En 1932, deux pilotes allemands s’écrasent dans l’« Outback » australien - autrement dit, le néant. Coupés de toute civilisation, les aviateurs survivent, avant d’être rescapés par des Aborigènes. 87 ans plus tard, Mike, un Australien fasciné par cette histoire, décide de reconstituer leur parcours de survie pendant six semaines. Entre nourriture très rudimentaire et rivières truffées de crocodile, Mike a trouvé le temps de filmer son aventure, seul. Focus sur son film, « Surviving the Outback », en lice au festival « What a Trip ! » de Montpellier, diffusé samedi 26 septembre.
Mais qui irait volontairement se perdre dans les terres les plus reculées d’Australie, seul, sans provisions ? Mike - Michael Atkinson, de son vrai nom - l’a fait. À la clé, ni tentative de record, ni argent à gagner. Mais un rêve de gosse réalisé. Depuis son plus jeune âge, Mike est passionné par l’histoire hors du commun de deux aviateurs allemands, arrivés malgré eux dans l’Outback australien en 1932, après le crash de leur avion. Survivre à un crash est déjà un miracle. Mais survivre dans une zone dépourvue de toute population - et remplie de dangers plus mortels les uns que les autres - en est un autre. Une histoire qui a d'ailleurs été adaptée en mini-série télévisée en 1985.

Mike a donc décidé en 2019 de suivre les pas des deux Allemands, soit 87 ans plus tard, en respectant scrupuleusement chaque étape de leur parcours. Pendant six semaines, presque sans eau ni nourriture, cet Australien a traversé la région du Kimberley, dans le nord-ouest du pays. « Cette histoire m'intéresse depuis mon enfance, car je me suis demandé si j'aurais pu survivre dans cette situation. Alors, vu toutes les techniques de survie que j'ai apprises au cours de ma vie, j'ai décidé de les mettre à l'épreuve, pour voir si je pouvais m'en sortir avec le même matériel que les aviateurs », explique-t-il sur son site.
Ex-pilote de l'armée australienne
Une expédition permise aussi par l’expérience de Mike, qui n’est pas n’importe qui. À son actif, 18 ans de carrière au sein des forces de défense aériennes australiennes, et une connaissance pointilleuse des techniques de survie qu’il a lui-même enseignées aux pilotes et aux membres de la NORFORCE, une unité à prédominance aborigène qui patrouille dans le nord de l’Australie. On comprend un peu mieux son attachement à l'histoire des pilotes allemands. Il a également participé à quelques expéditions privées, qui l’ont mené à s’entraîner dans des conditions extrêmes - froid glacial en Islande et en Antarctique, ou a contrario sous 50°C en Arabie saoudite.
Dès le début du film, on découvre les préparatifs de l’expédition, et tout le travail de reconstitution des conditions de 1932. Notamment son étonnante réplique du radeau des deux aviateurs, que Mike a fabriquée à partir de deux pseudos flotteurs d’hydravion - bricolés de A à Z pour ressembler à l’original - de rondins de bois et d’un moteur hors-bord. Puis, direction Kimberley.


Refaire le parcours, comme en 1932
« Une fois sur place, j’ai préparé le radeau pour la navigation, longé la côte et j’ai fait du trekking à l’intérieur des terres jusqu’à Pago Mission, aujourd’hui abandonné, lieu de civilisation le plus proche des aviateurs en 1932 », résume Mike. Un parcours semé d’embuches à l’australienne : des crocodiles partout, peu de nourriture et aucun moyen de communication. « Ce n'est pas ce qu'on appelle un voyage de "glamping" », ajoute-t-il, pour ceux qui en douteraient.

« Pour que ce soit aussi réaliste que possible, je n'ai pris que les objets dont disposaient les aviateurs. J'ai reproduit leurs vêtements et leur équipement en m'inspirant des descriptions données dans "Flight Into Hell", le livre écrit sur leur épopée par l'un des deux pilotes, Hans Bertram. Soit du fil de pêche, des vestes qu'ils ont cousus ensemble pour fabriquer une voile et les mêmes outils qu'ils avaient dans la trousse à outils de leur avion ». À la différence que Mike s’est aussi équipé de caméras, d’un drone, et de batteries solaires. Seule technologie que s'est autorisée l’aventurier, parti complètement seul et sans assistance dans cette expédition.
Enfin, la touche finale qui achève de nous séduire. Mike a pu rencontrer Matthew Wain, un descendant des autochtones qui ont sauvé les deux pilotes allemands, après cinq semaines d’errance. « Il m’a gentiment raconté toutes les anecdotes du sauvetage que lui avaient transmises ses proches. Ces récits correspondent toujours exactement à ceux des aviateurs, 87 ans après, ce qui montre combien l’histoire orale des autochtones est précise", conclut l'aventurier.
Durée du film : 43 min
Date de projection : Samedi 26 septembre – 13h30
En savoir plus sur le festival « What a trip »
Au menu de la quatrième édition du festival de Montpellier, dont le maître de cérémonie est cette année encore Laurent Ballesta, biologiste et spécialiste de la photographie sous-marine : 21 films projetés en salle du 23 au 27 septembre (également disponibles en streaming jusqu’au 28 septembre et en replay jusqu’au 30), 8 expositions éphémères, 15 conférences, 2 concerts chaque soir, et un village du voyage.
12 films sont en compétition. Ils seront évalués par un jury présidé par Caroline de Salvo, présentatrice de l’émission « Faut pas rêver », et par trois autres membres dont l’incontournable Enak Gavaggio, réalisateur de la websérie « Rancho Webshow » et champion de ski freeride, Jeremy Banster, acteur, réalisateur et producteur, et l’aventurier Matthieu Tordeur.
Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site What a Trip !.
Attention, il est obligatoire de réserver sa place, les accès étant limités en raison du Covid-19.
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