Dans la nuit du mardi 3 août au mercredi 4 août, la landaise d’adoption - championne de France 2018 et 2021 de park, vingt-troisième mondiale - va défendre les couleurs françaises dans l’une des six nouvelles disciplines olympiques, le skate. Benjamine de la délégation tricolore – 380 sportifs français en lice à Tokyo – Madeleine Larcheron, née en 2006, n’a que 15 ans, mais déjà une maturité que certains pourraient lui envier si l’on en juge par ses déclarations.
La plus jeune, et alors ?
Inlassablement interrogée sur son âge, Madeleine- 15 ans seulement, mais déjà 1,70 m - répond sans ciller que le fait d’être la plus jeune au sein de la délégation olympique française ne la change pas vraiment, comme elle s’en expliquait récemment auprès de France 24 : « je suis toujours avec des personnes plus âgées. Vincent (Milou, également sélectionné pour les JO, ndlr) est une de mes connaissances les plus proches dans le skate et il a des années de plus que moi. C’est une des personnes avec qui je m’entends le mieux, donc cette sensation d’être la plus jeune je ne l’ai pas vraiment. Ils m’ont fait grandir très vite et du coup je suis vite arrivée à leur niveau".
Surtout, ne pas se prendre la tête
« Just for fun », sa devise sur son compte Instagram annonce la couleur. Si certains, à l’annonce de l’entrée du skate parmi les nouvelles disciplines olympiques craignaient que ce sport (ou pire, que la culture du skate), s’institutionnalise, ils en seront pour leur frais avec Madeleine Larcheron. Pour la collégienne, le skate est avant tout synonyme de partage, d’entraide et d’amitié. A Tokyo, donc, ce ne sont pas des rivaux qu’elle va rencontrer mais un petit groupe de potes qu’elle retrouve au fil des compétitions. Un univers où tout le monde se connaît et où, précise-t-elle, «tout le monde grandit ensemble», racontait-elle à l'AFP.

De la samba au skate
Parisienne d’origine, installée dans les Landes depuis qu’elle a deux ans, c’est en 2016 qu’elle commence le skate au skatepark de Capbreton. Elle n’a alors que 9 ans et demi, et ferait presque figure de senior quand on sait qu’aujourd’hui on voit des enfants de 3, 4 ou 5 ans faire leurs premiers runs. Touche-à-tout, elle s’essaie d’abord à la danse contemporaine puis à la samba, avant de suivre les cours de l’école du cirque Capbreton et d’être finalement captivée par les figures des skateurs évoluant dans le park voisin, tout juste inauguré. Très vite elle se prend au jeu et tout s'enchaîne, les compétitions, les titres, et maintenant les Jeux olympiques. Un événement qu’elle n’avait jamais regardé, mais qui devrait combler cette accro aux sushis et aux films des studio Ghibli (films célèbres d'animation japonais).
« Moi, c’est le bowl ! »
« Moi c’est le bowl, et c’est tout ! Ça m’a attirée, c’est profond, ça a l’air dangereux mais c’est génial » expliquait joyeusement à l’AFP Madeleine Larcheron. Pour les néophytes, la spécialité dans laquelle elle va évoluer dans la nuit de mardi à mercredi, s’appelle aussi le park, ou l'art de lancer des figures très aériennes dans une cuvette profonde. Une discipline restée libre, sans prise de tête, voire insouciante.
Jamais sans ma mère
Fille unique d’une mère prof de dessin et d’un père ergonome, Madeleine est à Tokyo accompagnée par sa mère Erika Larcheron. A 15 ans, elle dû batailler pour que cette dernière soit accréditée comme son chaperon, une place accordée par le Comité International Olympique pour accompagner les mineurs de moins de 16 ans. Or la fédération comptait l’attribuer à une kiné que la jeune skateuse ne connaissait pas. Pendant de longues semaines le conflit a persisté entre la fédération et la famille de Madeleine, au point que la jeune skateuse envisageait de renoncer à sa participation aux Jeux Olympiques. Il fallut l’intervention du Comité national olympique et sportif français, pour que début juillet la benjamine du team France apprenne que sa mère pourrait finalement rester à ses côtés au Japon.
Le programme du skate
En skateboard, quatre-vingt athlètes sont répartis en deux disciplines : le street et le park. Les épreuves de street s’étant déroulées les 25 et 26 juillet, reste maintenant celles de park. Elles sont à suivre le mercredi 4 août pour les femmes, et le jeudi 5 août, pour les hommes. Finales aux alentours de 5 heures.
En park, l’objectif est simple : prendre de la hauteur en décollant depuis des bowls – des cuvettes assez profondes aux parois arrondies – à grande vitesse et ainsi exécuter des figures spectaculaires. Chaque skateur réalise quatre runs de 45 secondes dont le meilleur compte pour le classement final.
Deux Français : Vincent Matheron chez les hommes et Madeleine Larcheron chez les femmes pourraient créer la surprise face aux deux favorites, la Japonaise Misugu Okamoto et la jeune britannique de douze ans, Sky Brown.
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