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usure chaussure trail
  • Équipement
  • Running

Trail : ce que vos semelles révèlent (ou pas) sur votre façon de courir

  • 31 juillet 2025
  • 3 minutes

Lisa Jhung Lisa Jhung Lisa Jhung est une journaliste indépendante qui couvre les sujets running pour Outside.

Longtemps considérée comme un indicateur fiable de la foulée, l’usure des chaussures de running ne livre plus des vérités aussi simples à l’heure des modèles ultra-techniques. Drop, rocker, mousse, biomécanique individuelle… Les experts nuancent : oui, vos semelles peuvent encore vous donner des indications — mais il faut savoir les interpréter.

Pendant longtemps, un passage en magasin spécialisé débutait souvent par un coup d’œil au dessous de vos chaussures. Le vendeur évaluait l’usure de la semelle, notamment entre la face interne (médiale) et externe (latérale), du talon jusqu’au médio-pied. Et il en déduisait, d’un ton assuré : « Vous avez besoin d’un modèle pour contrôler la pronation ! »

Mais aujourd’hui, avec des chaussures aux hauteurs de semelle très variables, des formes à bascule (rocker), des matériaux qui s’usent plus ou moins vite selon les zones, cette lecture simpliste ne tient plus. D’autant qu’on comprend désormais mieux les mécaniques individuelles de la foulée et la façon dont chaque coureur interagit avec tel ou tel modèle.

Un exemple ? Un pronateur portera naturellement un modèle stable, qui limitera l’usure interne de la semelle. Sur une chaussure neutre, cette même personne usera davantage l’intérieur. De la même façon, un coureur qui attaque par le talon montrera une usure marquée sur une chaussure à drop élevé (par exemple 12 mm), mais beaucoup moins sur une chaussure à drop modéré (6 mm). Alors, ces traces d’usure ont-elles encore un intérêt ?

usure chaussure trail
(Thibault Ginies)

Des indices utiles… mais pas toujours fiables

Pour Jay Dicharry, kiné et spécialiste de biomécanique sportive, il est clair : inutile de scruter vos semelles. Ce qu’il regarde, ce sont les zones de corne sous les pieds de ses patients. « Mettez une même personne dans différents types de chaussures – stables, amorties, à bascule, ou super shoes – et vous obtiendrez à chaque fois des zones d’usure différentes », explique-t-il. « Mais les callosités sous le pied, elles, montrent où se créent les forces de cisaillement. C’est beaucoup plus révélateur ».

Pour John Dewey, kiné, formateur en sport et gérant de deux magasins spécialistes, l’analyse de la semelle reste utile, mais surtout pour les débutants ou les personnes en recherche de solution à un problème. « On regarde toujours l’usure pour tenter de repérer des indices qui pourraient nous orienter vers une paire mieux adaptée », dit-il. Mais l’essentiel reste ailleurs : combien de kilomètres sont parcourus chaque semaine ? Sur quel terrain ? Y a-t-il un objectif en vue ? Un historique de blessure ? Quelles chaussures ont (ou non) convenu jusqu’ici ?

« Comme souvent, explique-t-il, il suffit de poser les bonnes questions et d’écouter attentivement. Le coureur finit généralement par vous dire, même de manière indirecte, ce qui va lui convenir ».

Les signaux d’alerte

Cela dit, certains motifs d’usure peuvent mettre la puce à l’oreille. Dewey évoque les cas fréquents de douleurs au genou interne chez des personnes présentant une forte usure du côté médial de la chaussure. « Dans ces cas, on leur propose généralement une paire plus stable – à condition qu’elle reste confortable et naturelle à porter ».

À l’inverse, une usure marquée sur la face externe (latérale) peut être associée à des douleurs à la cheville ou à une appréhension de se la tordre. « Pour ces personnes, on teste souvent des chaussures avec un drop plus faible. Lorsqu’un coureur attaque par le talon, sa cheville est en flexion dorsale et son pied en inversion. Si le talon est très haut par rapport à l’avant-pied, la transition vers le médio-pied peut être plus compliquée qu’avec une chaussure plus homogène ou plus progressive ».

Mark Plaatjes, ancien champion du monde du marathon et propriétaire d'un magasin spécialiste, observe quant à lui l’usure pour détecter les asymétries. Si un coureur a une foulée déséquilibrée et des douleurs, il pourra proposer une semelle orthopédique. Mais si l’usure est asymétrique sans douleur, et que les chaussures conviennent bien, il estime qu’il n’y a aucune raison de changer.

Autre critère qu’il surveille : la localisation précise de l’usure — talon externe, avant-pied interne ou externe, etc. « Ces indices permettent de savoir si la chaussure est bien adaptée, s’il existe une inégalité de longueur de jambe, si la personne est plutôt pronateur ou supinateur, et parfois d’identifier une blessure potentielle ».

usure chaussure trail
(Thibault Ginies)

Quand faut-il vraiment changer de modèle ?

Pour Dewey, on ne change de modèle que si un problème de douleur ou de foulée le justifie. « L’analyse d’usure peut nous orienter vers une autre marque ou une autre géométrie, mais je ne ferais ce changement que si l’usure me semble excessive compte tenu de l’utilisation, ou si elle est tellement localisée que je soupçonne un risque de blessure ».

Même discours chez Plaatjes : « Si une chaussure s’use anormalement vite, c’est peut-être simplement qu’elle ne convient pas à la foulée du coureur ».

Les deux s’accordent sur un point : les semelles usées ne sont qu’un élément du puzzle. Dewey insiste sur l’importance de l’observation de la foulée. « Parfois, aucune usure particulière ne saute aux yeux, mais le coureur présente des problèmes biomécaniques. Et parfois, c’est l’inverse : des usures bizarres, mais une foulée très efficace ».

Ce qu’il faut retenir

Si vous ressentez une douleur en courant, ne vous fiez pas uniquement à vos semelles pour poser un diagnostic – et encore moins pour choisir votre prochaine paire. Le mieux reste d’apporter vos chaussures actuelles chez un spécialiste ou un bon magasin spécialisé, et d’engager la discussion. Et si le vendeur ou le kiné vous demande vos chaussures ? Tendez-les, semelle tournée vers le haut. C’est encore le meilleur point de départ pour comprendre ce qui se passe sous vos pieds.

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