S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Gauchos, cowboys de Patagonie
  • Voyage

Reportage : dans le quotidien des gauchos, cowboys de Patagonie

  • 18 août 2020
  • 4 minutes

La rédaction Outside.fr Marine Saint-Germain

Photojournaliste chilien, Tomas Munita a couvert les conflits les plus sévères du début du XXIème siècle : la guerre en Afghanistan et en Syrie, les réfugiés Rohingya en Birmanie, la violence des gangs en Amérique Latine ; mais aussi la beauté des paysages sauvages, la richesse des cultures du monde. Un travail récompensé par les prix les plus prestigieux, notamment le World Press Photo Award. C’est pourtant au Festival Photo La Gacilly, en Bretagne, que sont exposées ses photos sur les gauchos, gardiens de troupeaux traditionnels d’Amérique du Sud. Une reportage couronné par le prix Gabriel Garcia Marquez en 2015.

Gauchos, cowboys de Patagonie
(Tomas Munita)

A mi-chemin entre Vannes et Rennes, La Gacilly, petite commune bretonne , expose jusqu'au 31 octobre les photos des « Cowboys de Patagonie » de Tomas Munita. Cette année, le festival photo - organisé en plein air et entièrement gratuit - met à l’honneur la culture latine. Impossible donc de passer à côté du Chilien aux 18 distinctions. Parmi elles, un Polk Photography Award, pour son travail sur le sort des réfugiées Rohingyas en 2018 ; quatre World Press Photo Awards dont deux en 2006, un en 2013 et un en 2017 ; un Visa d’Or de la presse quotidienne pour sa couverture de la guerre en Syrie en 2012, décerné à Visa pour l'image , premier festival de photojournalisme au monde. Tomas Munita a également été nommé « photojournaliste de l’année » en 2017 par l’américaine « National Press Photographers Association », et par le « POY Latam », le plus grand concours de photographie d’Amérique Latine en 2013. Quant aux « Cowboys de Patagonie », mis en lumière au Festival Photo La Gacilly, ils lui ont valu un "Gabriel Garcia Marquez Journalism Award" en 2015.

Gauchos, cowboys de Patagonie
(Tomas Munita)

Après avoir photographié les conflits les plus violents de ce début de siècle, Tomas Munita est parti en immersion chez les gauchos d’Argentine. Une expérience unique aux côtés de gardiens de troupeaux au mode de vie traditionnel et rustique. Ces cowboys d’Amérique du sud vivent dans la pampa argentine depuis le temps des colonies espagnoles, mais tentent aujourd’hui de subsister face à la modernisation de leur métier. Tomas Munita les suit depuis plusieurs années. Son travail est à découvrir en Bretagne jusqu’au 31 août. Pour Outside, il en a extrait dix superbes images.


Vous avez souvent couvert de graves conflits sociaux et des guerres, notamment la situation des Rohingya ou la Syrie en 2012. Pourquoi avoir choisi de suivre des gauchos en Argentine ? 

Je travaille en Patagonie depuis 2012, j’y ai trouvé un répit après les histoires que je couvre dans le monde entier. Avec les gauchos, il n’y a pas de tragédie derrière, pas de tristesse, mais de la pure joie.

Combien de temps passez-vous avec eux ?

J’ai fait plusieurs voyages avec les gauchos. Chaque voyage est différent, certains durent un mois, trois semaines, parfois on est à cheval, d'autres fois en voiture. Mais une fois que vous êtes parti avec eux, plus aucune issue, on reste à leurs côtés tant que le voyage n’est pas terminé. 

Gauchos, cowboys de Patagonie
(Tomas Munita)

Comment gagnez-vous leur confiance pour les photographier ?

Le gaucho est une culture amicale. Il n’est pas facile de se faire accepter, mais une fois que vous l’êtes, tout devient facile. Je dois juste être honnête et digne de confiance, passer un certain temps avec eux, et ils m’ouvriront toujours leurs portes. Parfois, ils m’appellent pour m’inviter à rejoindre leurs aventures, c’est déjà arrivé plusieurs fois d’ailleurs.

Qu’est-ce qui, à vos yeux, les caractérise ?

Le travail qu’ils font est assez rude, et risqué. Mais à la fin de la journée ils passent des heures à manger ensemble, s’échanger leur matériel et converser longuement. Ils partagent également leurs connaissances, ils s’apprennent les uns aux autres à faire des noeuds, à travailler le cuir ou jouer aux cartes. C’est un mélange intéressant de rugosité et de convivialité.

Gauchos, cowboys de Patagonie
(Tomas Munita)

Comment vivent-ils aujourd’hui ?

Leur vie est à peu près la même qu’il y a un siècle. Elle est plus facile, mais la solitude est encore présente lorsqu’ils font de longues distances ou séjournent pendant des semaines sur un site. Beaucoup vivent seuls, d’autres travaillent en groupe, mais ils sont pour la plupart isolés dans d’immenses ranchs. Certains ont des familles qui habitent en ville, à qui ils rendent parfois visite. Mais généralement, les distances sont si grandes et les routes si mauvaises, que l’isolement est de mise. Et puis, la liberté fait partie de leur culture. Certains l’incarnent toujours.

Gauchos, cowboys de Patagonie
(Tomas Munita)

Certains gauchos vous ont-ils laissé un souvenir particulier ?

J'en ai côtoyé certains plus longtemps que d'autres. Je pense à Wilke, par exemple, le dompteur de chevaux de la Terre de Feu, devenu un ami proche maintenant. Ou Abelino, un véritable expert dans son travail de capture de taureaux sauvages. Il est toujours intéressant d’être avec des gens qui dominent non seulement leur activité, mais aussi leur culture. C’est avec eux que je peux voir l’histoire de la Patagonie.

Gauchos, cowboys de Patagonie
(Tomas Munita)

Comment décririez-vous l’atmosphère dans laquelle vous vivez ensemble ?

C’est toujours un plaisir. Ils apprécient tous la vie en pleine nature, ils aiment leur culture. Les sacrifices font partie de leur vie, donc peu importe l’humidité après des jours de pluie, ou la fatigue, il y a toujours une bonne ambiance. La nature est enrichissante lorsque vous êtes en contact étroit avec elle, comme lorsque vous voyagez des semaines à cheval, sans tente, en dormant autour du feu sous une nuit étoilée.

Gauchos, cowboys de Patagonie
(Tomas Munita)

Qu’avez-vous cherché à montrer à travers cette série de photos ?

Je voulais documenter cette culture, ce mode de vie, avant qu’il ne disparaisse. Elle représente un aspect de nos sociétés, de nos rêves d’aventure en relation étroite avec la nature. Il y a tant de beauté dans ces paysages, dans la façon dont le temps passe lentement et dont les gens se relient les uns aux autres.

Comment imaginez-vous l’évolution de la communauté des gauchos dans les années à venir ?

Elle change et évolue rapidement. Le changement climatique est un facteur important, car l’élevage n’est plus le métier qu’il était. Mais tant qu’il y aura du bétail, cette culture sera maintenue, ce qui  n’est pas facile à moderniser dans cette géographie complexe.

Gauchos, cowboys de Patagonie
(Tomas Munita)

Y a-t-il une photo que vous auriez aimé prendre et qui s’est avérée impossible à obtenir ?

Oui, la capture au lasso d’un taureau sauvage, fort et effrayant. Je me suis efforcé de suivre ces cavaliers experts alors qu’ils chassaient des taureaux seulement avec leur cheval, leurs chiens et un lasso. Mais il n’y avait aucun moyen pour moi de me placer à côté de l’action, ou de voir leur expression pendant que je manoeuvrais à travers l’épaisse forêt pour échapper au taureau ou le poursuivre. C’était le point culminant de tout le voyage, c’était exactement ce dont ils parlaient pendant des heures. Peut-être qu’un jour je l’aurais, tout en gardant des distances de sécurité. Je vais continuer de les suivre pendant les prochaines années, je n’en ai pas fini avec eux !

Quel sera le sujet de votre prochain reportage ?

Je vais poursuivre les projets sur lesquels je travaille depuis des années, comme Cuba ... mais je ne sais jamais où mon travail va me mener.

Gauchos, cowboys de Patagonie
(Tomas Munita)

Découvrez les autres travaux de Tomas Munita ici.

Toutes les expositions du Festival Photo La Gacilly sont gratuites et situées à l'extérieur dans l'espace public ; les festivaliers peuvent y accéder librement à tout moment. Pour en découvrir la programmation complète, c'est ici.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Kilian Jornet States of Elevation
La rédaction

States of Elevation : « Suivre Kilian Jornet, c’est quasi impossible », racontent ses deux photographes

Out of frame Mathis Dumas
La rédaction

Film : « Out of Frame », dans l’objectif de Mathis Dumas, passeur d’émotions

Michel Bourez Teahupo'o
La rédaction

La plus belle photo de surf a été prise à Teahupo’o, mais ce n’est pas celle de Medina aux JO

Medina Teahupoo
Jen Murphy

Pourquoi la photo de Gabriel Medina est-elle tant décriée par le monde du surf ?

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications