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Torbjørn C. Pedersen au Sri Lanka
  • Voyage

Thor, le premier aventurier à visiter tous les pays du monde sans avion

  • 2 août 2023
  • 5 minutes

Coralie Havas Coralie Havas Passionnée d'escalade, de montagne et de culture outdoor au sens large, Coralie est journaliste pour Outside. Elle est basée à Uzès quand elle n'est pas sur la route à bord de son van.

Quand on lui demande l’origine de son projet, Torbjørn C. Pedersen, aka Thor, un Danois de 44 ans qui a passé les dix dernières années de sa vie à voyager à travers les 203 pays du globe, répond simplement : « Parce que cela n’avait jamais été encore fait ». Derrière cette collection de destinations se cache une réflexion sur notre manière habituelle de parcourir le monde et une invitation à faire preuve d’un « acharnement patient », le fameux « sisu » finlandais qu'il cite souvent. Une aventure passionnante à découvrir dès 2024 dans un documentaire, « The Impossible Journey » (« Le Voyage Impossible ») réalisé par le Canadien Mike Douglas.

10 octobre 2013. Thor, un ancien soldat qui a fait des missions de maintien de la paix pour les Nations unies, quitte le Danemark avec un objectif en tête : visiter l’intégralité des pays du globe en passant au moins 24h dans chacun d’entre eux, sans prendre l’avion… ni retourner chez lui avant d’en avoir fini. Un projet qui, selon ses calculs, devrait lui prendre quatre ans. La réalité sera toute autre. Au total, il lui aura fallu presque dix ans pour venir à bout d’un tel périple. Le tout avec moins de 20 dollars par jour, fruit de ses économies passées, et de quelques sponsors.

Torbjørn C. Pedersen au Sri LankaTorbjørn C. Pedersen au Sri Lanka

Intitulé « Once Upon A Saga », cette aventure a conduit Thor à travers le monde en voiture, en bus, en train, en bateau et même à pied. Et entre les problèmes de visa, les troubles politiques et la pandémie de Covid-19, les aléas n'ont pas manqué. Le Danois s’est par exemple retrouvé bloqué à Hong Kong pendant deux ans en raison de la situation sanitaire, au moment où il ne lui restait plus que quelques pays à visiter. Sans compter qu'alors que l'usage de l'avion est de plus en plus remis en question, en raison de la pollution qu'il engendre, il devient paradoxalement quasiment impossible de s'en passer dans certaines parties du globe. « Quand j'ai quitté le Danemark, j'avais repéré des lignes de ferries sur certains territoires. Et puis quand je suis arrivé, ces connexions n'existaient plus. En l'espace d'un an ou deux, elles avaient disparu », observe Thor. Autre anecdote symbolique : sa demande de visa pour l’Iran depuis le Koweït. « Au début, mes interlocuteurs n'ont pas compris pourquoi je ne voulais pas prendre l'avion. Ils me disaient :'Si vous passez par les airs, vous pourrez obtenir facilement un visa dans la majorité de aéroports du pays'. Ce que j’ai refusé. Il m’a ensuite fallu attendre un mois pour obtenir le précieux sésame ».

Torbjørn C. Pedersen en Éthiopie
Éthiopie (Torbjørn C. Pedersen)

Des événements qui l’ont au fil du temps épuisé. « Je travaille tous les jours depuis ces neuf dernières années. Je n'ai pas beaucoup de temps de pause, entre les missions de promotion des pays [Thor était durant son voyage ambassadeur de bonne volonté pour la Croix-Rouge danoise, ndlr] et l'organisation de mon voyage. Depuis 2015, je veux rentrer chez moi, et pourtant je continue. Peu de gens le comprennent », confessait-il fin 2022. Mais d’où a-t-il tiré une telle ténacité ? Une partie de la réponse se trouve certainement dans le concept finlandais de « sisu » que Thor cite régulièrement sur son blog. Sans équivalent en français, ce terme pourrait s'assimiler à une forme « d’acharnement patient ».

Ce projet couvrant 203 territoires (certains n'étant pas reconnus par tous les Etats) était également pour le Danois un moyen de promouvoir la paix, la compréhension et les échanges culturels entre les pays tout en mettant en valeur la beauté et la diversité du monde. Il s'est également efforcé de sensibiliser le public à la pauvreté, aux inégalités et au changement climatique, en collaborant notamment avec la Croix-Rouge Internationale.

Torbjørn C. Pedersen en Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande (Selena Wright)

23 mai 2023. Dix ans ont passé depuis le départ de Thor sur les routes du monde. Un long voyage qui l’a finalement conduit à Malé, la capitale des Maldives, son dernier pays. Après quoi il est retourné au Danemark - sans prendre l'avion, bien sûr. « Once Upon A Saga a été l’aventure la plus incroyable que j’ai pu vivre. Cela dit, je suis absolument ravi qu'elle soit maintenant terminée - je suis totalement épuisé ! » concluait-il une fois ses bagages posés.

De retour à Copenhague, après un voyage de 382 000 kilomètres, le Danois a pris quelques instants pour répondre à nos questions. L’occasion de revenir sur ses motivations, et de faire le point sur ses projets, dont un documentaire, « The Impossible Journey » réalisé par le Canadien Mike Douglas.

Torbjørn C. Pedersen à Hong Kong
Hong Kong (Pavel Toropov)

Torbjørn C. Pedersen

« Ce voyage, ce fut une formidable école de la vie »


N’est-il pas trop difficile de passer d’un tour du monde aux multiples rebondissements à une « vie normale » ?

Totalement ! Tout ce dont j’ai actuellement besoin, c’est d'avoir des moments calmes pour réfléchir, pour faire le point sur cette aventure. Mais ce n’est pas vraiment possible car ma vie est plutôt mouvementée, en particulier en raison de l’intérêt médiatique autour de mon aventure. J’ai aussi beaucoup de choses plus terre-à-terre à mettre en place pour m'intégrer à nouveau dans la société danoise. D’autant que je ne retourne pas à mon ancienne vie. J’essaie de lancer une activité de conférencier et d’auteur. Nous travaillons également en parallèle sur la réalisation du documentaire [« The Impossible Journey » dont la sortie est prévue en 2024, ndlr].

https://youtu.be/cTcfI8uz_TM

Pourquoi t’être lancé dans cette aventure ?

Tout simplement parce que je voulais devenir la première personne de l’histoire à atteindre tous les pays sans passer par les airs. Et aussi parce que j’espérais vivre une aventure incroyable en cours de route. À savoir que moins de 300 personnes ont visité tous les pays du monde - je suis maintenant le premier à les avoir tout parcouru sans avion. Ce projet est venu inspirer et motiver de nombreuses personnes de différentes manières, j’en suis ravi.

Quelles étaient tes alternatives à l'avion ?

J’avais dès le départ l’intention de voyager en prenant les transports en commun autant que possible. Principalement en bus et en train. Au final, j’ai pris de nombreux ferries, bateaux et navires, y compris une quarantaine de porte-conteneurs.

Torbjørn C. Pedersen au Fiji
Fiji (Mike Douglas)

As-tu calculé ton empreinte carbone totale ?

Non, car le projet ne mettait pas l’accent sur l’empreinte carbone. Cependant, je sais bien qu'elle a été minime en raison de mes choix de moyens de transport [minime mais pas nulle, on s'en doute. Rappelons qu'un ferry émet, d'après l'Agence européenne de l'environnement, environ 60 grammes de CO2 par kilomètre et par passager. À titre de comparaison, l'avion émet 260 grammes de CO2 par kilomètre et passager, ndlr]

Tu n’es pas rentré chez toi pendant dix ans. Comment as-tu vécu l'absence avec tes proches ?

Vivre à l’ère d’Internet m’a beaucoup aidé ! Dans la plupart des pays, j’ai généralement bénéficié d’une bonne connexion. Et ce, à faible coût. Alors certes, ma famille et mes amis m’ont manqué, mais j’ai aussi eu la chance d’avoir beaucoup d’entre eux qui m’ont rendu visite au fil des ans - ma femme en particulier est venue me retrouver dans 27 pays différents.

Torbjørn C. Pedersen aux Maldives
Maldives (Mike Douglas)

Quelles leçons as-tu tirées de cette expérience ?

Ce voyage, ce fut une formidable école de la vie. J’ai élargi mes connaissances sur la culture, la géographie, l’histoire, la langue, les relations humaines mais aussi sur la négociation, la collecte de fonds, la planification et l’exécution de projet, la création de contenu, le travail humanitaire et bien plus encore. J’ai aussi beaucoup appris sur mes capacités et mes limites personnelles.

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