Ce week-end, à Vars, se déroulent les deux premières manches de la coupe du monde de ski de vitesse. Cette discipline atypique et très spectaculaire voit dévaler les skieurs à près de 250 km/h pour certains. À cette vitesse-là, une chute peut faire de gros dégâts. Enak Gavaggio, alias Rancho, le moustachu le plus connu de la planète ski, revient sur son expérience, partagée en 2017 dans le Rancho webshow, et décrypte pour nous les particularités de ce sport à part.
Casque profilé, combinaison plastifiée étanche à l’air, ailerons améliorant la pénétration dans l’air, skis de 2 mètres 40 et de près de 15 kg, on est loin de la tenu du freerider ou du skieur alpin, et pourtant on parle bien de ski. Le ski de vitesse, c'est un peu la formule 1 de la montagne, une discipline où le moindre détail compte et le seul objectif est d'être le plus rapide. Et pour cela, rien n'est laissé au hasard : travail sur la position en soufflerie, entraînement physique bien sûr, mais aussi développement du matériel.
Demain et dimanche, les 1er et 2 février, la coupe du monde de ski de vitesse 2020 débutera à Vars, sur la mythique piste de Chabrières, la plus rapide du monde. Les spécialistes de la discipline seront tous là, et parmi eux des Françaises et Français dont Celia Martinez qui cherchera à battre le record de France. La Pyrénéenne a déjà été flashée à plus de 233 km/h, imaginez un peu... Du côté des hommes, Simon Billy, vice-champion du monde, recordman de France (252,809 km/h), et vainqueur ici même l'an passé, tentera de battre le record du monde de la légende italienne, Ivan Origone (254,958 km/h).
Sport de niche, le ski de vitesse est un milieu beaucoup plus petit que les autres disciplines du ski. Forcément, cela a attisé la curiosité de notre Rancho national qui s'y est essayé pour l'épisode n°11 du Rancho webshow. Il revient sur cette expérience atypique qu'il n'est pas près d'oublier.
Comment t'es venu l'idée de risquer ta vie en ski de vitesse ?
Risquer sa vie, c'est un peu exagéré ! Mais c'est vrai qu'une chute à ces vitesses-là, ça ne pardonne pas : grosses brûlures, fractures... c'est généralement pas très réjouissant. Il n'y a qu'à voir celle qu'a connue Simon Billy à 230 km/h...
Mais au-delà de la curiosité, c'est la mythique barre des 200 km/h qui m'attirait. Déjà en voiture, quand on regarde le compteur, on se dit que c'est fou, alors sur des skis... je voulais voir ce que ça pouvait donner.
Qu'est ce qu'on ressent à de telles vitesses ?
Déjà, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a une énorme différence entre 180 km/h et 200 km/h, et au-delà de 210 km/h on est carrément dans un autre monde. Au-dessus de cette vitesse, on flotte quasiment dans les airs. Les différences peuvent paraître minimes sur le papier, mais les sensations changent du tout au tout. Sincèrement, c'est difficile d'expliquer ce qu'on ressent. Tout va tellement vite.
Avant de s'élancer, on a peur ?
Chacun vit ça différemment. Pour ma part, ce n'était pas tant la descente qui me faisait peur, mais plutôt le fait de devoir m'arrêter. Pourtant j'étais à Vars sur la piste réputée la plus simple pour freiner.
Qu'est-ce qui t'a semblé le plus compliqué à gérer ?
La transition entre la descente et le plat. Il y a une énorme compression, j'ai bien cru que j'allais partir au tapis. Pourtant je pense que je skie pas trop mal, mais là j'osais à peine faire des virages. Il faut aussi prendre en compte le matériel, skier avec des skis de 2,50 mètres, c'est particulier...
Le matériel justement, c'est une donnée essentielle, un peu comme en Formule 1 ?
Effectivement c'est un élément primordial de la performance. Mais il y a quand même une grosse différence entre la Formule 1 et le ski de vitesse : le niveau de protection. En ski de vitesse on part avec un casque et c'est tout, il n'y a pas de carrosserie. Cela demande un engagement impressionnant.
Physiquement, c'est exigeant ?
Pendant la descente je dirais que c'est gérable. Bon, évidemment, les meilleurs qui descendent à près de 250 km/h ont un tel engagement qu'ils ont un très gros niveau physique. Mais c'est vraiment la transition entre la descente et la zone d'arrêt qui est éprouvante.
Vars, c'est l'endroit idéal pour le ski de vitesse?
C'est la piste la plus rapide du monde, c'est la course la plus attendue de la saison. Tous les meilleurs sont là pour tenter de battre les records. Ça vaut le coup d'aller jeter un oeil, c'est très spectaculaire.
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