54 heures et 10 minutes, c’est le temps qu’il aura fallu à l’Américaine de 37 ans pour réaliser une première: traverser quatre fois la Manche sans interruption. Si elle est une habituée de la nage en eau libre, son parcours reste singulier et semé d’embûches. Elle prouve une nouvelle fois que le corps humain est une véritable machine d’endurance.
Une nageuse expérimentée
Ce n’est pas la première fois que Sarah Thomas se lance dans les eaux froides qui séparent la France et la Grande-Bretagne. Après s’être mise à la nage en eau libre en 2007, elle a traversé la Manche à deux reprises en 2012 et 2016.
Tout juste sortie d’un cancer
Celle qui vit dans le Colorado, aux États-Unis, sort tout juste d’un long combat contre un cancer du sein. Elle a terminé le traitement l’année dernière. La natation s'est révélée être son alliée dans ces moments difficiles, a confié sa mère à la BBC. La nageuse a dédié sa réussite à “tous les survivants” de la maladie.
80 km de plus que prévu!
Sarah Thomas a mis 54 heures et 10 minutes pour boucler ces quatre traversées. Soit environ un total de 210 km, nagés à 3,9km/heure de moyenne. La trajectoire de l’Américaine fut loin d’être parfaite, comme on peut le visualiser sur la carte ci-dessous. De forts courants l’ont chahutée tout au long de son défi, l'obligeant à parcourir 80 km supplémentaire. Dans des conditions plus clémentes, un tel parcours ne ferait "que" 128 km.

Eau salée et méduse
Au-delà de l’effort physique, Sarah Thomas a confié une fois sur la terre ferme que la principale difficulté a été l’eau salée qui lui a rapidement irrité la bouche et la gorge. Par ailleurs, elle s’est fait piquer au visage par une méduse, ce qui n’a pas arrangé les choses.
Boisson protéinée et caféine
Comment se nourrir sur un tel effort ? L’Américaine n’a utilisé qu’une boisson de récupération protéinée enrichie en électrolytes ainsi qu’en caféine pour lutter contre la somnolence. L’équipe qui la suivait lui lançait une bouteille accrochée à une corde à des intervalles réguliers de 30 minutes.
La Manche : la mer des nageurs de l’extrême
Si Sarah Thomas est la première à réaliser quatre traversées de la Manche consécutivement, de nombreux autres défis ont déjà eu lieu dans cette zone. La première tentative date de 1872, on la doit au Britannique J.B. Johnson, mais elle se solde par un échec. Son compatriote Matthew Webb est le premier à rallier l’autre rive en 1875, en 21 heures et 45 minutes.
Depuis, le record de vitesse a été battu de nombreuses fois. À ce jour, le plus rapide reste l’Australien Trient Grimsey, en 6h55, performance réalisée le 8 septembre 2012.
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