S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Laurent Ballesta, GOMBESSA V, Planète Méditerranée)
  • Société
  • Culture

Laurent Ballesta : « je veux faire rêver … avec de la réalité »

  • 22 septembre 2019
  • 10 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Nominé aux Emmy Awards 2019 pour « 700 requins dans la nuit », son dernier documentaire déjà multiprimé, le biologiste, plongeur et photographe sous-marin, l’ancien partenaire de Nicolas Hulot, parle cash lorsqu’on l’interroge sur l’avenir de notre planète. En juillet dernier, à peine sorti des profondeurs de la Méditerranée, où il est resté confiné 28 jours par 120 mètres de fond dans une station pressurisée, il a reçu Outside chez lui, dans le petit village de Mauguio, non loin de Montpellier, pour un long entretien. Eclairant, à l’heure où la mobilisation pour le climat s’intensifie.

Ici pas de portail. Dans le jardin un peu en friche, la longue table est encore encombrée de matériel de plongée, un chaton s’y fraie tranquillement son chemin. Au-delà des roubines entourant la petite propriété nichée au bout d’un chemin, à quelques kilomètres de la place du village de Mauguio, on imagine l’étang de l’Or et la mer toute proche.  Laurent Ballesta réinvestit peu à peu les lieux, et jouit visiblement de l’espace et de la lumière qui inonde sa petite maison, largement ouverte sur la terrasse. Il y a quelques jours encore, il était plongé à 120 mètres de profondeur et partageait les 5m2 de son caisson pressurisé avec ses trois compagnons de l’expédition Gombassa 5, Thibaut Rauby, Yannick Gentil et Antonin Guilbert. Leur objectif : explorer sans limites pendant près d’un mois la zone des 100 mètres et révéler les fonds luxuriants et encore méconnus de la Méditerranée. Un défi scientifique et sportif inédit, une aventure humaine aussi. 

Descente vers les profondeurs avec l’ascenseur ( Laurent Ballesta, GOMBESSA V, Planète Méditerranée)

Dix-huit ans qu’il murissait ce projet, dernier opus d’une série d’aventures scientifiques qui l’ont conduit à se frotter à une meute de requins gris en Polynésie et à des crocodiles au Botswana ; à plonger dans les eaux glacées de l’Antarctique ou encore à traquer le cœlacanthe, poisson le plus ancien de la terre. A 45 ans, dont 32 de plongée, ce passionné continue de suivre son fil rouge : réunir pour chacune de ses expéditions ce qu’il appelle ses « trois piliers « : un mystère scientifique, un défi de plongée et la promesse d’images animalières inédites. Mais cette fois, un nouvelle donnée s’est glissée dans cette équation, la naissance de sa fille, Elea, agée d’un mois seulement lors de sa descente vers les abysses. D’elle, il n’aura rien su pendant toute la durée de sa mission, comme convenu avec l’équipe. A l’exception d’un bref moment.

« Au cours de notre troisième semaine », raconte Laurent Ballesta, l’équipe de surface m’a informé qu’un scientifique voulait faire une conférence vidéo avec moi … et la caméra s’est éclairée sur Elea, ma fille. Ca m’a fait bizarre. Une heure après, j’étais dans l’eau, à 120 mètres, pas vraiment présent pendant quelques minutes.


A 19 ans, j’imaginais avoir un garçon, que j’amènerais faire tout ce que mon père n’a pas pu faire. Et puis les années ont passé … A 45 ans : j’avais fait une croix sur les enfants. Plus les années passaient, plus avoir un enfant devenait une totale contradiction avec mes convictions profondes en matière d’environnement, d’écologie, d’avenir. Je ne crois pas une seconde à ce qu’on rétablisse la barre dans le bon sens.  Je veux bien qu’on me surprenne, et ça ne m’empêche pas de trier mes déchets et de faire de la sensibilisation.  Mais les plus beaux combats sont ceux que l’on croit perdu d’avance. Alors autant faire quelque chose d’honorable, et ne pas sombrer dans le cynisme. Mais il est hors de question que je donne de l’espoir ou du désespoir. Un jour le maire de Mauguio, mon village, m'a dit: « Ce qui est bien avec vous, c’est que vous nous faites rêver, mais avec de la réalité ». J’ai trouvé ça génial ! Quand on fait rêver, on peut vite baratiner et embrouiller les gens. Moi, je revendique d’essayer de les faire rêver, mais en leur racontant des choses qui existent, qu’on a vécues. C’est ma seule ambition.

Donc à partir de là, avoir un enfant dans le contexte actuel, ça n’avait pas de sens. Après … on a tous des contradictions. A force de s’enfuir chaque fois qu’elles (les femmes, ndlr) parlent d’enfants. Ou de laisser pourrir les situations par lâcheté, elles finissent par partir forcément, même quand elles vous aiment. Mais le pire, une fois qu’on a cédé, c’est qu’on l’aime cet enfant …

Cette naissance, ça change quoi, au niveau de la prise de risque ?

Je ne suis pas un trompe la mort, pas du tout.  Quelle que soit l’activité, de l’alpinisme ou autre, il y a une certaine marge, et tant qu’on y reste, on est à l’abri d’un risque important.  Bien sûr il y a ceux qui s’amusent à jouer à s’approcher de la marge. Bravo, si vous n’avez pas peur de mourir ! Respect ! Mais pas d’estime. J’ai de l’estime quand au lieu de se rapprocher de la marge, les gens la font reculer. Avec mon équipe, c’est ce qu’on essaie de faire. Pas de prendre plus de risques que les autres, mais de trouver les solutions techniques et l’entrainement physique pour repousser la marge. Dès lors, en mettant tel ou tel protocole en place, en appliquant telle nouvelle technique, je peux faire ce qui hier était risqué. C’est ce que nous faisons depuis des années en plongeant très profondément, puis en plongeant longtemps ; en descendant dans des eaux très froides, ou avec des animaux dangereux. Et maintenant encore, avec ce dernier projet.

J’ai besoin de me sentir dans une situation d’engagement,  qu’il y ait une part d’inconnu. Mais cette part d’inconnu, je la recherche pas tant par goût du risque, que parce que c’est ma meilleure source d’inspiration. Je sais que dès que je suis dans le rouge, dans mes retranchements, quand je commence à me sentir fébrile, c’est là que je sors le meilleur de moi-même, que je fais les meilleures images et raconte les meilleures histoires.  J’ai besoin de ça. Si vous m’envoyez demain aux Maldives sur un site sublime où il n’y a rien de nouveau, je ne ferai pas de photos plus belles que les autres photographes. 

Là où j’arrive à faire quelque chose d’original, c’est quand je sens qu’on a franchi un petit pas vers des territoires qui n’ont pas été visités, des animaux qui n’ont jamais été montrés. Dès qu’il y a cette part d’inconnu, c’est là que je sens que ce qu’on fait a du sens.

Je suis un rêveur, mais un rêveur réaliste. Je refuse de me raconter des bobards. Donc si je veux avoir à nouveau les émotions que j’avais à huit ans quand je plongeais à Carnon, sidéré devant un crabe … je dois être honnête avec moi-même et me mettre dans cette situation où je repousse mes limites.

J’en vois tellement qui nous baratinent avec leurs explorations, leurs aventures et qui misent tous sur le fait que le public ignore que ça déjà a été fait 3 milliards de fois. Moi, pour que je me sente bien, il faut que je sois persuadé de l’authenticité de la démarche.

Du coup, vous devez mettre la barre de plus en plus haut, non ?

Oui, mais avec cette règle-là. En mettant en place l’entrainement et le matériel qui permettent de passer largement cette barre. Pas de la passer border line, non. Sinon il n’y a pas de quoi être fier. 
Le meilleur exemple, c’est la plongée de 24 heures faite à Fakarava (aux Tuamotu, ndlr), en 2014. 24 heures à 20 mètres. Techniquement, c’est une plongée qui est bien plus engagée qu’une plongée à 100 mètres. La plupart des plongées à 100 mètres sont des aller-retours qui ne durent pas très longtemps en profondeur. Une fois qu’on a passé plusieurs heures à 20 mètres, le retour n’est plus possible qu’avec des manœuvres très complexes. On était vraiment dans la recherche de solutions techniques, car selon la règle de base, 20 mètres = 20 heures, on considère qu’on a atteint la saturation, le vase est plein. A partir de là, les paliers sont les mêmes, qu’on reste 24 heures ou 20 jours , c’est le même tarif de décompression.

Donc, quand on arrive à saturation, il y a des règles très simples, établies par la plongée industrielle depuis les années 60 : un mètre à l’heure. Mais on avait l’intuition avec mes camarades que ces règles étaient empiriques, valables peut-être pour la plongée à très grande profondeur, parce que là on n’a pas tellement le choix de ce que l’on respire. Il faut beaucoup d’hélium pour éviter la narcose et l’essoufflement, et peu d’oxygène pour éviter l’épilepsie et les brulures pulmonaires.

Mais à vingt mètres de profondeur, on peut respirer plein de cocktails différents. En jouant là- dessus, on s’est dit qu’on pouvait sans doute réduire ces vingt heures de décompression. Et on est passé de vingt heures à deux heures. C’était énorme et nouveau. 

Au final, tout s’est bien passé. Et je ne suis pas sorti de là rincé comme un marathonien. Je ne suis pas un apnéiste qui bat des records de profondeur -j’adorerais faire quelque chose comme ça - il nous apporte du rêve. Mais il reste le seul à pouvoir accomplir cet exploit. Nous, ce que nous avons fait, c’est arriver à démontrer quelque chose que désormais tout le monde peut appliquer.

A quoi pourra-t-on précisément l’appliquer ?

A l’observation biologique par exemple. Je crois qu’il y a beaucoup de biologistes marins qui trouvent normal que tout experts qu’ils soient, ils n’aient passé que quelques minutes dans la mer. Que connaîtrait un botaniste de la forêt tropicale s’il n’y passait que vingt minutes par jour, sans dépasser l’orée du bois ? Il n’en connaîtrait rien. Avec la plongée de 24 heures, nous disons : 'Messieurs les biologistes, entrainez-vous un peu. Maintenant, c’est facile !'  En 24 heures sur le terrain, ça peut faire de meilleures observations. 

On a franchi une étape et montré qu’on peut travailler des heures et des heures jusqu’à  120 mètres de profondeur avec une sérénité suffisante pour faire des travaux scientifiques, des illustrations, de la prise de vue …

L'expédition Planète Méditerranée a permis aux plongeurs de faire des explorations de huit heures à grande profondeur (Laurent Ballesta, GOMBESSA V, Planète Méditerranée)

Pourquoi avoir choisi la Méditerranée comme terrain d’expérience ?

Tout simplement parce que si je ramène des choses extraordinaires des fonds au large de Marseille ou de La Ciotat, là, je vais vraiment surprendre. Bien sûr la Méditerranée est une des mers les plus polluées, mais en découvrant ces fonds incroyables qui existent encore, peut-être les gens vont-ils se dire « mais comment est-ce possible qu’on ne l’ait pas vu ? ». L’outil que nous avons mis en place prendra alors toute sa dimension.

Il fallait que je fasse la démonstration sur un endroit que l’on croit connaître. Et j’avais envie aussi de redorer le blason de la Méditerranée, présentée comme la poubelle de notre société. Enfin, cette histoire de plongée à saturation trotte dans ma tête depuis 18 ans. Je ne vais pas aller à me déprimer en plongeant dans les sites les plus dévastés. J’ai précisément choisi un itinéraire où j’allais m’en mettre plein les mirettes, et plonger sur les sites les plus beaux, les plus difficiles d’accès. Alors, le bilan de mon voyage, c’est le bilan d’un amoureux. De quelqu’un qui veut voir les choses comme il veut les voir. J’ai envie de voir la Méditerranée comme elle est, belle. Donc dans ce film, il n’y aura pas beaucoup d’images de pollutions. 

Et, souvenez-vous, en 1972, le commandant Cousteau a dit : « La Méditerranée est morte ». Moi je suis né en 1974, mais ma passion est née ici, à Carnon. Il y avait donc encore matière à s’émerveiller, à l’époque. J’ai fait quatre expéditions majeures en Afrique du Sud, en Polynésie et en Antarctique, maintenant mes partenaires me font confiance et peuvent me suivre. C’était le moment de me lancer dans quelque chose qui n’était pas gagné. L’occasion enfin de rendre à la Méditerranée un peu de ce qu’elle m’a donnée. Ca sonne un peu pompeux, non ? Mais c’est vrai.

Comment vit-on ces 28 jours de confinement ?

On a vécu un sacré truc, plein de paradoxes. Le plus dur, le plus fort, ce sont les changements d’états permanents. Passer d’un état de passivité totale à l’intérieur du caisson - l’équipe de surface gère notre alimentation, notre récupération - à un état trop intense de responsabilité, une fois à l’extérieur, en plongée. Ce sont de grands écarts psychologiques. Physiquement, c’est pareil. Dans la station, l’ambiance est tropicale, humide, suffocante, alors que la plongée est une plongée polaire. Le fait de respirer cet hélium nous glace les os, j’en ai encore les doigts insensibles. Ces changements d’états sont une sacrée expérience, un peu rude. Dans mon rêve d’il y a 18 ans, je n’avais vraiment pas imaginé ça !

Laurent Ballesta, sur l'une des couchettes du bas. Au fond, Antonin Guilbert, l'un des trois autres plongeurs, dans le minuscule espace vestiaire, douche et WC (Laurent Ballesta, GOMBESSA V, Planète Méditerranée)

Quel est le rapport au temps dans un aussi long huis clos avec trois compagnons ?

Le temps passe très, très, vite. Il y a ces plongées, exaltantes, incroyables. Et dès qu’on sort de là, il faut remplir tes besoins primaires : manger. Autant que tu peux, tant tu as laissé de calories dans l’eau. Tu manges, tu dors, et après tu as encore beaucoup de temps. On lit énormément. J’ai lu en 28 jours ce que je lis habituellement en 6 mois.  J’ai relu « Les racines du ciel », et aussi « Ermites dans la Taïga »,  une incroyable histoire vraie, écrite par un journaliste russe. « Trafiquants d’épaves » de Stevenson, quelques San Antonio aussi, histoire d’avoir quelques blagues misogynes à raconter. Et quelques essais. « La poésie sauvera le monde », de Jean-Pierre Simeon. Il fallait quand même un peu de délicatesse dans cette expédition pleine de gros bras et de technique, un peu de poésie. La poésie sauvera le monde … et elle sauvera aussi notre expédition, sinon ce sera juste une histoire de gros moyens. 

Justement, avez-vous pu atteindre vos trois objectifs, et réunir ces fameux « trois piliers » ?

Oui, avec la photo incroyable de l’accouplement de calamars de grande profondeur. Elle réunit un comportement animalier, l’esthétisme de l’image et … c’est un scoop, quoi !

J’ai eu une chance incroyable. C’était ma première plongée, j’étais complètement en vrac. J’ai demandé qu’on me mette deux appareils photo seulement, j’avais déjà tellement de choses à régler par ailleurs. C’était plus l’occasion de faire un test, notamment avec un appareil que je ne connaissais pas bien. On sort de la tourelle, l’eau est très trouble, on a une peur bleue de s’éloigner et là, sous la tourelle, je vois des silhouettes énormes : des calamars. Les males font un mètre de long . Ils sont sept à tourner ensemble. Ils n’arrêtent pas de s’attraper, de s’accoupler. Les femelles glissent sous les rochers, pondent leurs œufs, remontent. On est restés plus de deux heures et demie à les observer. C’est nous qui sommes partis. Eux ont continué à jouer. J’avais un appareil photo que je ne maîtrisais pas bien, une des commandes s’était bloquée : une seule photo est bien sortie.


Pour en savoir plus sur l'expédition Gombessa 5 - Planète Méditerranée

https://youtu.be/4PvUZPZosxA
Préparation de l'expédition (YouTube)
https://youtu.be/fUiLhAk505c
Qui sont ces 4 habitants de la station bathyale ? (YouTube)
https://youtu.be/-haUVGWwPO0
Le dernier jour de plongée (YouTube)

Comme avec les précédentes expéditions, Gombessa V fera l'objet d'un film documentaire long-format à découvrir sur Arte, d'une exposition et d'un livre, qui dévoileront en 2020 les découvertes réalisées par l'équipe de Laurent Ballesta.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Kārlis Bardelis
Maxime Dewilder

Kārlis Bardelis, premier homme à traverser l’Atlantique et le Pacifique à la rame, s’est fait la belle pour toujours

La rédaction

De la protection des océans au ministère : Catherine Chabaud, 1e femme à boucler un Vendée Globe, reprend la barre 

Vitomir Maricic
Sylvie Sanabria

29 minutes sans respirer : Vitomir Maričić repousse les limites de l’apnée 

7 causes défendues par la communauté outdoor en 2024
La rédaction

7 causes défendues par la communauté outdoor en 2024

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications