Bien plus spacieux que le Combi Volkswagen, le bus converti en habitation. Au Canada, cette nouvelle tendance, née sur la côté ouest, s’impose et s’étend peu à peu aux Etats-Unis.
Tout a commencé avec une moto. En 2014, Steven Glass et Mitchell Rosko, deux étudiants canadiens de Colombie-Britannique, une province de l’Ouest du Canada, essayent de vendre leur moto. Sans grand succès. Seul un certain Dave Elliot, de la Légion royale canadienne - un organisme d'anciens combattants - leur propose : "Si vous prenez notre autobus scolaire, nous prendrons votre moto ", se souvient Elliot. « On a pensé qu'il serait plus facile de vendre un bus qu’une moto. Alors, on a dit oui."
Il faudra deux ans à Steven et Mitchell pour transformer ce bus scolaire en maison, rebaptisée Big Blue Judy. Glass y a vécu pendant plus de six mois, dans la province du Saskatchewan, sur la côté ouest canadienne, avant de parcourir tout le Canada au volant de sa « maison bus ».



La transformation des autobus (ou "skoolies" - comme les appellent les initiés) est rapidement devenue leur passion, au point d’en faire un business. « Très vite, les commandes ont commencé à affluer", raconte Seven Glass. "Les gens se rendent compte aujourd’hui qu'ils n'ont pas besoin de toutes les saletés qu'ils amassent dans une maison, ils veulent être mobiles et vivre une vie d'aventures ", poursuit-il.
Depuis quatre ans, Steven dirige avec Mitchell Rosko « Paved to Pines », leur entreprise de transformation de bus et de fourgonnettes. Ils parviennent aujourd’hui à adapter une moyenne de 10 à 15 fourgonnettes et skoolies par an pour leurs clients canadiens et américains.

Au début, " les gens se demandaient bien comment je pouvais survivre aux hivers très rigoureux de la Saskatchewan ", se souvient Steven Glass. « C’était sans savoir que les bus sont isolés comme une vraie maison. Nous retirons tout pour dégager la carrosserie, avant de poser une nouvelle structure intérieure et d’isoler l’ensemble du véhicule de haut en bas avec de la mousse pulvérisée ", explique-t-il. « S’y ajoutent enfin des radiateurs à gaz ».
Le coût d’une telle transformation oscille entre 44000 et 57 000 euros, selon la taille du bus, Soit environ un sixième du prix moyen d'une maison aux États-Unis.
Mais avant toute intervention, l’entreprise vérifie l’état et la provenance des véhicules que leurs clients leur apportent – généralement des écoles ou des transporteurs- afin d’éviter la panne au bout de quelques milliers de kilomètres.
Les skoolies semblent inspirer les projets les plus variés. Parmi leurs clients, Fred Enzel, basé à Toronto, prévoit ainsi d’y vivre pendant quelques années avant d’installer son véhicule au pied de Fernie, station de ski située dans les Rocheuses canadiennes, où vous pourrez le louer comme « chalet ».
Compte tenu de la demande croissante émanant des Américains, Steven Rosko et Mitchell Glass comptent s'installer bientôt aux États-Unis, où " il y a beaucoup plus d'autobus scolaires et beaucoup plus de gens qui veulent y vivre ", expliquent-il.
Envie de faire un essai de Skooly ou de partir à l’aventure dans la fabuleuse province du Saskatchewan ? Vous pouvez louer l’un de leurs « camping bus » déjà convertis à partir de 105 euros la nuit.

La suite est réservée aux abonnés
- Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
- Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
- Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€
