Qui n’a jamais rêvé de passer un été en montagne, dans un refuge isolé, loin du bruit et du monde ? L’image est tenace : un chalet perché, quelques randonneurs de passage, du temps pour contempler les sommets. Mais la réalité est toute autre. Derrière ce fantasme à la Jack London se cache un métier exigeant, saisonnier, où les journées peuvent dépasser les 14 heures, et où la vie personnelle est réduite à néant pendant les périodes d’affluence. Si la profession se structure et attire de plus en plus de candidats, quatre gardiens et gardiennes racontent leur quotidien et déconstruisent, au passage, quelques idées reçues. En France, on compte environ 300 refuges selon les définitions, dont 120 gérés par la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). Derrière ce terme se cachent des refuges de moyenne montagne, dits « de randonnée » car accessibles à pied, et des refuges de haute montagne, nécessitant généralement des techniques et du matériel d’alpinisme pour y accéder. Si les publics diffèrent, le fonctionnement, lui, reste globalement le même. Pour comprendre ce métier, quatre gardiens et gardiennes, aux profils et terrains divers, nous ont livré leurs témoignages. Et qu’ils soient seuls ou à la tête d’équipes importantes, en haute montagne ou sur des itinéraires plus accessibles, tous partagent une même réalité : celle d’un métier bien plus exigeant que son image. Christine, 60 ans, entame sa 20e saison au refuge des Conscrits, dans le massif du Mont-Blanc. Perché à 2 614 mètres d’altitude, difficile d’accès, ce refuge de 90 places accueille principalement des alpinistes. Avec quarante ans d’expérience, elle incarne une génération de gardiens aguerris, à la tête aujourd’hui d’une équipe de cinq à six personnes en été, épaulée par un aide-gardien en hiver. À l’opposé en termes d’organisation, Sandrine garde seule le refuge du Promontoire, dans les Écrins, accroché sur l’arête du Promontoire de la Meije, à 3 092 mètres d’altitude. Accessible uniquement après plusieurs…
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