Des hauts, des bas, le Marseillais et Biarrot d'adoption, Edouard Delpero, en a connus, depuis que sur les traces de son frère, Antoine, triple champion du monde de longboard, il s’est lancé lui aussi dans cette discipline. Mais hier, jeudi 1er mai, après trois finales perdues - 2019, 2023 et 2024 - il est parvenu à décrocher son premier mondial. C’est à peine s’il y croit encore, lui qui, il y a trois mois à peine rappelait l’importance de la résilience, confiant : « il est impératif d'y croire et de se relever, même lorsque tout autour de nous semble nous pousser à l’abandon ».
« Je ne réalise pas vraiment ce qui se passe en ce moment, mais oui, j'ai réussi ! », a déclaré, les larmes aux yeux, le nouveau champion du monde français. « Cela fait quatre ans que je participe à la finale et je n'avais pas réussi à atteindre cet objectif. En 2023, la victoire d'Antoine [Delpero, son frère aîné ] a été un moment magnifique. L'année dernière, il n'était pas là, mais cette année, il est revenu comme entraîneur et j'ai gagné », dit-il. Avec brio, de surcroît. Le surfeur est crédité d'une note impressionnante de 18.24, loin devant le Brésilien Rodrigo Sphaier (15.97), l'Indonésien Rogelio Esquievel Jr. (14.83) et le Japonais Taka Inoue (12.43).

Pour sa 5e participation, Edouard n’est pas passé par la case repêchages, remportant la finale de tableau puis la grande finale. En individuel, mais aussi par équipe. Sans jamais rien lâcher. Par expérience, et aussi peut-être par superstition, en athlète trop habitué à frôler le podium sans toujours s’y hisser au plus haut. En 2023, le quintuple champion d'Europe et sextuple champion de France, ne prenait aux mondiaux que le bronze (comme en 2019 d'ailleurs) et passait à côté de sa finale en 2024.

Mais hier, au Salvador, le cadet des légendaires frères Delpero (35 ans) a mis tous les ingrédients pour s'imposer, de la première à la dernière série de sa semaine latino-américaine. Soutenu par la science de la compétition et le calme de son frère Antoine, coach de l’équipe de France, Edouard a décroché le Graal et s’est fait un prénom. Ce qui n’a pas toujours été évident pour lui, comme il le confiait en début d'année dans un court-métrage produit à l’occasion de la fin d'une collaboration de huit ans avec son sponsor principal Jonsen Island.
Je ne connais pas de plus grande satisfaction que d'atteindre les objectifs que l'on s'est fixés. Ces instants où tout s'harmonise et où on se retrouve plongé dans une sorte de bulle détachée du tumulte du monde extérieur. C'est comme si tout à coup chaque seconde d'effort, chaque lutte contre le doute, chaque épreuve endurée, prenaient un sens profond (...). Preuve que cette dévotion n'était pas vaine.
Toutefois, ces instants, aussi intenses soient-il, demeurent éphémères. Parfois la chute qui s'ensuit s'avère bien plus violente que l'ascension elle-même, le doute s'insinue peu à peu dans nos pensées (...) Tout paraît concourir à nous faire flancher.
Pourtant il est impératif de croire et de se relever, même lorsque tout autour de nous semble nous pousser à l'abandon. Il faut tenter de savourer chacune de nos victoires, si modestes soient-elles, dès qu'elles se présentent (...). Mais plus encore, il faut apprendre à apprécier le chemin lui-même, même dans ses moments les plus sombres, car ce sont précisément ces instants de doute, ces périodes de lutte, qui nous forment et nous façonnent, ce sont eux qui nous enseignent la résilience, cette force intérieure qui nous permet de persévérer.
Le vrai défi réside dans notre capacité à poursuivre l'effort, le chemin, avec ses haut et ses bas, ces moments de triomphe et de désespoir. Ne jamais se résigner, continuer à croire, c'est là que réside la véritable victoire ».
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