Alors que les stars du surf bataillent pour une qualification pour les JO, se déroule à Biarritz ce week-end une épreuve historique destinée à la jeunesse. Créée en 1966, elle a été pour beaucoup un tremplin vers les sommets de la discipline. Enfants, deux de nos meilleurs Français, Édouard Delpero et Pauline Ado, y ont participé. Interview.
De Gaulle était encore Président de la République lorsque Jo Moraiz, l’un des pionniers du surf en France et créateur de la première école dédiée à ce sport, organisa pour la première fois “La compétition des Têtards”. L’histoire parle d’elle-même. En plus d’un demi-siècle, cette épreuve aura vu passer bon nombre de futurs talents de la discipline.
Réservée au moins de 14 ans, elle accueille ce week-end encore plus de 200 participants venus des quatre coins du monde : Europe, Amérique latine, Maroc, Sénégal, Antilles, La Réunion. Elle s’inscrit cette année dans le cadre de la fête du sport et de la journée olympique.
Édouard Delpero, champion du monde par équipe de longboard
Comment t’es-tu mis au surf ?
C’est mon père qui nous a initié avec mon frère (Antoine, lui aussi pratiquant de haut niveau) lorsqu’on avait 8-9 ans. Il n’y avait pas de surfeur avant lui dans la famille. Rapidement on s’est pris au jeu, et c’est comme ça que la passion est née.
Quels sont tes souvenirs de "La compétition des Têtards" ?
C’est l’une des toutes premières compétitions auxquelles j’ai participé. J’en ai de super souvenirs, l’ambiance est vraiment sympa. D’autant que j’ai eu la chance de plutôt bien me débrouiller donc ça permet d’apprécier d’autant plus. Cette épreuve est vraiment intéressante, car elle permet de se confronter à toute la nouvelle génération. C’est un peu celle qui m’a vraiment lancé. J’ai ensuite intégré le Pôle espoir de Bayonne.
Malheureusement je ne pourrai pas m’y rendre cette année (Édouard est à Malibu pour la Surf Redik), mais généralement j’aime bien y faire un tour pour voir les nouvelles générations. Je pense qu’on garde tous un attachement particulier à cette compétition.
Quels sont tes projets ?
J’ai créé avec mon frère une école de surf sur la Côte des Basques. On peut dire que je suis un local désormais. Je sors des championnats du monde où nous avons remporté l’or par équipe. Je suis en ce moment sur la Surf Redik, une compétition parallèle au circuit mondial de la WSL, qui débutera fin août.
Pauline Ado, championne du monde 2017 ISA
Comment t’es-tu mise au surf ?
Dans ma famille, on ne faisait pas de surf, mais du sport, oui : du vélo, de la rando, et on allait à la plage. Avec des copains, à Hendaye, j'ai essayé le bodyboard, j'ai tout de suite été mordue, les sensations arrivent vite. A huit ans, j'étais sur une planche, en club à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantique. Rapidement les compétitions ont commencé. Et tout s'est enchaîné : l'équipe de France à 13 ans et le titre de championne du monde junior à 15. Le rêve pour moi qui ai toujours adoré voyager seule.
Quels sont tes souvenirs de "La compétition des Têtards" ?
Pas facile, cette première compétition ... J'avais 9 ans et je n'étais pas très fan de ces moments là. Je ne comprenais pas vraiment comment faire ce que l'on me demandait. Dans ces épreuves, il faut composer avec la météo, la vague qu'on peut attraper, ou pas. Or moi, j'avais déjà à coeur de bien faire, en surf comme à l'école, et ce n'était pas si simple.
Mais un an plus tard, au Cap Breton, j'ai gagné ma première compétition et avec, mon premier sponsor. Pour une gamine de cet âge, c'est énorme!
Aujourd'hui, si je devais donner un conseil à un tout jeune, ce serait de ne pas penser à la compétition, mais de prendre du plaisir et de viser la belle performance, de se fixer de bons objectifs personnels. Enfin, facile à dire avec du recul! D'autant que contrairement aux Australiens ou aux Californiens, les jeunes Français baignent rarement dans une "culture surf". Là bas, ils surfent avant de savoir marcher!
Reste que j'ai d'excellents souvenirs de cette période de ma vie. J'ai même gardé ma première planche, une 6.1 d'occasion, avec une décoration de papillons. Pas trop mon truc, les papillons, j'étais un peu garçon manqué à l'époque.
Quels sont tes projets ?
Je rentre d'Afrique du sud où se déroulait l'Open of surfing WQS 3000. Cette année j'ai bien sûr en tête la qualification pour les JO. Une première pour le surf qui devrait changer le regard du public sur ce sport.
Après? Qui sait ... Mon Bac en poche, j'ai misé sur le surf, c'était risqué, mais il faut savoir oser ! Plus tard, j'envisage de suivre une formation, pas forcément de longues études mais j'ai envie de transmettre, d'accompagner pour atteindre un objectif. Coach? Pourquoi pas, si j'en ai le talent.
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