S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Natxo Gonzales surf
  • Aventure
  • Water Sports

Natxo Gonzales : « le surf de Big Waves, c’est 100% au mental »

  • 27 novembre 2020
  • 5 minutes

Kade Krichko Kade Krichko

À 25 ans, Natxo Gonzalez, surfeur professionnel de gros originaire du Pays basque espagnol, a déjà défié certaines des vagues les plus légendaires de la planète. Des monstres de Punta Galea, près de Bilbao, aux tubes parfaits de Skeleton Bay, en Namibie. Mais il a aussi failli y perdre la vie en 2017.

Alors qu’il surfait à Nazaré, la "Mecque" du big wave surfing, au Portugal, où les vagues peuvent atteindre jusqu'à 25 mètres, Natxo González, lancé à grande vitesse, a violemment chuté. Son gilet de sauvetage gonflable, accessoire de survie désormais adopté par presque tous les surfeurs de gros, ne s’est pas gonflé et il a dû endurer une série de cinq énormes vagues. D’une puissance telle, que chacune d’entre elles peut plaquer un surfeur sous l’eau pendant plus de 30 secondes.

Natxo Gonzales surf
(Javier Munoz / Red Bull Content Pool)

Natxo était quasiment inconscient quand un sauveteur en jet ski est parvenu à l’extraire du tourbillon de la machine à laver. Le surfeur a frôlé la mort, pourtant, une semaine plus tard, il était de retour dans l'eau, chassant la méga houle au nord-ouest de l'Irlande. Sa remarquable capacité à gérer les traumatismes, comme il l'a fait à Nazaré, lui a permis de poursuivre une brillante carrière sur le Big Wave Tour - la référence en matière de surf de gros - tout en naviguant dans les hauts et les bas mentaux d'un sport qui exige une concentration à 100 %. Non seulement pour réussir, mais aussi pour survivre. 

Natxo González, qui surfe au large des côtes du Pays Basque depuis près de deux décennies, affirme qu’il doit tout à la préparation mentale et physique acquise en dehors de l'eau. Nous l’avons rencontré après le lancement de sa mini-série « Made in the Basque Country », alors que la saison de surf pro battait son plein, pour comprendre comment il gérait sa peur, établissait ses limites et optimisait son temps dans l'eau quand les choses tournaient mal.

Entraîner le corps et le mental

Natxo Gonzales surfNatxo Gonzales surfNatxo Gonzales surfNatxo Gonzales surf

Pour lui, le surf de gros est à 80 % mental, mais c’est sa condition physique qui lui permet de garder l'esprit clair dans les situations critiques. "Si vous n'êtes pas fort physiquement, je ne pense pas que votre mental ait la moindre chance de résister aux tonnes d'eau qui peuvent alors s'abattre sur vous », dit-il.

Son entraînement physique commence cinq mois avant la saison, généralement à la fin de l'automne, et comprend des séances en piscine et en salle de sport cinq jours par semaine. Il s'efforce également de développer des techniques de respiration spécifiques, essentielles lorsqu'il doit passer en mode survie.

Pour se préparer à un tel scénario, Natxo González simule des chutes en piscine, en faisant monter son rythme cardiaque avant de s'immerger en apnée. Car savoir combien de temps on peut retenir sa respiration est une chose, explique-t-il, mais surfer et survivre dans de grosses vagues en est une autre. Entrent alors en compte la violence des vagues qui vous ballotent, la désorientation et les poussées d’adrénaline qui affectent l’approvisionnement en oxygène. Retenir sa respiration de manière traditionnelle relève de l’entraînement statique, par opposition à la situation de survie en grosses vagues, où l’on se trouve en mode dynamique, explique-t-il.

Autant de paramètres qu’il intègre dans sa préparation. L'un des exercices les plus éprouvants qu'il pratique consiste à nager à fond sur 50 mètres, puis à nager immédiatement les 25 mètres suivants, totalement immergé, en apnée. Après une pause de 30 secondes, il nage encore 25 mètres sous l'eau avant de se reposer pendant deux minutes. Un cycle qu’il répète quatre fois. 

Dans un autre de ses exercices, son entraîneur place quatre haltères à cinq mètres d'intervalle dans une piscine de 25 mètres. Le surfeur nage sous l'eau jusqu'à la première haltère et attend le signal de son entraîneur (en général, deux coups de poing sur le bord de la piscine) avant de passer au suivant. Le fait de ne pas savoir combien de temps il devra attendre le signal de son entraîneur le maintient en alerte entre deux séquences où il travaille en intensité. En ralentissant à chaque haltère, González peut évaluer sa respiration et s'y connecter alors qu'il est au milieu d'un effort physique extrême et qu'il est exténué, un processus qu'il transpose dans son surf. "L'adrénaline monte alors naturellement en flèche", note-t-il. "Mais nous nous entraînons à nous détendre dans ce type de situation".

C'est à cette technique qu'il attribue à sa survie à Nazaré, alors qu'il était tenu en échec, vague après vague. La confiance en sa préparation physique lui a sauvé la vie. "J'ai dû me forcer à rester calme, à me détendre, et à ne rien bouger", dit-il. "De cette façon, je ne consomme pas d'énergie et je peux essayer de tenir aussi longtemps que possible. En fin de compte, tout est question de survie. On s’y entraîne, même si ce sont des situations qu’on souhaite ne jamais avoir à vivre ".

Apprendre de sa peur

Lorsqu'il s'est écrasé à Nazaré, Natxo González sortait d'une saison exceptionnelle et surfait à un niveau mondial. Il avoue que ce jour-là, il était sans trop confiant pour des conditions aussi énormes, cela a failli lui coûter cher.

"Je suis convaincu que celui qui n'a pas la peur au ventre quand il surfe sur des vagues géantes va avoir de sérieux problèmes", dit-il. "Peu importe que vous soyez très expérimenté ou que vous soyez fort mentalement et physiquement, l'océan gagne toujours. Il est capital de garder ces contrôles mentaux à l'esprit, car si vous ne le faites pas, vous pouvez facilement mourir". Tous les surfeurs, quel que soit leur niveau, peuvent et doivent apprendre de leur peur, selon lui. Avant de pagayer, il est essentiel de toujours vérifier la situation et de se demander : cette vague est-elle trop grosse pour moi ? Est-ce que je vais être à l’aise si je dois m’en échapper ? Y a-t-il une entrée et une sortie sûres pour mon niveau de compétence ? Ces questions peuvent aider à mettre la peur en perspective, loin du nuage d'adrénaline. "Parfois, ce n’est tout simplement pas le bon moment pour vous", conclut-il.

"L'année dernière, j'ai souffert d'une pneumonie et je suis revenu alors qu'on avait un très bon hiver de surf - de grosses tempêtes et de grosses vagues", se souvient-il  "Mais je ne me sentais pas bien dans l'eau. J'avais peur. Si vous ne vous sentez pas capable de contrôler cette peur contre quoi que ce soit, c'est que vous ne devriez pas être dans l'eau".

Pas à pas, soyez patient

Grant "Twiggy" Baker, l'idole du surf de Naxto González et triple champion de big wave, a remporté son premier championnat du monde alors qu’il avait atteint la quarantaine. Le légendaire Sud-Africain est la preuve vivante qu’on peut progressivement s’améliorer dans la durée, selon le jeune Basque. «Ça fait des années que Baker attrape les grosses vagues", dit Natxo González. "Ce type de surf, c'est vraiment une question d'expérience - l'expérience que vous acquérez en surfant de grosses sessions qui font de vous un meilleur surfeur complet".

Natxo Gonzales surf
(Javier Munoz / Red Bull Content Pool)

Même pour des professionnels comme lui, le surf reste un processus d'apprentissage tout au long de la vie et un acte d'humilité. « Vos attentes doivent être réalistes », dit-il, et « vos progrès doivent être lents mais progressifs ». Respecter ces règles est primordial pour rester en forme et pour attraper les vagues. "Au début, vous allez avoir peur des vagues de 1 m, 1,5 m, explique le surfeur. "Puis, vous passerez à des 2 mètres. Pas à pas. C'est une évolution lente. Bien sûr, vous devez connaître votre limite, et c'est ce qui est bien avec les grosses vagues – identifier cette limite. Celle-là même qu’on ne cesse de repousser. Jusqu’au jour où, c’est trop, on y est.  En attendant ce moment-là, sûr que je continuerai à être dans l'eau !

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Natural High John Peck
La rédaction

Film « Natural High » : la vague comme expérience spirituelle

Caroline Marks sur la vague de Cloudbreak, aux Fidji, où se jouera le titre mondial 2025, le 18 août 2025.
La rédaction

Aux Fidji, faudra-t-il payer pour accéder aux spots de surf ?

Nazaré Tudor Big Wave Challenge 25-26
La rédaction

À Nazaré, Justine Dupont et Clément Roseyro, une suprématie construite au fil des années

Orion
La rédaction

Film « Orion », le surfeur givré de Montréal

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications