La hype du grimpeur est tout simplement délirante. Après avoir regardé bouche bée et paumes moites son exploit dans Free Solo, les gens en veulent encore... Et, allez savoir pourquoi, ils sont nombreux à être devenus complètement obsédés par les mains d’Alex Honnold, ces “saucisses de Francfort” à la fois magiques et répugnantes. Nous avons tenté de comprendre ce qui se passe.
Au doigt mouillé, on pourrait estimer qu’au moins 80% des articles évoquant le solo intégral d’Alex Honnold sur la paroi d’El Capitan au Yosemite contiennent au moins une description lyrique des mains du grimpeur. On a eu beau contacter Alex Honnold pour obtenir une réaction sur ce sujet ô combien essentiel, il n’a jamais retourné notre appel. On se demande bien pourquoi. En attendant qu’il se réveille enfin, voici quelques exemples de la folie déclenchée par les grosses pattes d’Alex.
Tout a commencé en 2011, alors que le grimpeur est interviewé en plateau lors de l’émission “60 Minutes”, sur la chaîne CBS. La journaliste Lara Logan commence alors à évoquer la taille des mains d’Alex Honnold, “étonnamment grandes pour sa taille”. Extrait de leur dialogue surréaliste :
HONNOLD : Oui, j’ai vraiment des gros doigts, j’ai du mal à les rentrer dans les fissures.
LOGAN : Montrez-moi ça
HONNOLD : Euh… (il tend ses mains)

LOGAN : Ils étaient comme ça avant que vous ne commenciez l’escalade ? (Elle lui prend doucement la main)
HONNOLD : Je ne crois pas qu’ils étaient aussi gros avant. Je pense que mes tissus et tout ça sont juste devenus plus...massifs, vous voyez ? C’est à force de les rentrer dans des fissures et de les tordre dans tous les sens.
LOGAN : … (Elle pince alors délicatement l’index de son invité)

Cet extrait se place en tête des moments les plus WTF suscités par le charisme inattendu des mains du grimpeur, et l’on remercie la journaliste de s’être totalement laissée aller à son moment de grâce…
Depuis, de nombreux journaux et magazines ont livré leur ode aux mains, participant à l’élaboration du mythe. Quelques exemples au hasard :
“Ses paumes sont plutôt normales… Ce qui ne l’est pas, ce sont les doigts qui vont avec : s’apparentant à des saucisses, ils sont enflés comme s’il venait de se faire piquer par un essaim d’abeilles. Après des années de grimpe, la peau est calleuse et tannée comme un vieux cuir. Comparez les mollets d’un sprinteur olympique aux vôtres, et vous obtiendrez l’écart entre les mains d’Alex Honnold et celle d’un simple mortel.”
Mens’Journal
“La vie d’Alex Honnold repose entre ses mains - ces paumes étrangement larges et ces doigts-saucisses, aux empreintes digitales qui se sont progressivement gommées au fil des années passées collé aux parois."
Sports Illustrated
Pas mal, mais on aimerait aussi des descriptions où le mot “saucisse” ne revienne pas systématiquement. On salue l’effort fourni dans l’extrait suivant :
“ Quand vous serrez la main d’Honnold, ce n’est pas sa puissance qui surprend, mais sa souplesse, avec, au bout, des phalanges gonflées à force d’entraînement à base de tractions sur une poutre. Résultat, on a plus la sensation d'interagir avec une patte de gorille qu’une main humaine.”
Vulture
Mais au-delà des tentatives journalistiques de décrire ces outils fascinants, on trouve surtout des réactions de non-professionnels un peu partout sur l’Instagram d’Alex Honnold, notamment sous une photo de ses mains en gros plan postée le 5 octobre dernier :

En vrac, on peut lire dessous :
“Le mec a 10 pouces en fait”
“ Le gars a des pieuvres au bout des bras”
“ Ca me rappelle la saucisse blanche de Munich”
L’hommage le plus détaillé reste néanmoins à ce jour celui du journal de la ville natale d’Alex Honnold, le Sactown Magazine de Sacramento, en Californie, dont voici un extrait :
“Sa mère les décrit comme ‘monstrueusement énormes’.
Il est universellement admis que les mains d’Alex Honnold sont massives et surnaturellement puissantes, dans la veine d’une moufle ou d’un jambon à l’os.
Les doigts ressemblent à des saucisses de Francfort qui grilleraient sur un barbecue. Ils sont épais et ne s’affinent pas en arrivant à l’ongle. Les phalanges supérieures sont si fortes qu’il peut les plier et s’accrocher aux plus petites aspérités, hissant les 72 kilos du long corps auquel elles appartiennent.
Sur la pulpe des doigts, les empreintes digitales se sont évanouies, le fruit d’années à lutter dans les fissures. Ce qui en restait a été volontairement et méthodiquement poncé par Honnold pour empêcher les cals de s’installer. Ces mains ne vous feront jamais la poche, ni de l’orfèvrerie. Il est presque impossible de les imaginer utiliser un stylo et Dieu seul sait quelle pagaille elle peuvent bien causer lors de la rédaction d’un SMS. Elles ont la patine des tourments auxquels elles ont été soumises, et sont surtout un témoignage des exploits physiques de leur propriétaire. Le genre de mec contre lequel on ne se lance pas dans une bataille de pouces.”
Pas sûr que quelqu’un fasse un jour mieux que cette description, mais nous resterons attentifs à notre alerte Google “mains d’Alex Honnold”, sait-on jamais.
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