Meilleur palmarès de l’histoire du surf féminin français, Johanne Defay est parmi les mieux placées pour performer aujourd’hui à Hossegor, lors des demi-finales du Roxy Pro France, huitième manche du circuit pro féminin. Pourquoi ? Réponse en 13 points.
Elle est pragmatique
Réunionnaise d’adoption, la championne de surf est loin de pouvoir surfer comme elle le voudrait. Mais elle a su s’adapter.
Suite aux attaques de requins dans la zone, un arrêté préfectoral interdit en effet depuis 6 ans de nager, de surfer et de pratiquer toutes les activités nautiques en dehors du lagon et des zones de baignades surveillées. Elle a donc dû trouver des solutions pour pouvoir continuer de vivre et de s’entrainer à La Réunion.
Elle fait des sessions courtes
En compétition, Johanne surfe deux fois par jour, mais à La Réunion, tout dépend des conditions. Elle est souvent contrainte de faire de courtes sessions, 1h30 maximum, dans des spots précis sous la protection des vigies qui surveillent l’approche éventuelle des requins.
Au final, elle s’entraîne donc beaucoup moins dans l’eau que les Américaines par exemple, ce qui ne serait tout simplement pas envisageable pour beaucoup de surfeurs.
Elle mise sur sa famille
« Si je voulais rester à La Réunion avec ma famille, mon copain, je devais m’entraîner différemment en variant les sports en dehors de l’eau », confie-t-elle. Je préfère moins surfer et m’entraîner à domicile, à ma façon.
Elle est bien coachée
Simon Paillard son coach – athlète de haut niveau et préparateur mental et physique – est aussi son compagnon. Il l’a aidé à croire à un entraînement hors normes. « Pas facile au début! », reconnaît Johanne. « Quand tu vois sur les réseaux sociaux les autres qui surfent à droite et à gauche chez elles et que toi tu es là, à courir, nager ou à ramer dans un lagon ou dans une piscine, c’est sûr que cela ne semble pas forcément l’entraînement rêvé. »
Elle multiplie les pratiques sportives
Grâce à Simon – athlète issue du triathlon passé au trail quand il a quitté Annecy pour la Réunion –Johanne a adopté un entrainement mixant des sports différents. Pas que du vélo ou de la course à pied, qui ferait perdre en explosivité nécessaire au surf, mais aussi beaucoup de muscu et d’exercices spécifiques de force pure. Beaucoup de proprioception également, essentielle pour le surf. A côté, elle travaille l’endurance. Et mixe aussi avec du VTT, et du skate pour travailler les changements d’appui. Sans compter la natation, bien sûr.
Elle se lance de nouveaux défis
Faire les 210 km du tour de l’ile à vélo ? Pas forcément évident pour une surfeuse, mais cela l’a aidée à repousser ses limites : « J’ai vu que j’en étais capable ! » confie Johanne.
Elle fait du yoga … devant une video
Au final, Yohanne fait pas moins de deux à trois entrainements par jour. Deux intensifs, et un troisième d’étirements ou de yoga qu’elle pratique sans prof en visionnant des vidéos sur internet. Tout le temps en vadrouille, il lui est impossible d’aller régulièrement dans un studio. Une pratique dont elle apprécie la philosophie.
Elle sait ce qu’elle veut
« J’ai souvent dû expliquer mes choix à mes parents, aux officiels de la Fédération française de surf et aux gens du milieu », explique-t-elle. » « Beaucoup me demandent pourquoi je ne déménage pas, aux États-Unis par exemple. Mais moi, les US, ce n’est pas mon truc. J’ai besoin de retrouver les marchés français, de voir moins de plastique et de huit voies. Quant à la côte ouest française, l’hiver, ce n’est pas possible. Je déprime ! Je ne suis pas prête à faire le sacrifice de l’exil. Donc, je préfère surfer un peu moins et avoir l’envie d’y retourner quand j’y vais.
Elle travaille son mental
« Pendant ma carrière junior, aucun coach ne m’a parlé d’objectif à court ou long terme. » se souvient Johanne. « Dès mon arrivée sur le Tour, j’ai beaucoup travaillé sur ce point avec Simon, avant même qu’il ne devienne mon entraîneur. On a commencé la prépa mentale avec de simples exercices de respiration ou de cohérence cardiaque. Des choses assez basiques. Simon m’a donné quantité d’outils pour que je puisse les appliquer toute seule lorsque je suis en déplacement. J’ai peu à peu trouvé ma routine. Ça m’a pris des années pour l’affiner. Maintenant qu’on est ensemble dans la vie, on ne fait plus vraiment de séances de prépa mentales. On la travaille au quotidien. Simon est fort pour ça. Il me fait passer ses messages quand je suis en train de m’entrainer physiquement, quand je me lance un défi dans un autre sport par exemple. Il m’aide à améliorer ma conscience. On peut travailler de différentes manières, mais ce qui est sûr c’est que si tu as fait une bonne prépa physique, que tu te sens bien dans ton corps. Ta confiance va forcément être au top pour la compétition. »
Elle mise sur la stratégie
« En surf, l’expérience entre en jeu. Il faut savoir gérer la série, être solide mentalement, avoir confiance en ses choix », explique Johanne ». « Tout l’enjeu est de réussir à prendre l’ascendant sur des compétitrices parfois plus fortes que toi techniquement.
Elle est devenue organisée !
La surfeuse, qui avoue avoir longtemps eu une grosse tendance à la procrastination a mis de l’ordre dans son quotidien. « Quand tu es prête physiquement, que tu as pris tes billets d’avion, que ton logement et tes locations de voitures sont réservés. Le jour J, tu es calée ! »
Pour elle, le surf, c’est « no stress »
« Je ne ressens pas de stress sur le Tour. Le surf reste un sport très sain, très cool. Les gens sont gentils, polis, les surfeurs sont très disponibles. C’est un mode de vie qui me rend heureuse.
Elle est cool ...
Malgré son palmarès, la surfeuse française la mieux classée n’a aucun sponsor majeur issu de l’industrie du surf. Ce qui ne semble pas vraiment la perturber. « Peut-être une question de timing ? De budgets marketing déjà attribués ? Peut-être qu’ils ont déjà une fille qui fait du surf et aussi un peu de mannequinat à côté ? Vas savoir pourquoi ... » commente-t-elle sans amertume. Super dry, GoPro, Dakine et à Smith Optics, sont eux, aux côtés de la championne. Et de toute évidence, ça lui va ! Bon esprit !
La suite est réservée aux abonnés
- Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
- Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
- Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€
