milieu, il faut savoir où se placer au bon moment. En s’impliquant physiquement dans un sport, on comprend tout de suite ses enjeux, sa culture et les personnalités qu’il séduit. Pour avoir le bon œil et savoir quels clichés seront pertinents, il est crucial d’en comprendre les pratiques."
—Mattias Fredriksson, directeur de la photographie chez Powder, Bike, and Backcountry
Être sur le qui-vive

« En tant que photographe, on est toujours en mouvement. On a rarement le temps de s’amuser avec son appareil. Et si l’on est trop long sur une prise, on a de fortes chances de passer à côté du “bon moment” ou d’ennuyer les modèles en exigeant une pause trop longue. Une fois arrivé sur les lieux, si vous voulez être prêt dans les temps pour réussir votre photo, le bon réflexe est de procéder à quelques essais rapidement pour faire les réglages nécessaires (équilibre, focale, ISO, vitesse d’obturation)."
—Irene Yee, photographe d’aventure et grimpeuse
Tisser un lien avec son sujet

« Réaliser un grand portrait relève autant de la psychologie que de la photographie. Cela suppose un échange, une réelle rencontre avec l’autre. Il y a aussi une forme de magie et un peu d’alchimie dans l'équation. On débouche sur un portrait réussi quand la personne photographiée se détend et baisse la garde en acceptant d’être regardée sous une lumière honnête. En tant que photographe, ne pas cacher sa vulnérabilité vous ouvre à une autre façon d'être perçu. A ce moment-là, l’autre vous reconnaît comme un être humain et oublie que vous êtes aussi photographe. Cela permet une bascule importante pour aider un modèle à se relaxer. Il est impossible de dissocier sa personnalité du photographe que l’on est. Je pense qu’on sous-estime souvent l’exercice du portrait qui est en fait un reflet de soi. Il n’est pas rare de trouver des éléments qui nous ressemblent dans le portrait que l’on fait et qui font pourtant ressortir la particularité du sujet. Ce sont ces portraits qui transcendent les autres car ils développent une narration universelle.”
—Cory Richards, photographe pour National Geographic et alpiniste
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