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Courtney Dauwalter UTMB 2023
  • Aventure
  • Trail Running

Mais, putain, comment fait Courtney Dauwalter pour courir aussi vite ?

  • 20 décembre 2023
  • 12 minutes

Meaghen Brown Meaghen Brown Meaghen Brown écrit régulièrement pour Outside.

Sans hésiter nous bouclons cette année en sacrant Courtney, « femme de l’année 2023 ». Pour ceux qui auraient passé les onze derniers mois dans une grotte sans wifi, rappelons que l’Américaine de 38 ans est entrée dans l'histoire en devenant la première athlète à remporter les trois plus grands ultras dans la foulée : la Western States, la Hardrock 100 et l'UTMB. À ce niveau, ce n’est plus de la performance. Ca tient presque du miracle. Quel est son secret, s’interroge notre journaliste qui l'a longuement rencontrée chez elle, à Leadville, dans le Colorado.

Si Courtney Dauwalter pouvait voyager dans le temps, voici ce qu'elle ferait, me raconte-t-elle. Elle remonterait à l'époque des pionniers, rejoindrait un convoi et traverserait l’Amérique sur un chariot, juste pour voir jusqu’où elle tiendrait le coup. Ce serait dur, c’est sûr, et peut-être s'arrêterait-elle dans les plaines et construirait-elle une ferme, comme tant d’autres. A moins qu’elle ne parvienne à atteindre les Rocheuses ? Devant cette énorme chaîne de montagnes, serait-elle du genre à s’arrêter là, parce qu’après tout, c’est déjà bien, non ? Ou bien serait-elle de ceux qui se demandent ce qu'il y a de l'autre côté ? 

Dauwalter est probablement la meilleure traileuse au monde, une athlète unique en son genre. Sur les courses, difficile de la manquer, et pas seulement à cause de ses shorts de basket très 90’s qu'elle adore. Mais parce que cette mince femme de 1,70 m court souvent en tête parmi les meilleurs athlètes masculins, un sourire inaltérable aux lèvres, les yeux cachés sous des lunettes miroir. Mais pour l’heure, elle les a posées et récupère un peu dans sa maison de Leadville, dans le Colorado. Elle rentre tout juste d’une séance matinale : 4 heures, tout près de chez elle et se laisse aller à des rêveries sur cette fameuse traversée façon western. Au-delà de l’anecdote, cette confidence permet de comprendre pourquoi elle s’est imposée au plus haut niveau : Courtney est tout simplement curieuse. Curieuse d’en savoir plus sur la douleur, ses limites, ses possibilités. C’est cette qualité fondamentale qui en fait une athlète aussi douée.

Au cours des sept dernières années, l’Américaine a remporté presque toutes les courses auxquelles elle a participé. En 2016, elle a établi un record sur la Javelina Jundred - un parcours en boucle à travers le désert d'Arizona. La même année, elle a remporté le Run Rabbit Run 100-miler à Steamboat Springs, dans le Colorado, avec une avance de 75 minutes, malgré la cécité temporaire qui l’a affectée pendant les 20 derniers kilomètres. En 2018, elle a remporté la Western States 100 en Californie… c'était la première fois qu'elle y participait. Un an plus tard, elle a établi un nouveau record en remportant l’UTMB, près d'une heure devant la deuxième. En 2022, elle a remporté (et établi un nouveau record ) sur la Hardrock 100. Elle est également l'une des rares coureuses de son calibre à s'essayer sérieusement aux courses de très longue distance. En 2017, elle a remporté la Moab 240 - oui, 240 miles (386 km)- en deux jours, neuf heures et cinquante-cinq minutes, avec dix heures d'avance sur le deuxième. Ajoutons aussi que sur l’infernale Big's Backyard Ultra en 2020, elle a établi là aussi un nouveau record de parcours féminin en courant un peu plus de 283 miles ( 455 km).

Courtney Dauwalter, UTMB 2023
UTMB 2023. (Pascal Tournaire / UTMB)

Elle défie tous les concepts

Tel quel, son CV était déjà impressionnant. Et il semblait difficile d’imaginer que 2023 le serait plus encore. Mais si. Fin juin, elle est retournée sur la Western States, où elle a battu le record féminin de plus d'une heure, terminant sixième au scratch. Lorsqu'elle a dépassé Jeff Colt (qui a terminé neuvième), il se souvient du calme et de la sérénité qu’elle affichait alors. « Mon pacer m'a regardé et m'a dit :’Jeff, je n'arrive même pas à la suivre’, » raconte-t-il. Moins de trois semaines plus tard, elle remportait à nouveau la Hardrock, décrochait la quatrième place au scratch et établissait un nouveau record féminin. Précisons que le sens de ce parcours en boucle changeant chaque année, elle détient désormais les deux records, dans le sens des aiguilles d'une montre et dans le sens inverse…

Enfin, fin août on la revoyait sur l'UTMB et le remportait à nouveau, devenant ainsi la première personne de l'histoire à gagner les trois courses majeures en un seul été. "Elle fait partie de ces êtres humains qui défient le concept même d'aberration", déclare Clare Gallagher, une ancienne vainqueure de la Western States qui a couru contre Dauwalter dans le passé. "Quand je regarde ce qu’elle a fait cet été, je suis sans voix. C'est vraiment difficile à concevoir".

Dauwalter a pris la tête de l'UTMB dès le départ et a terminé avec plus d'une heure d'avance sur la deuxième femme. Alors qu'elle descendait le dernier tronçon du sentier, elle était suivie par une myriade de caméras. Alors que la foule hurlait à son arrivée à Chamonix, elle s'est retournée vers les spectateurs et a applaudi dans leur direction, nous épargnant les éternels gestes de victoire qu'on voit souvent sous l'arche. Et après avoir embrassé ses parents et son mari, Kevin Schmidt, 39 ans, elle s'est dirigée à petits pas vers ses fans pour les remercier encore une fois. Mais où va-t-elle chercher cette énergie et cette générosité ? Pas si loin, comprend-ton à l’écouter se confier ce jour-là.

Une endurance forgée au ski nordique

Courtney a grandi dans la banlieue de Minneapolis, au sein d'une famille très unie et fan de sports. Les enfants jouaient tous au football américain et, lorsqu'ils n'étaient pas à l'entraînement, ils construisaient des cabanes ou s'inventaient des jeux dans le parc de leur quartier. Au collège, elle s'est mise à la course à pied, puis a rejoint l'équipe de ski nordique. Sans trop de succès au début, dit-elle - " les quatre premières années, je tombais tout le temps " - mais au lycée, ça va nettement mieux et elle s’impose par quatre fois championne d'État de ski nordique. Des résultats qui lui permettent de décrocher une bourse pour l'université de Denver. Elle doit tout à ses parents, dit-elle. Leur crédo ? " Travaille dur, donne-toi à fond et surtout n'oublie pas de t'amuser aussi », dit-elle.

Dans le Minnesota, les hivers sont notoirement froids, et elle attribue sa capacité à puiser au plus profond d'elle-même à ces conditions éprouvantes. "Quand on grandit là-bas, on apprend à se bouger, quel que soit le temps", poursuit-elle. Elle doit aussi beaucoup à un entraîneur de cross-country qui lui a appris à penser différemment à la douleur. "Il a jeté les bases qui m’ont permis de comprendre que notre corps est capable de tant de choses", dit-elle. "Nous pouvons dépasser les signaux initiaux qui nous disent que c'est fini, et changer de braquet, il y a toujours une vitesse de plus".

Après l'université, Courtney devient prof de sciences au collège et au lycée à Denver, et c'est là qu'elle rencontre Kevin Schmidt. Ingénieur informatique, celui qui allait devenir son compagnon et son plus solide soutien est également un bon traileur. Ensemble, ils s’entrainent, il arrive qu'il la rejoigne pour sa deuxième séance de la journée. Lorsque je les ai rencontrés à Leadville, Courtney venait d’assurer son soutien technique sur un 100 miles en Suisse. Pendant ses courses à elle, Kevin planifie ses temps de passage, s'occupe de son ravitaillement et fait office de capitaine. Il est un "génie en Excel", mais aussi un soutien psychologique capital.

"Je sais quand Courtney est entrée dans ce qu’elle appelle sa ‘grotte de la douleur’, je fais alors de mon mieux pour lui fournir de quoi la rebooster au moral comme au physique, dit-il. Et lorsqu’elle a commencé à accumuler les victoires sur des courses majeures, c’est ensemble qu’ils ont décidé qu’elle allait tenter sa chance pour passer pro. C’était en 2017, et l’athlète n’avait alors aucun sponsor, mais elle a quitté l'enseignement et s’est consacrée au trail à temps plein. "Ce que nous voulions, c'était pouvoir à 90 ans regarder en arrière et ne pas avoir de regrets », dit-elle. Cette année-là, c’est grâce à Salomon et Mike Ambrose qu’elle obtient son premier contrat. Elle était encore nouvelle sur le circuit, mais celui qui est alors le capitaine de la team Salomon remarque tout de suite combien elle est motivée. " "Et elle avait un fond énorme, bâti grâce au ski nordique, et son temps en course sur le 24 heures était vraiment dément. Je me suis dit que si elle parvenait à s’y mettre vraiment et à acquérir de l'expérience sur les sentiers, elle aurait toutes les capacités mentales et physiques pour performer ». Cela dit, il faut savoir que si elle a des qualités athlétiques et une force mentale quasi surhumaines, elle a aussi des côtés tout à fait normaux. Elle aime les nachos, les bonbons et la bière par exemple, et adore regarde le foot américain à la télé.

Courtney Dauwalter UTMB 2023 Trient
UTMB 2023. (Thibault Ginies / Outside)

Une gestion intelligente de sa progression

Dans l'ultra running, il n'est pas rare de voir surgir des stars éphémères, des coureurs qui dominent pendant quelques années avant de s'éteindre ou de ralentir, victimes du surentraînement, ou tout simplement parce que les années passent et que l’usure se fait sentir. Cela ne semble pas être le cas de Courtney, au contraire. Cela fait maintenant sept ans qu'elle court sur de longues distances à un niveau d'élite. Au point qu’on en vient à se demander comment elle est parvenue à éviter les blessures, compte tenu du nombre de courses physiquement exigeantes auxquelles elle participe.

Mike Wolfe, un coureur d'ultra qui possède dans le Montana une salle de sport dédiée aux traileurs, pense que Courtney Dauwalter s’est préparée intelligemment à devenir la coureuse de haut niveau qu'elle est aujourd’hui. "Certains athlètes connaissent un succès rapide et essaient très vite de passer à la vitesse supérieure », explique-t-il. "Il semble qu'elle ait été plus réfléchie et qu’elle se soit donnée quelques années pour atteindre son niveau actuel". Kevin Schmidt, qui la connaît mieux que personne, pense pour sa part que cette capacité est due en grande partie à son intuition : "Elle s'entraîne en fonction de ses besoins du jour selon elle, ce qui se répercute sur les courses et lui permet d'obtenir le meilleur d'elle-même."

Un café, et elle chausse ses baskets !

Deux semaines avant son départ pour l'UTMB, Courtney et moi sommes allées courir ensemble à l'extérieur de Leadville. Elle se lève généralement tôt, répond à quelques mails, prend un café et part courir. En général, elle a une idée approximative de la durée ou de la distance qu'elle va parcourir et l'ajuste en fonction de ce qu'elle ressent. Certains jours, elle fait une grosse séance d'entraînement ou fait deux séances quotidiennes ; d'autres jours, elle se détend ou fait du vélo. En hiver, elle fait du ski.

Les coureurs d'ultrarunners peuvent se montrer assez excentriques, et se contenter parfois de courir de très longues distances sur des tapis roulants lorsqu’ils sont coincés sur un bateau ou dans un aéroport. Pas le genre de Courtney, en revanche, la veille d’un vol matinal, elle va se lever à 2 heures du matin pour s’entrainer, car pour elle, les jours de voyage ne sont pas des jours de repos. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne soit pas capable pour décrocher. Ses (rares) vacances idéales ? Paresser sur un transat au bord de la mer, elle s’interdit alors de chausser ses baskets pour la journée.

Avant une course, Courtney ne mange pas, elle prend juste une tasse de café. Elle appelle ses parents avant chaque compétition, pour savoir ce qu'ils font et ce qu'ils prévoient pour la journée. Cela lui donne de quoi penser pendant qu'elle court, dit-elle. Lors de sa deuxième tentative de 100 miles, sa mère lui a donné une petite médaille en forme de signe de la paix qu’elle emporte désormais dans son sac à chaque course. Parfois, elle se récite des mantras pour continuer à avancer, comme "Be right here, stay right here" (soit présente, là et maintenant ). Elle affirme que pour elle, franchir la ligne d’arrivée n’est jamais acquise et, pendant la course, elle ne s'autorise pas à penser à la fin. "Le fait d'arriver à une ligne d'arrivée est toujours spécial", dit-elle. Après la course, elle récupère en mangeant un bout de fromage et en buvant une bière.

Courtney Dauwalter UTMB 2023
UTMB 2023. (Paul Brechu / UTMB)

Une boule d'énergie, un esprit hyper positif

Alors que nous montons en cadence à travers les pins, un sentier avec vue sur le mont Massive (4400 mètres), nous parlons de son expérience de la douleur. "Je pense pas qu’on peut ressentir du plaisir et de la douleur en même temps. Quand je suis dans la grotte de la douleur, c'est vraiment cool d'explorer ça". Elle ne sait pas où sont les limites ni ce qu'elle ressentira. Mais lorsqu'elle cessera de s'amuser, elle n'y retournera plus, affirme-t-elle. Après quelques kilomètres, une brise fraîche souffle et Dauwalter écarte les bras, comme si elle ne pouvait pas contenir le plaisir d'être là. Elle adore l'automne. "La saison des sweatshirts et des shorts, ma tenue préférée". La saison aussi de la bière à la citrouille, des IPA noires, des lattes aux épices et à la citrouille et des bonbons au maïs, ses friandises préférées.

Courtney est une boule d’énergie, animée par un esprit hyper positif. C’est sans doute ce qui lui vaut tant de fans dans la communauté des coureurs. Un exemple ? Au kilomètre 78 de la Western States de cette année, au point de contrôle appelé Rucky Chucky, les coureurs ont dû traverser la rivière en radeau, le niveau étant trop haut pour passer à pied. Elle a sauté dans l'embarcation, a demandé au guide bénévole du radeau comment il allait, l'a remercié, ainsi que tous les autres, d'être là, et a salué la foule rassemblée sur la rive opposée. Non pas comme une reine, mais comme un enfant qui salue ses parents depuis la scène d'une pièce de théâtre. Son enthousiasme est magnétique. Elle s'amuse vraiment, en fait ! L’aboutissement d’un certain cheminement, semble-t-il.

Elle a tout appris de son premier abandon

Courtney se souvient que sur son premier 100 miles, elle a abandonné. C'était en 2012, il y a plus de dix ans maintenant. Elle sait aujourd’hui qu'elle n'avait pas nécessairement pensé à la dimension mentale de ce qu'elle entreprenait alors. "Je voyais cela comme une activité physique. Un truc que vous pouviez faire ou pas ", dit-elle. "Puis j'ai réalisé que le mental était un élément essentiel, et j'ai commencé à comprendre. À bien des égards, elle considère que cette course est celle dont elle est la plus fière, sachant tout ce qui en a découlé par la suite. "La configuration de mon abandon était parfaite, car j'ai décidé d'abandonner à un poste d'assistance situé au milieu de nulle part. Ils m'ont dit : 'OK, tu peux t'arrêter, mais ça va prendre un moment avant qu'on puisse te ramener'. Je me suis donc recroquevillé sous des couvertures et j'ai regardé tous les coureurs passer. Je me suis dit : 'Je veux faire partie de ces gens qui sont capables de courir une centaine de kilomètres, alors je vais tout faire pour".

Aujourd'hui, Courtney Dauwalter fait des défis psychologiques un jeu, même les plus étranges. Elle porte un tee-shirt fabriqué par Tailwind, l'un de ses sponsors, inspiré par les hallucinations qu'elle a eues lors de certaines courses de très longue distance. Parmi ces hallucinations : des chats blancs courant partout sur le sentier, un joueur de violoncelle et une bande d’ours qui se font des câlins. Parfois, elle joue à des jeux mentaux avec elle-même. Pendant l'UTMB cet été, alors qu'elle commençait vraiment à souffrir, elle s'est répété "Robot, robot, robot" pour continuer à avancer. Elle a également l'habitude d'utiliser le "nous" à la place du "je". Écoutez n'importe quel podcast auquel elle a participé et vous l'entendrez dire des chose comme : "Nous allons simplement essayer d'en profiter autant que possible" ou "Si nous sommes tous impliqués, et que nos cerveaux et nos corps font partie de l'aventure, et que nous continuons à apprendre à chaque tentative et à chaque course que nous faisons....". J'ai d'abord pensé que c'était parce qu'elle et Kevin formaient une équipe très soudée - et tous deux ont reconnu que c'était le cas - mais elle a expliqué que le "nous" se référait souvent à elle et... à ses jambes.

Sa jeunesse dans le rude Minnesota n'explique pas tout

Elle a une résistance mentale hors du commun", déclare Mike Wolfe. "Elle a en elle un niveau d’acceptation de la souffrance qui n'a pas d'égal", reconnaît Glaire Gallagher. "Sa jeunesse passée à faire du ski nordique dans le Minnesota explique peut-être sa robustesse et sa capacité à gérer les blessures, mais il y a tellement d'autres facteurs qu’on ne peut pas nécessairement identifier ».

En même temps, elle ne semble jamais se laisser submerger par la pression. Elle essaie de rester dans l'instant présent. Jeff Colt pense que c'est en partie la raison pour laquelle elle s'est si bien débrouillée sur la Western States cette année. Beaucoup de gens étaient convaincus qu'elle allait battre le record, mais peu de gens pensaient qu'elle battrait les 16 heures. Même kevin dit que son équipe a dû cavaler pour arriver à la suivre et arriver à temps aux postes de secours. En la voyant ce jour-là, Jeff Colt a eu l'impression de la voir dépasser toutes les limites.

Courtney Dauwalter & Kevin Schmidt UTMB 2023 Trient
UTMB 2023. (Thibault Ginies / Outside)

"C'est la personne la plus dure au mal que je connaisse" dit son mari

"Il est encore très difficile pour tout le monde de comprendre comment elle a pu réussir une telle saison", déclare Mike Wolfe. "Tant de coureurs du top 10 l’ont tenté et ont explosé en vol ». Cournet Dauwalter a trouvé le moyen de tester les limites de sa force mentale sans craquer, de s'entraîner en se fiant à son intuition et de résister à la pression exercée sur elle. Et pourtant, pour elle, la meilleure partie de l'entraînement et de la course, relève d’une sorte de "bricolage". "J'espère ne jamais avoir une course parfaite », dit-elle « J’espère qu'il y a toujours quelque chose sur quoi je pourrai réfléchir après coup et me dire 'c'est ça que que je pourrais améliorer'. » J'ai demandé à kevin Schmidt comment il expliquait que sa femme soit aussi douée. "Elle est têtue !", m'a-t-il dit en se marrant " C'est la personne la plus coriace qui soit. La plus dure au mal que je connaisse. »

Lorsque Dauwalter et moi nous sommes rencontrées et qu'elle m'a raconté son rêve de traverser les États-Unis sur un chariot à la façon des pionniers, elle m'a dit : " Je pense que les gens qui se sont arrêtés se sont dit : 'C’est bien ici, c’est ce qu’on peut trouver de mieux, non ? '. Et puis il y a ceux qui ont continué à se demander ce qu'il y avait là-bas, de l’autre côté des montagnes, et qui sont arrivés jusque dans l’Oregon. Je ne sais pas dans quelle catégorie j’aurais été ", dit-elle. "Je veux croire que j’aurais fait partie de ceux qui ont continué à avancer ».

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