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Fred Horny en VTT au Kirghizistan 2019 (Richard Bord)
  • Aventure
  • Vélo

Fred Horny : « Le Kirghizistan ? Un trip fou d’un point de vue humain et vélo »

  • 6 février 2020
  • 8 minutes

La rédaction Outside.fr Fred Horny

Quand Fred Horny - ex-pilote de haut niveau en cross-country et descente, aujourd’hui vététiste à plein temps - nous a dit qu’il y avait certainement « quelque chose à faire en VTT au Kirghizistan, une zone bien roulante mais peu connue du grand public », l’idée nous a tout de suite parlé, à Outside. Au retour de son périple, il nous a confié des extraits de son carnet de route. Récit.

Ce trip dans l’ancienne république soviétique, Fred y pensait depuis deux ans sans trop savoir à quoi s’attendre, tant le terrain est encore quasiment vierge pour les amateurs de VTT. Seule certitude, il allait falloir pédaler fort, le voyage ne serait pas forcément une partie de plaisir et exigerait une volonté de fer. Pas de quoi arrêter cet Alsacien d’origine, aussi à l’aise en compétition de skis qu’en VTT cross-country (coupes de France et d’Europe), ou en vélo de descente. Après une belle carrière de pro, il vit depuis quatre ans du VTT, parcourant la planète quand il n’est pas sur les pistes de Val d’Isère, son port d’attache. Pas déplaisant comme vie !  
Son principe ? Voyager, réaliser des premières et faire au passage de belles rencontres humaines. Le tout sur quatre gros projets par an, entre lesquels ils glissent quatre autres « petits » périples. 

Le Kirghizistan, terra incognita pour lui jusqu’alors, entrait dans la première catégorie : deux semaines en autonomie avec Richard Bord, photographe pour l’agence Elite qui, lorsqu’il ne shoote pas les défilés, enfourche volontiers son VTT pour aller rouler avec Fred sur tous les sentiers de la planète. Déjà trois voyages à leur actif. Les dates posées - ce serait août 2019- leur plan se résumait à « no plan !». Ils n’ont pas été déçus.

Bien au-delà de l'exploit sportif Fred Horny privilégie les rencontres (Richard Bord)
(Google)

Il aura suffi d’une rencontre à l’arrivée dans la capitale, Bichkek, avec Stéphane, un Savoyard installé au Kirghizistan depuis plus de 25 ans où il tient une guest house, pour que l’idée d’une belle boucle de 5 à 7 jours, se dessine, raconte Fred Horny. 

Le départ : Sommets de 5000 m et chevaux sauvages

(Richard Bord)
(Richard Bord)
(Richard Bord)
(Richard Bord)

« Dima, notre chauffeur, nous gratifie d’un dernier au revoir depuis le campement de Kok Boulak (2300 m). Aïtoo, notre hôte, l'un des derniers aigliers encore en activité dans le pays nous salue alors que nous entamons les premiers coups de pédale de ce qui s’annonce comme la grosse aventure de ce trip à vélo : 5 à 7 jours à travers les plus hautes montagnes kirghizes, au milieu de glaciers et sommets de plus de 5000 mètres. 

Ce matin là, le mercure n’excède pas les 5°. Il est 7h30, le soleil rayonne à peine face à nous, et le camp de yourtes de notre dresseur d’aigles n'est bientôt plus qu’un pointillé dans un décor sauvage. Les courbes vertes des pâturages, esquissent l’horizon d’un lac bleu azur qui semble avaler l’énorme glacier le surplombant sur la côte Nord, là où les Russes et Kazakhes branchés vont dépenser des sommes folles dans des cocktails mondains. Un grand écart de mentalités d’à peine 60 km. Pour rien au monde nous n’échangerions notre place, et, ça tombe bien, cette jeunesse dorée gonflée au champagne et au jet ski, probablement non plus. 

Fixée au guidon, ma tente 2 places ultralight. Le contrat est simple : Richard, mon ami et photographe, transporte le matériel de production d’images, je suis chargé de la nourriture et d’une partie des équipements pour la nuit. Contrairement à notre habitude, nous emportons peu de provisions, car les locaux nous l’ont affirmé : de l’autre côté du terrible Ashhu, un col qui surplombe les 4000m, nous allons croiser des nomades et des camps de yourtes, où nous trouverons facilement un coin pour dormir. Avant ça, l’ascension de 1750 m de dénivelé positif risque de chatouiller les poumons.

Alors que notre progression au milieu de hordes de chevaux sauvages mène bon train sous un soleil doux, la tempête semble jouer avec nous et les reliefs montagneux alentours. Nous l’apprendrons bien plus tard, mais au même endroit, dans moins de trois jours, plusieurs groupes d’explorateurs seront contraints de rebrousser chemin à cause des torrents de boue déferlant sur une terre trop sèche. Nous croisons deux motards allemands qui envisagent le col en Africa Twin, parachutées tout droit des années 90. Quelque temps plus tard, c’est au tour de deux cyclotouristes hollandais de venir à notre rencontre : ' - Gagnez du temps, n’essayez même pas de passer, le col est tout bonnement impraticable.'
OK, merci pour l’info. Mais, par principe (et orgueil, sans aucun doute), nous allons tout de même y jeter un œil.

Quinze minutes plus tard, l’équipée germanique revient à notre hauteur. Là-haut, c’est bien trop délicat pour des engins aussi lourds à manœuvrer. Nous poursuivons notre ascension, et à environ 3600m d’altitude, nous tombons sur deux sherpas accompagnés de clients suisses à dos de cheval. Le couple helvète est dans la panique, choqué par la dernière section technique qu’il vient de passer. Le « cimetière des chevaux », à environ 100 m du but ultime, est en effet un dédale de pierres délicatement posées sur une pente de 30°, basée elle-même sur les restes d’un glacier bleu vif. Le tout sur 20 / 25 mètres de large qu’il faudra traverser. Pas d’échappatoire. La rigolade, après une montée de 5 heures ... On passe, mais la boule au ventre.

De l’autre côté, où l’herbe est bien plus verte, le soleil nous gratifie d’une chaleur dont nous n’aurions même pas osé rêver. Hormis quelques carcasses de chevaux, pas d’âme à l’horizon… Si ce n’est, Kuku, petit bout de femme originaire de Bishkek, la capitale, maniant parfaitement la langue de Molière (!). Rencontrée aux sources d’eau chaude de Jilu Suu, elle nous trouve de quoi casser la croute et nous posons notre campement au bord la rivière. Kuku a pour habitude de venir ici chaque mois d’août, pendant 15 jours, avec mari et enfant, pour soigner les rhumatismes provenant d’une vieille blessure au genou. Finalement, en cette journée qui s'annonçait sous de mauvais augures, le plus dur sera bien de nous baigner dans l’eau d’une source soufrée avoisinant les 45°.

En route : Sauvés par des Kirghizes, surgis de nulle part

(Richard Bord)
(Richard Bord)
Fred Horny en VTT au Kirghizistan 2019 (Richard Bord)
(Richard Bord)
(Richard Bord)

Au réveil, dilemme. Pourquoi partir en exploration sur des sentiers même pas indiqués sur les cartes topographiques, alors qu’un beau chemin de 4x4 nous offre l’accès à Nahryn ? Stéphane, le Français qui nous avait généreusement tendu la main à notre arrivée à Bichkek, n’avait de cesse de le répéter : ' - Mefiat! Ca parait juste à côté, on touche du bout du doigt la montagne voisine, mais en réalité pour l’atteindre il faut deux jours de marche… c’est comme ça le Kirghi'.
Mais la montagne est là, imposante et tentante. On se lance.  Alors que les silhouettes de Kuku et sa famille s’estompent, les trois lacs de Teshik Köl se dessinent sous nos yeux, vases communicants d’une eau glacière froide et pure. 

Teshik Köl désormais dans les rétroviseurs, une gigantesque moraine surgit, surplombée par le Teshik Pass (3750 m). La dizaine de kilomètres avalée sur un sentier sublime nous laisse submergés par l’émotion. Moment parfait et … nous perdons le fil. Plus que des prés et des amas de roche autour de nous. En bas, une énorme rivière glaciaire d’environ 40 mètres de large. Quid de sa profondeur ? Faudra-t-il la traverser ? Heureusement des Kirghizes, surgis de nulle part, nous indiquent le bon chemin.

Dix minutes plus tard, nous voici au bord du cours d’eau. Puissant, large, glacé et potentiellement profond, il me fait regretter de ne pas avoir un bout de corde de survie au fond du sac. Tergiversation, petite engueulade d’équipiers, puis on se jette. L’eau monte jusqu’au bassin. Le courant forcit à mi-chemin, mes appuis sont incertains. Ça passe. On reprend notre chemin, le soleil dans la nuque. Il est trop tôt pour dormir dans la vallée suivante, et l’orage menace en cette fin d’après-midi. Mais à trente kilomètres, un village pointe sur la carte. Topologie assez plate. C’est parti, on y sera dans une bonne heure si tout va bien. C’est sans compter sur un vieux démon ressurgissant de l’un de mes premiers voyages : Le fameux « plat Népalais ». La carte semble inoffensive, plate comme un œuf version Sunny Side Up, et pourtant ça n’arrête pas de monter et redescendre. Même la carte la plus précise aurait beaucoup de mal à décrire ces irrégularités qui font le charme d’un lieu si sauvage. 

Parvenus au lieu-dit Narhyn. Pas de signe de vie. Mais dans une cour, un père « traite » le mouton suspendu par les pieds, sous les yeux de ses deux enfants. Il prendra le temps de nous vendre de quoi nous hydrater et grignoter. Le charme de ce village nous prend aux tripes. Il y a peu, nous étions dans une plaine comparable à la base d’une steppe verdoyante, nous voici maintenant au milieu de falaises de terres noires. Fascinant.
La nuit nous appartient désormais. Quinze minutes plus tard, notre abri de toile est solidement monté dans le jardin d’un vieil homme dont nous partageons le « chaï », accompagnés de beignets, beurre maison, fromage et infusions de plantes. La famille est d’origine russe, leurs papiers estampillés CCCP (URSS) attestent d’un passé riche d’expériences.

Au petit matin, alors que Richard effectue sa toilette matinale dans cette rivière qui doit tutoyer les 5°, j’attaque le premier entrainement de vélo avec le cadet des petits enfants. Il y a quelques minutes encore, la grand-mère battait le lait, la crème et le beurre. Tout tourne ici au ralenti, les sourires et les échanges n’en sont que plus sincères. Le départ de la maison sera lent, très lent, ce matin-là… Nous nous quittons, les larmes aux yeux. La visite du Kirghizistan, dont nous rêvions depuis si longtemps, commence sérieusement à ressembler à un grand coup de pied aux fesses sur l’échelle des valeurs humaines.

Le retour :  "Mon périple le plus inattendu"

(Richard Bord)
(Richard Bord)
(Richard Bord)

Il nous faudra deux jours pour rejoindre Dima, notre chauffeur russe qui nous avait laissés cinq nuits plus tôt de l’autre côté de cet énorme massif montagneux. Au loin, le ciel orange pose son couvercle sur les premières montagnes chinoises. Le pilote, au volant de son énorme Toyota Sequoia, est visiblement ému. Jusque là il n’avait rien laissé transparaître. Il nous avoue qu’il s’est fait du souci pour nous. En cas de problème, nous n'aurions eu aucun moyen de le prévenir.

Installés sur les rives du lac Son Kul (3000m), sur une des plus vastes plaines d’altitude du pays, la nuit se passe cette fois ci dans une yourte traditionnelle. La veille, on s’offrait une descente de crête face au coucher de soleil jusqu’au lac, rencontrant au passage Swan, berger qui tentera vainement de marchander le boitier photo de Richard contre son cheval. 

Que dire à tous ceux qui seraient tenter d’explorer à leur tour le Kirghizistan ?  De tous mes périples, c’est sans doute le plus inattendu, le plus surprenant. Le plus fou aussi sur le plan humain et vélo.  A tenter absolument, pour ses paysages changeants, ses sentiers sortis de nulle part, tellement adaptés à la pratique du vtt, grâce au labourage régulier des chevaux, ce qui compense largement le manque de cartes. A tenter aussi pour toutes les mini-expéditions possibles dans des coins peu pratiqués, si ce n’est par les nomades dont l’accueil est bouleversant d’humanité. Mais, gardez aussi en tête que ça reste de la haute montagne, comparable à une virée dans le Queyras … en version XXL !", conclut Fred.


A peine remis du Kirghizistan, Fred Horny a enchaîné sur un périple en Russie. Et si 2019 aura été une année intense, 2020 promet de l’être plus encore.  Dans son agenda : Le tour de l’Elbrouz, toit de l'Europe culminant à 5641 m, par tous les cols les plus hauts. Le Nevado Ojos del Salado, volcan situé dans les Andes, sur la frontière entre l'Argentine et le Chili. Un périple en Colombie britannique et un autre en Iran à l’automne. De quoi rapporter de superbes images à découvrir en photos et films dans les festivals de films d’aventure.


Envie de partir sur les traces de Fred?

Il nous a confié la liste de son matériel. Du pro, éprouvé au cours de multiples périples aux quatre coins de la planète.

(Richard Bord)

Micro doudoune Picture
Cache-cou Mavic Cosmic Graphic
Coupe vent / H2O Mavic essential
Coupe vent sans manches Mavic essential
Maillot Mavic Deemax Sam Hill 2 LS
1 boxer pour le confort
Sous couche laine LS Mavic coldride
Sous couche NS Mavic hotride
T-shirt Lapierre, pour le style
2 paires chaussettes Mavic Deemax
Maillot Mavic Deemax SS
Short Mavic XA pro
Gants Mavic essential
Sous gants Mavic merino
Lube Mucoff Ceramic
Undershort Mavic Deemax
Pantalon Salomon Bonatti
Chaussures Mavic xa pro matryx

Carte kirghize 1:750000
Iphone8
Batterie Xmoove 15000
GoPro Fusion
GoPro Hero 7 black
5 batteries
Pochette étanche pour papiers Sea to summit
Crème solaire

Tente MSR Hubba Hubba 2
Duvet Millet light down 0Sac Millet Ubic 35
Rainbag Millet
Sac compression Topeak Bikamper pour guidon
Sac compression 10L sea to summit
Trousse secours Aptonia
Bidon compressible Salomon
Pompe LP
Casque Mavic Deemax red wine
Lampe black D à piles LR6
Julbo stream photochromic
Sangles Seatosummit 1,2m
Multitool LP 21
Chambre à air
Rustines tubeless
Rislans

Et ... du fromage de Kumiss !?!


Non seulement Richard Bord a un sacré coup de pédale - assurer aux côtés de Fred Horny n'est certainement pas de tout repos - mais en plus il est parvenu à tirer un superbe reportage photos de leur périple au Kirghizistan. Un grand merci!

Richard Bord (Fred Horny)

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