L’histoire de Chris McCandless ne cesse de fasciner le monde. Plus de trente ans après sa mort, une équipe de conservateurs a donné une nouvelle vie au fameux Bus 147, où le jeune Californien a passé ses derniers instants. Le tout à travers une exposition fascinante, qui devrait ouvrir ses portes au public début 2025. Elle retrace la vie de Chris, mais aussi celle de l'Alaska moderne, de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui. Notre journaliste a pu la découvrir en exclusivité.
18 juin 2020. Carine McCandless reçoit un appel du ministère des ressources naturelles de l'Alaska. Le bus abandonné dans lequel son frère a vécu ses derniers instants "se balance actuellement dans les airs", apprend-elle.

À ce moment-là, elle n’a pas la moindre idée de ce qui va se passer. Ce qu’elle sait en revanche, c’est que le véhicule, stationné à environ 30 kilomètres de l'autoroute la plus proche, est source d'inquiétude pour les autorités locales depuis des années. Trop de visiteurs, inspirés par l'histoire de son frère, s’étant mis en difficulté en tentant d'accéder au site. Ce qui avait nécessité un grand nombre de sauvetages officiels et officieux. Deux jeunes femmes étaient notamment décédées en tentant de traverser la Teklanika, la rivière glacée qui avait empêché Chris de rejoindre la route alors que ses réserves de nourriture s'épuisaient.
Il aura fallu attendre la pandémie de COVID-19 pour que quelqu'un au sein du gouvernement local décide de déplacer le bus. Tout en essayant de jouer la carte de la discrétion. Mais même au fin fond de l'Alaska rural, les nouvelles vont vite. Difficile de ne pas remarquer le célèbre bus en vol. Si bien que des images sont rapidement devenue virales.
« Nous comprenons l'emprise de ce bus sur l'imagination populaire » devait expliquer le ministère peu de temps après. « Mais, il s'agit d'un véhicule abandonné, en mauvais état. […] Mais qui, plus important encore, coûtait la vie à certains visiteurs. D’où notre choix de le déplacer ».
« L'histoire est terminée maintenant », écrivais-je alors. Mais je m'étais trompée. Un nouveau chapitre venait tout juste de commencer.

De la Seconde Guerre mondiale à Fairbanks
Les origines du bus sont floues. On sait qu'il a été construit par International Harvester, une entreprise américaine aujourd'hui disparue qui a prospéré durant la première moitié du XXe siècle, rivalisant avec Ford et John Deere. Principalement spécialisée dans la fabrication de tracteurs, elle s’était lancée dans les achats militaires pendant la Seconde Guerre mondiale. Et, parallèlement à une série de véhicules blindés de transport de troupes, de camions de transport de marchandises et d'autres véhicules militaires, elle a commencé à fabriquer des autobus pour le transport de passagers.
Mais on ne retrouve aucun numéro de série sur ce véhicule. La faute à la rouille. Nous savons cependant que ses pneus, montés sur des jantes en deux parties, étaient des pneus militaires datant de 1947. Et sa peinture d'origine était un gris-vert militaire. Il est donc probable que le bus soit entré sur le territoire américain au lendemain de la guerre. Peut-être a-t-il servi de moyen de transport sur une base militaire pendant un certain temps.
Il a ensuite reçu une nouvelle couche de peinture, le jaune-orange vif propre aux bus scolaires des États-Unis. Quelque temps plus tard, il a encore été repeint, dans les tons blanc et vert familiers à ceux qui ont suivi l’histoire de Chris McCandless. Et a été utilisé comme autobus urbain dans la ville de Fairbanks, en pleine expansion.
Un bus qui retrace l’histoire de l’Alaska
Quand l’Alaska est, en 1959, officiellement devenu un État, il y a eu un afflux d'argent pour la construction et l'amélioration des routes. C'est cette époque que le bus a été endommagé et retiré du service public. À partir de là, son histoire est plus facile à retracer.
Le moteur a été retiré et un énorme crochet de remorquage a été soudé sur le devant du véhicule. Entre 1959 et 1960, Jess Mariner, membre d'une équipe de construction routière, a acheté la carcasse restante, ainsi qu'un autre vieux bus. L’idée ? Loger sa femme et ses enfants pendant qu'il travaillait sur un projet financé par les nouveaux subsides du gouvernement. À savoir l'amélioration de la Stampede Trail, une route visant à faciliter l'accès à la mine d'antimoine. Mais lorsqu'une roue avant s'est détachée de son essieu, probablement au début de l'année 1961, la famille a déménagé et le bus a été abandonné.
Rapidement, il s'est vu attribuer une nouvelle fonction. L'ancien camion des Mariners est devenu une cabane informelle à usage public. Un abri pour les gens qui traversaient la région chaque automne. Les habitants ont ajouté des matelas aux sommiers métalliques nus et, à un moment donné, le poêle à bois vertical des Mariners a été remplacé par un poêle horizontal. Près de trente ans plus tard, tout a changé.

Chris McCandless, un personnage qui divise
Fin 1992, le numéro de janvier 1993 d'Outside US a commencé à arriver dans les boîtes aux lettres et les kiosques à journaux du monde entier. Il comprenait un long article de Jon Krakauer. « La mort d'un innocent » retraçait l’histoire d’un jeune vagabond aventureux de la banlieue nord de la Virginie, Christopher J. McCandless. Il avait disparu de chez lui et traversé le continent sous le pseudonyme d'Alexander Supertramp. Après de nombreux mois sur la route, il avait atteint l'Alaska au cours du printemps 1992, et avait fait de l'auto-stop jusqu'aux abords du mont Denali (6190 m). De là, il s'est enfoncé en pleine nature. Avec l'intention de vivre de la terre. Chris s'est alors installé dans un bus abandonné. Il y est mort à la mi-août. Son corps a été retrouvé par des chasseurs d'élan début septembre.
L'article a fait sensation. Jon Krakauer écrira plus tard qu’il « a généré plus de courrier que n'importe quel autre article » dans l'histoire d'Outside.
Peu de temps après cette publication, les pèlerinages ont commencé. Ils ont augmenté de façon exponentielle lorsque le film est sorti. Le nombre de visiteurs est passé de quelques dizaines à des centaines. L'arrivée des réseaux sociaux a probablement aussi contribué à pousser les randonneurs vers le bus.
Il s’avère que c’est une histoire qui a beaucoup divisé. Beaucoup admiraient Chris McCandless ou reconnaissaient en lui leur propre désir d'aventure. Tandis que d'autres critiquaient, parfois très durement, ce qu'ils considéraient comme son inexpérience et son manque d'humilité face aux exigences de l'Alaska. S’ajoutent à cela, été après été, les sauvetages coûteux et les deux décès - le premier en 2010, le second en 2019. Il s'agit certainement du véhicule le plus clivant de l'histoire de l'Alaska.
« Il s’agit d’un objet très puissant »
« Les informations locales ont immédiatement parlé du déplacement du bus par hélicoptère », raconte Pat Druckenmiller, directrice du musée du Nord de l'université d'Alaska (UAMN). Un bâtiment distinctif au cœur du campus de Fairbanks, situé au sommet d'une colline, qui offre une vue sur le Denali et le large rideau de la chaîne de l'Alaska. « Je sais que je n'étais pas la seule personne dans ce bâtiment à avoir eu la même pensée en voyant les images de ce jour-là dans les médias ou en entendant la nouvelle à la radio », déclare-t-elle. « Qu'est-ce qu'ils vont faire du bus ? »
À l'UAMN, l'intérêt était évident. Et il est allé bien au-delà du personnage de Chris McCandless. « Le bus est fascinant en soi », raconte Pat Druckenmiller. « Il a le pouvoir de raconter des histoires sur l'Alaska, son peuple, sa culture et son histoire naturelle, qui y sont toutes liées de différentes manières. Et puis, il avait un public, un niveau de célébrité inégalé par rapport à tout ce qui se trouve dans la collection du musée. Pour moi, il s'agissait donc d'un objet très puissant ».
Ses liens avec l'accession à l'État, l'armée, le boom de l'après-guerre, l'exploitation minière, la construction de routes, la chasse et l'aventure en plein air font du bus 142 un véritable témoin des grands moments de l'histoire moderne de l'Alaska. Mais amener le bus à l'UAMN était délicat, car il restait controversé. Ses détracteurs n'allaient certainement pas apprécier qu'il fasse l'objet d'une nouvelle attention. Et les fans ne concevaient toujours pas pourquoi on l'avait extrait de son environnement.
« Cette exposition, c'était l'étape suivante »
Quelques semaines après le retrait du bus, l'équipe du musée a appris que l'UAMN avait été choisie pour en assurer la garde. Le défi consistait désormais à monter une exposition prouvant la valeur de l'objet au plus grand nombre. Un processus à la fois physique et intellectuel. Le personnel du musée a alors décidé de constituer une équipe consultative pour l'aider à réfléchir à la manière de présenter le bus et son rôle dans l'histoire de l'Alaska.
Carine McCandless s'est imposée comme l'un des premiers noms sur la liste. Devenue un point de contact important pour les admirateurs de son frère, elle reçoit des milliers de courriels et de lettres. Et elle intervient souvent dans les écoles et les universités, où son livre et celui de Jon Krakauer sont présentés ensemble.
Dès qu'elle a entendu parler de l'enlèvement, Carine a su qu'elle devrait probablement servir de pont entre les autorités de l'Alaska et la communauté d’ « Into the Wild ». Avec son ami Erik Halfacre, ancien randonneur et guide en Alaska, elle a créé une association à but non lucratif, « Friends of Bus 142 » (« Amis du Bus 142 »). « Cette exposition, c'était l'étape suivante », explique ce dernier.
Carine et Erik ont donc naturellement rejoint le conseil consultatif du musée. Il en va de même pour Mickey Mariner Hines, qui a vécu dans le bus enfant. (Jess Mariner a également filmé le bus à l'époque, une ressource précieuse pour le personnel du musée et qui fait désormais partie de la collection). Ils ont été rejoints par deux journalistes locaux qui avaient écrit sur le bus, quelques historiens, un biologiste du parc national de Denali, des citoyens des tribus voisines et plusieurs membres du personnel du musée. Ensemble, ils devaient concevoir l'exposition en tenant compte d'un certain nombre de paramètres.
L’accès intérieur du bus limité aux visites guidées
Le bus devrait être visible par tous. C’est l’une des exigences de l'accord avec l'État. D'autres garde-fous ont été imposés par l'ampleur du projet. « En raison de sa taille, il devrait être exposé à l'extérieur », explique Roger Topp, directeur des expositions du musée. « Il faudrait construire un abri pour le protéger des pires intempéries de l'Alaska et effectuer des réparations pour que l'intérieur reste étanche et sec ».
Le bus sera donc placé dans un abri ouvert derrière le parking du musée, accompagné de panneaux d'interprétation sur le site et le long du sentier qui y mène. Tout le monde pourra visiter, observer et même toucher l'extérieur du véhicule. Mais l'accès intérieur sera limité aux visites guidées.
La seconde exposition, beaucoup plus petite, se trouve dans l'une des galeries principales du musée. Elle met en valeur des objets provenant du bus et liés à celui-ci qui sont trop fragiles pour être laissés sur place. Les gardes nationaux ont pris soin de préserver les objets laissés à l'intérieur et ceux qui avaient été éparpillés autour du véhicule au fil des ans. Ceux-ci sont arrivés au musée dans deux grandes caisses qui ont depuis été cataloguées et stockées.
Ils forment un curieux mélange : des hommages à Chris et à son histoire - un billet d'un dollar à moitié brûlé, un capteur de rêves, des drapeaux de prière tibétains - à côté d'objets vraisemblablement utiles laissés sur place pour un randonneur qui pourrait en avoir besoin, notamment une lampe de poche, une truelle en plastique et des blocs d'allumage de feu. La collection comprend également une chaise de camping pliante (celle sur laquelle Chris s'est assis pour réaliser son autoportrait) et le matelas sur lequel il est mort.
« Pourquoi le monde se préoccupe-t-il tant d'un jeune homme et tend-il à en ignorer tant d'autres ? »
S’ajoute à cela une dimension numérique. Et si les expositions intérieures et extérieures ne seront pas ouvertes avant 2025, certains éléments virtuels sont déjà en train de se mettre en place. Della Hall, responsable du projet pour la phase de conservation, a passé plusieurs jours à passer au peigne fin toutes les surfaces du bus à la recherche de graffitis, en prenant des photos numériques de chaque gravure ou tag. Les quelque 700 photos ont été rassemblées dans un album en ligne, où les visiteurs sont encouragés à revendiquer leur tag et à raconter l'histoire de leur visite.
Un album qui s'adresse à une communauté déjà fortement investie dans le bus. Mais l'exposition aura une portée beaucoup plus large, examinant l’histoire de l'Alaska depuis sa colonisation. Elle explorera notamment le rôle de l'exploitation minière et de la construction de routes dans la création de l'intérieur moderne de l'État. Elle évoquera également les 1 500 personnes disparues, dont un nombre disproportionné d'autochtones. Et posera une question embarrassante : « Pourquoi le monde se préoccupe-t-il tant d'un jeune homme et tend-il à en ignorer tant d'autres ? ». Il s'agira également d'examiner le rôle de la littérature, de livres comme Into the Wild, dans la formation des idées culturelles sur l'Alaska.
L'idée est d'utiliser le bus comme un prisme, chaque facette éclairant un autre aspect d'une histoire beaucoup plus vaste.
Un travail de conservation colossal
Je me suis récemment rendu dans l'énorme laboratoire d'ingénierie de l'université de l'Alaska à Fairbanks. C’est là que les travaux de conservation du bus ont été achevés. Après des années de lecture, de réflexion et d'écriture sur le bus, après avoir regardé des photos et visionné le film, j'allais enfin le voir de mes propres yeux.
Une fois face à lui, j’ai été prise au dépourvu par l'incroyable familiarité de l'objet lui-même. Je connaissais ce bus. Je connaissais sa peinture rouillée, verte et blanche, ses taches jaunes dues à l'ancienne couche de peinture. Ou encore son toit arrondi et ses ailes bombées. Mais surtout ses lettres noires émoussées : FAIRBANKS CITY TRANSIT SYSTEM.
Le bus était exactement comme je m'y attendais. Et le musée aimerait qu'il le reste. C’est pourquoi il a reçu, en octobre 2022, une subvention de 500 000 dollars du programme Save America's Treasures, financé par le gouvernement fédéral, pour effectuer les travaux nécessaires sur le bus. Cela lui a permis d'engager un groupe de restaurateurs experts de la société B. R. Howard and Associates, basée en Pennsylvanie.
Dans la terminologie muséale, restaurer un objet signifie revenir en arrière, apporter des modifications dans le but de le ramener à un état antérieur. Si tel avait été le but, ils auraient pu utiliser les informations dont ils disposaient - photos, images, souvenirs des personnes ayant visité le site au fil des ans - pour faire apparaître le bus tel que Chris l'a trouvé en 1992. Ils auraient également pu remonter le temps jusqu'à la version abandonnée sur la piste au début des années 1960. Mais au lieu de cela, ils ont effectué un travail de conservation. Soit maintenir le bus dans l’état où il est aujourd'hui.
La rouille, une préoccupation majeure
Les premiers travaux ont concerné peinture. Car cette dernière, exposée à des décennies d'hivers en Alaska, s'écaillait aussi bien à l’extérieur qu’à l'intérieur. Dans le bus, chaque surface était couverte de messages laissés par les visiteurs. Leur préservation nécessitait donc de s'occuper de chaque écaille.
« C'était un peu comme des cornflakes », explique Brian Howard, restaurateur en chef. « La peinture était très cassante, se soulevait, mais adhérait encore faiblement au support métallique ». L'équipe a donc appliqué un consolidant liquide. L’idée ? Maintenir la peinture en place. Puis a repassé les écailles pour obtenir une couche lisse. À certains endroits, il a fallu utiliser une seringue et procéder flocon par flocon. Brian Howard se souvient avoir passé deux jours sur un seul mètre carré.
Autre préoccupation majeure : la rouille. Toutes les parties exposées ont dû être brossées pour éliminer l'oxydation de surface avant qu'une couche de résine acrylique puisse être appliquée. Et il ne s'agit pas de quelques morceaux. Il y avait de la rouille à l'intérieur du bus, sur le capot et sur l'ensemble du châssis.
« L'élimination de la corrosion sous le bus a nécessité beaucoup de minutie », précise Brian Howard. Le dessous était recouvert de couches de boue datant des années 1950, et toute cette terre croupie retenait l'humidité. L'équipe de restauration a passé dix jours allongée sur le dos, à enlever la saleté et la rouille à l'aide de brosses métalliques avant d'appliquer la résine protectrice.
Un processus de conservation ayant nécessité d’innombrables décisions
De janvier à avril 2023, les restaurateurs ont enlevé les mousses et les lichens de ses gouttières, arraché les anciennes couches de moquette pourrie, de linoléum et de contreplaqué au sol (en préservant un échantillon de chaque, puis en installant un nouveau plancher en contreplaqué et en linoléum), et ont tout documenté au fur et à mesure.
Un processus qui a nécessité des dizaines de décisions individuelles. Chacune influençant la manière dont le public va découvrir le Bus 142. Les quatre trous béants percés dans le toit et le plancher pour permettre l'évacuation du bus par hélicoptère étaient les plus flagrants. Ils devaient disparaître. Tout d’abord parce que bus devait être étanche avant de pouvoir être exposé à l'extérieur. Les panneaux métalliques découpés ont donc été remis en place et la peinture sur et autour d'eux a été restaurée. L'équipe du musée a toutefois décidé de laisser visibles les lignes où les panneaux ont été découpés. Telles des cicatrices laissées par une opération chirurgicale, elles rappellent que le vol de départ fait désormais partie de l'histoire du bus.
Ensuite, il y a eu le 142 qui est apparu en chiffres noirs près du sommet du bus, du côté du conducteur. Il était visible sur l’autoportrait pris par Chris McCandless sur sa chaise de camping. Et apparaît souvent sur les photos prises par les visiteurs du site. Mais au moment où le bus a été héliporté hors de la piste du Stampede, le numéro avait été soigneusement et minutieusement effacé pour tenter de dissimuler son transport par les airs.
La magie du Bus 142
Avec la visite de cette exposition, les éléments de l'histoire de Chris qui n'avaient jusqu’alors jamais eu beaucoup de sens pour moi – son mépris total pour la conformité, sa volonté d'aller toujours plus loin dans l'aventure, sa volonté de disparaître dans une nouvelle vie – ont résonné en moi.
Je me suis alors souvenue de l’interview, réalisée il y a dix ans, d’un homme qui avait parcouru à plusieurs reprises le Stampede Trail (sentier où se trouvait le bus). Selon lui, le bus possédait une sorte de magie spirituelle, une capacité mystique à apaiser ses visiteurs. Il attribuait ce pouvoir à Chris lui-même. À l'époque, en entendant cela, j'ai probablement dissimulé un sourire. Mais aujourd'hui, je m'interroge.
Car c'est peut-être là que réside toute la magie de l’arrivée du Bus 142 au Musée du Nord. Ne serait-ce pas l'occasion pour tous ceux qui visitent l'exposition de mieux comprendre cette histoire complexe ? Pour ceux qui viennent chercher quelque chose de personnel, ce serait un moyen de découvrir la longue histoire de ceux qui se sont aventurés dans le Nord dans le but de se découvrir. Et pour ceux qui ont d’abord levé les yeux au ciel à l’évocation de cette histoire, d'apprécier l'impact qu'il a eu sur d'innombrables personnes dans le monde entier.
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