Le célèbre parachutiste et base jumper autrichien est décédé jeudi 17 juillet à l’âge de 56 ans dans un accident de paramoteur sur la côte adriatique italienne. Il s’était fait connaître en 2012 grâce à son saut depuis la stratosphère.
Selon les médias locaux, l’accident s’est produit à Porto Sant’Elpidio, une station balnéaire située à environ 270 kilomètres au nord-est de Rome. Aux commandes d’un paramoteur – un aéronef ultraléger équipé d’une voile et d’un moteur dorsal – Baumgartner aurait perdu le contrôle de son engin avant de s’écraser dans la piscine d’un hôtel. Un employé de l’établissement a été blessé dans l’impact.
Le maire de la ville, Massimiliano Ciarpella, a confirmé la nouvelle sur les réseaux sociaux.
« Notre communauté est profondément bouleversée par la disparition tragique de Felix Baumgartner, une figure de renommée mondiale, symbole de courage et de passion pour le vol extrême », a-t-il écrit.
Son sponsor de longue date, Red Bull, a également publié un communiqué :
« C’est avec une immense tristesse que nous avons appris la disparition de notre ami Felix Baumgartner. Né pour voler, il n’a cessé de repousser les limites. Felix était aussi méthodique que passionné, jamais imprudent, toujours professionnel. Il a inspiré des milliers de personnes et donné de son temps avec générosité ».
Une tête brûlée qui voulait marquer l’histoire
Baumgartner s’est illustré dans les années 1990 et 2000 par une série de sauts spectaculaires depuis des bâtiments emblématiques. En 1999, il établit un record mondial en sautant depuis les tours Petronas, à Kuala Lumpur. Il enchaîne ensuite avec un saut depuis le Christ Rédempteur, à Rio, ou encore du viaduc de Millau en France et de la tour Turning Torso en Suède.
« J’ai toujours recherché des défis que personne n’avait encore relevés », expliquait-il sur le site de Red Bull. « Parce que même si tu te blesses, tu auras fait quelque chose d’unique. Parfois, il faut souffrir, traverser le feu, mais ça doit en valoir la peine ».
C’est en 2012 que son nom entre dans la légende, avec le projet Red Bull Stratos. Depuis une capsule tractée par un ballon stratosphérique, il saute à 39 000 mètres d’altitude, battant trois records mondiaux : le plus haut vol habité en ballon, le saut en chute libre depuis la plus haute altitude, et la vitesse la plus élevée jamais atteinte sans moteur – 1 342 km/h. La chute libre dure 4 minutes et 19 secondes.
La vidéo du saut, retransmise en direct sur YouTube, attire 9,5 millions de spectateurs. Une prouesse technologique autant qu’humaine, dont le coût avait été estimé par Outside à 65 millions de dollars. Pourtant, l’exploit frôle la catastrophe : une minute après avoir sauté, il se met à tournoyer de façon incontrôlable. Un mouvement potentiellement fatal, qui aurait pu lui faire perdre connaissance. Il parvient néanmoins à se stabiliser et termine son vol en douceur, non loin de Roswell, au Nouveau-Mexique.
« La pression était énorme », confiait-il ensuite à Outside. « On a mis beaucoup plus de temps que prévu, car il fallait construire un véritable studio télé pour la retransmission. Et avoir une caméra en permanence, ce n’est pas ce qu’il y a de plus simple ».
À l’issue de cet exploit, il annonce arrêter les projets extrêmes :
« Je prends officiellement ma retraite », déclarait-il au sol.
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