Les aventuriers de l’expérience « Deep Time », sortis de la grotte de Lombrives samedi 24 avril après 40 jours coupés de tout repère temporel, ont permis de collecter des milliers de données scientifiques. À la clé, des découvertes sur les capacités d’adaptation de l’homme face à l’absence de repères fondamentaux de la société moderne, mais aussi une remise en question du mode de recherche scientifique. Interviewé par Outside, le chef d’expédition Christian Clot raconte ses premières observations - et comment Deep Time pourrait bouleverser le futur des humains.
Se réadapter face à un bouleversement majeur du rythme de vie : nous avons tous dû y faire face depuis le début de la pandémie de Covid-19. C’est aussi l’un des paramètres étudiés auprès des quinze participants de la mission « Deep Time », confinés pendant 40 jours dans un grotte à 400 mètres de la surface, à Lombrives (Ariège). Privés de lumière naturelle et surtout de tout repère temporel, ces aventuriers ont dû apprendre à réorganiser une vie collective, basée sur les cycles biologiques de chacun.
Deux règles étaient de rigueur : l’interdiction de réveiller qui que ce soit - ce qui aurait perturbé l’analyse du cycle naturel de chaque participant - et obligation de produire un travail. Exploration de la grotte, aller puiser de l’eau, analyser la biodiversité ou encore cartographier l’espace : nombreuses étaient les tâches à réaliser. Le tout, en reconstituant une vie en communauté harmonieuse.
Christian Clot, chef d’expédition dans la grotte, est aussi un pilier de l’exploration en milieux extrêmes, et de la recherche sur le comportement d’adaptation de l’homme. Il est d’ailleurs le fondateur de l’Adaptation Institute - qui a mené la mission « Deep Time ». À peine sorti de sous-terre depuis 48 heures, son regard aiguisé nous indique déjà les premiers éléments qui pourraient inspirer la science de demain, dans une interview réalisée ce matin.

Deux jours après votre sortie de la grotte, comment vous sentez-vous ?
Personnellement je me sens bien, mais la fin d’une mission est toujours un moment compliqué quand on a été coupé du monde. On se sentait bien dans la grotte, on a vécu une belle mission. Maintenant, on est partagé entre deux sentiments. Il y a à la fois ce plaisir de retrouver les gens qu’on aime, revoir le soleil et le ciel bleu ; mais aussi une forme de regret que la mission soit déjà terminée.
Lorsqu’on est venu nous chercher, nous en étions à notre 30ème cycle en moyenne - ce qui équivaut à un ressenti de 30 jours. Ça a été une vraie surprise d’apprendre que l’expérience était finie, et nous avons tous cette sensation de ne pas l’avoir totalement terminée. On avait encore plein de projets pour les jours à venir, on était dans une phase très productive, et soudainement, tout s’arrête. Il faut faire face à une sorte de deuil de fin de mission, qui n’est pas encore fait.
Mais je suis très fier de ce que nous avons fait. Tout le monde est en bonne santé, et tout le monde avait envie de rester dans la grotte, ce qui montre que ça s’est bien passé.

Il est encore trop tôt pour connaître les résultats des études scientifiques, mais quels enseignements peut-on déjà tirer de la mission ?
Effectivement, cela mettra des mois avant de commencer à analyser les milliers de données enregistrées. Mais en tant que chef de mission, j’ai observé l’évolution dans la grotte de manière différente - évidemment, ce sont des premières observations empiriques, ce n’est pas encore prouvé, mais j’ai remarqué trois éléments étonnants.
Tout d’abord, on nous a enlevé la notion du temps, qui est l’un des marqueurs les plus importants de la société moderne. On pouvait s’attendre à des grandes difficulté de vie, de fonctionnement du groupe humain. Dans un certain sens, ça a été le cas : il y a eu très rapidement une grande désorganisation. Chacun et chacune vivait à son propre rythme, mais il fallait néanmoins qu’on produise un travail. Et je crois que c’est ça la plus grande différence avec les autres missions qui ont pu être réalisées avant, on n’était pas là juste pour se laisser vivre pendant 40 jours, mais rester dans nos rythmes respectifs tout en produisant un travail collaboratif, ce qui nécessitait d’être ensemble à certains moments.
Ce qui a été plaisant à observer, c’est qu’on est arrivé, aux alentours du 20ème cycle, à former une société qui a réellement commencé à fonctionner, tout en gardant nos rythmes personnels. Cette synchronisation nous a permis de produire le travail qu’on avait à faire, c’est-à-dire les travaux scientifiques, l’étude de la grotte, faire sa topographie et son nettoyage. C’est satisfaisant de remarquer que malgré l’absence de marqueur temporel - l’un des piliers de la société - on a réussi à collaborer en tant que groupe et mener des travaux d’une très grande qualité. C’est une très bonne nouvelle, dans un certain sens, car jusque là, on pensait que l’un de nos plus grands paramètres de synchronisation était biologique - comme l’estomac, qui nous indique quand il faut manger. À travers cette mission collective, on est en train de constater que le besoin cognitif peut prendre le pas sur cet aspect biologique.
Deuxième élément, c’est constater que le groupe a bien fonctionné, avec ce désir commun de vivre ensemble aussi bien que possible. La constitution du groupe était très diversifiée, avec des participants novices - et j’insiste là-dessus - ce qui n’était pas évident. Ça démontre que si demain les choses changent dans nos vies, la société normale pourra s’adapter, et non pas uniquement une poignée de spécialistes. Si on avait fait la mission seulement avec des gens similaires, avec le même parcours professionnel et la même vision des choses, je ne pense pas que l’expérience aurait fonctionné. La diversité est ce qui permet d’avoir des idées nouvelles, et on en aurait manqué. Là, nous avions un groupe paritaire, mixte, venant d’origines sociales différentes - ce qui nous a permis de toujours trouver des solutions. C’est peut-être la deuxième leçon de cette expérience : on ne peut faire fonctionner un groupe en coopération, de manière efficace, que s’il est suffisamment divers.
Enfin, je dirais que dans l’ensemble, les participants sortent avec l’impression d’avoir vécu une expérience assez facile - et c’est quelque part peut-être la plus belle réussite. On a eu l’impression que c’était facile parce qu’on a eu une bonne organisation, la mission était bien préparée, et surtout, c’est la qualité de chaque participant qui a facilité le tout. On vivait quand même dans des conditions particulières, avec 100% d’humidité, 10°C de température - et encore une fois cette anomie temporelle. Maintenant, on pourrait essayer de comprendre le lien entre le temps, et les origines du stress. L’une des questions posées lors de la préparation de la mission était : pourquoi autant de monde, lors des confinements à cause du Covid-19, a eu des difficulté d’adaptation temporelle ? Cette impression de perte de notion du temps, c’est quelque chose qu’on va sûrement pouvoir mieux comprendre avec cette mission. On s’est rendu compte que ce n’était pas forcément la perte du temps qui a été la plus grande difficulté, mais l’absence d’organisation. C’est en mettant en place une certaine organisation qu’on a retrouvé le sentiment de se sentir bien ensemble. Dès qu’on a pu mettre en commun une pensée, un but, tout est redevenu possible. C’est un point important : dans les moments de difficulté ou de confinement, il faut mettre en place une organisation qui permette aux humains de retrouver une raison de fonctionner.

Maintenant, quelles sont les données les plus surprenantes à étudier pour les scientifiques ?
On a accumulé énormément de données, ne serait-ce que pour l’humain, on s’est intéressé à la haute cognition comme à la génétique, en passant par la sociologie, la chronobiologie, la nature du sommeil, la sensorialité… On a enregistré tant de données que le danger serait de créer un préjugé d’analyse.
De mon point de vue, je pense qu’on aura des résultats très intéressants sur la mémoire, sur la manière de se servir du souvenir pour créer une image du futur. Quand on n’a plus certains éléments, il faut les recréer par l’imaginaire. Aussi sur le sommeil : comment chacun a modélisé son sommeil ? Qu’est-ce qui faisait qu’on allait se coucher ou pas, comment dormait-on ?
Enfin et surtout, sur l’organisation sociale d’un groupe - rarement étudié dans ces conditions. C’est peut-être le plus important : on est un groupe humain qui s’est retrouvé face à des positions de vie totalement nouvelles. Comment ce groupe s’est organisé, comment un leadership s’est-il mis en place ? Ce sont des réponses qui aideront à réfléchir aux futures organisations humaines, soit sur Terre face aux nouveaux changements du futur, soit dans l’installation de nouvelles missions - par exemple on parle de la Lune pour 2024, de Mars pour 2030… Ce ne sont que des chiffres pour l’instant, on verra bien si on y va vraiment, mais si ça se réalise, il faudra bien organiser socialement les groupes.

Justement, comment s’est passée la vie en collectivité dans la grotte ?
Cette vie en collectivité a subi plusieurs étapes. D’abord, le jour où on est rentré, il y avait énormément d’excitation. Pendant les 10 premiers jours, il a fallu installer notre système de vie, et former les gens. Car nous étions dans un milieu où il fallait évoluer sur corde, notamment pour aller chercher de l’eau en rappel - or beaucoup des participants n’avaient pas connaissance de ces techniques. Ça a été très actif pour arriver à ce que tout le monde soit en capacité d’évoluer. Et c’était intéressant de voir ce partage entre les plus expérimentés et ceux qui l’étaient moins. Ce moment-là a beaucoup soudé l’équipe. Ça a permis de voir que chacun avait des compétences qu’il pouvait partager.
Puis il y a eu une deuxième phase, avec les premières fatigues et les effets de l’absence de temps. Je dirais qu’on est rentré dans une phase apathique. Pendant cinq ou six cycles, le groupe a eu du mal à travailler, à produire, à créer des choses. On était souvent coincés par l’hésitation, comme un bloquage intellectuel face à la situation. Au bout d’un moment, on s’est remis en question, et ça nous a servi de moteur pour se remettre en route.
On est donc entrés dans une troisième phase, où petit à petit tout le monde s’est remis au travail, mais aussi à créer une nouvelle synchronicité dans le groupe. Jusque là, on avait des gens réveillés 24 heures sur 24, sans vraiment de cohérence globale. À ce moment-là, on a recréé une coordination, sans passer par des injonctions ou des réveils de force. C’était une phase équilibrée, très productive, qui malheureusement s’est terminée à l’annonce de la fin de l’expérience, mais qui aurait pu continuer très longtemps. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on a réussi à atteindre ce niveau de synchronisation collective tout en gardant un rythme personnel. C’est peut-être ce qui nous manque aujourd’hui dans la société de tous les jours : vivre à des rythmes un peu plus raisonnables pour les humains, tout en restant productifs pour la société.

À quoi servira cette expérience pour notre quotidien ?
Il y a plusieurs niveaux. Le premier est celui des systèmes organisationnels humains : comment un groupe peut-il se réorganiser face à des conditions nouvelles ? C’est une question de plus en plus d’actualité, même à l’échelle de la vie en entreprise - il faut se réinventer pour survivre aux conditions économiques actuelles induites par la crise ; et ces transformations poussent à réfléchir à un moyen de conserver la productivité des humains, sans qu’ils se trouvent en situation de pénibilité. Car la plus grande des pénibilités est mentale, cognitive. Il faut beaucoup de finesse dans l’organisation du groupe pour trouver les meilleures méthodes pour pousser l’humain à produire mais avec moins de pénibilité et de stress.
Ensuite, malheureusement si les périodes de confinement ou de restrictions perdurent, il faudra trouver des solutions pour mieux vivre ces situations. On l’a bien vu en 2020, on a plus ou moins bien vécu le premier confinement, mais après c’est devenu très compliqué. 79% de la population s’est considéré fatigué mentalement en 2020 et je crois qu’aujourd’hui on n’en est pas sortis. Notre expérience pourrait permettre d’aider à mieux mettre en place les conditions de restrictions - et j’espère sincèrement que les prochains gouvernements sauront écouter les études scientifiques qui ont des réponses à donner face à ces situations. Il faut être clair, aujourd’hui on n’écoute que le côté purement médical des choses, et pas assez les sciences sociales qui ont énormément de choses à dire pour aider les populations.
Enfin, de manière générale, cette mission nous pousse à nous demander si c’est vraiment le temps qui nous définit. On a très peu de données pour comprendre comment le temps impacte et influe nos systèmes biologiques et cognitifs. Mieux comprendre ces questions pourraient aider les humains à mieux gérer leur temps dans le futur.

Jusqu’où peut-on encore pousser ce genre d’expérimentation ?
Durant cette mission, on a voulu créer un système de vie, et non pas de survie. Il y avait assez à manger, on était bien lotis. Après, on pourrait envisager par exemple de ne pas utiliser de grande lumière, mais seulement des lampes frontales ; ou d’aller plus loin dans les conditions climatiques - c’est d’ailleurs ce qu’on va faire dans de prochaines missions. On voudrait emmener certains participants de la mission Deep Time dans des milieux climatiques très complexes (forêts tropicales, désert, cercles polaires…).
Il serait aussi intéressant - et nécessaire d’ailleurs - de reproduire d’autres missions Deep Time, mais avec de nouveaux paramètres, pour voir ceux qui sont indispensables aux humains pour s’adapter et vivre dans des conditions différentes. Encore une fois, on parle d’aller sur la Lune en 2024, ou encore pour ceux qui vivent dans des sous-marins, dans des mines : toutes ces personnes qui vivent dans des conditions d’enfermement ont besoin de données pour les aider à mieux vivre. Et il manque énormément de travaux là-dessus.

Que vous a inspiré cette mission pour de futures recherches ?
Aujourd’hui on travaille encore trop dans les laboratoires fermés, où on paramètre toutes les données. Mais ce n’est pas la vraie vie ça. Il faudra beaucoup de nouvelles missions pour mener ça à bien. J’espère que, rapidement, on pourra reproduire le genre d’expérience qu’on vient de mener.
C’est aussi le but de la science : il faut reproduire plusieurs fois pour voir ce qui fonctionne le mieux. Avec l’Adaptation Institute, on a déjà plein d’autres idées en tête pour de futures missions. Dès la fin de l’année, si le Covid nous le permet, de nouvelles missions pourraient partir - pas forcément centrée sur la notion du temps, mais en étudiant d’autres contraintes, notamment climatiques, qui seront les prochains défis de l’espèce humaine. Il faut qu’on se pose des questions sur le changement climatique. On parle beaucoup du réchauffement, mais il y a aussi des régions qui vont se refroidir, d’autres où il y aura plus d’humidité ou moins d’eau, au contraire.
Il faut travailler sur les milieux climatiques les plus complexes pour l’être humain, et ceux qui sont les plus faciles - et là, on a très peu de données. Nous voulons emmener un même groupe d'êtres humains dans différents systèmes climatiques pour voir lesquels sont les plus impactants - et comprendre comment on arrive à se réadapter à chacun de ces milieux. Certains participants de cette mission Deep Time seront d'ailleurs de la partie.
Enfin, lors des prochaines missions Deep Time, il faudrait retravailler les origines des participants. Pour cette expérience, nous avons choisi sept femmes et huit hommes, de types caucasiens, vivant dans des pays occidentalisés. Demain, évidemment, il faut diversifier encore plus le prisme social des sujets étudiés, avec pourquoi pas mélanger des profils de plusieurs pays, ou encore de différentes cultures religieuses.

Quelles sont les limites à ce genre d’expérience ?
C’est toujours difficile à savoir car c’est souvent au moment où on atteint une limite qu’on se rend compte qu’elle existe. On ne peut pas comparer nos missions avec celles réalisées entre les années 1960 et 1980, notamment rendues célèbres par Michel Siffre. Elles avaient d’énormes qualités mais aussi d’énormes défauts, comme le fait que les participants n’étaient pas étudiés avant leur immersion. Nous, on étudie les personnes des mois en amont, on les forme sur les besoins de certaines tâches, et elles sont suivies plusieurs mois après. L’accompagnement est beaucoup plus complet.
Ce sont des méthodes différentes, avec une autre manière de prendre en compte les facteurs. Qui sont ceux que l’on emmène en mission, sont-ils novices ? Dans quels milieux vont-ils précisément ? Tous ces paramètres doivent être pris en compte pour déterminer les expérimentations en conditions réelles. Mais il est nécessaire de faire ce genre d’expérience, aujourd’hui on a perdu l’habitude d’étudier les humains en situation réelle. On croit que les simulations en laboratoire suffisent - et d’ailleurs on se fait même accuser par certaines personnes d’utiliser un biais, car on ne peut pas isoler les paramètres en situation réelle - mais la réponse est pourtant évidente.
À force d’isoler les paramètres, on crée le plus grand biais du monde : on ne sait jamais ce que l’humain vit en conditions réelles. On croit qu’on peut déterminer des solutions alors qu’on n’a pas étudié tous les paramètres dans les laboratoires. Il faut croiser les deux méthodes : d’un côté, lancer des études très paramétrées dans des simulations, et de l’autre, avoir le courage de le faire en conditions réelles. Et c’est vrai que ça demande beaucoup de responsabilité - quand j’emmène ces quatorze personnes dans une grotte, je suis entièrement responsable d’elles. S’il y a un problème, c’est à moi de l’assumer. Mais ça n’empêche pas qu’il est nécessaire de mettre en place ces protocoles d’études, qui s’affranchissent de certaines règles absolues de ce qu’on considère comme la science protocolaire aujourd’hui - mais qui est devenue presque un microcosme ingérable pour voir vraiment ce que les humains vivent.
Ce genre d’expérimentation remet-elle en question les méthodes scientifiques ?
Il faut arriver à créer une nouvelle science, qui s’affranchit des barrières entre les disciplines. Il ne faut plus se dire, par exemple, « ça c’est philosophique, alors que ça c’est biologique », etc. - pour arriver à une science qui soit celle de la vie, au sens large du terme, et de ce qui définit la vie pour les humains.
Le questionnement est profond, il touche l’ensemble des sociétés. Tout le monde est concerné par la question du modèle social du futur. C’est une question qui doit mélanger philosophie, sociologie, éthologie, et biologie. C’est la définition de notre futur qui est en train de se jouer. C’est important de réunir les experts de domaines différents pour réfléchir à la science de demain.
Encore une fois, la diversité est la clé majeure de la réussite d’une organisation sociale. La diversité des systèmes de société doit être prise en compte pour créer un système suffisamment malléable pour s’adapter à tous. C’est ça le défi : ne pas vouloir créer « le » système ; mais un système qui permette à tous les autres d’être corrélables entre eux.
Est-ce qu’on peut voir un parallèle inversé avec ceux qui partent dans l’espace, comme Thomas Pesquet qui a décollé vendredi dernier pour la Station Spatiale Internationale ?
Oui, absolument, c’est d’ailleurs pour ça que les groupes spatiaux comme la NASA s’intéressent à nos missions. Il y a beaucoup de parallèles à tirer entre l’isolement dans une grotte et des missions spatiales. La Station Spatiale Internationale (ISS) n’est peut-être pas le meilleur exemple, car il y a un niveau de confort trop éloigné de la vie réelle - on est dans une sorte de laboratoire qui est à 400 kilomètres de la terre.
Je ferais plus de comparaisons avec les premières personnes qui vont potentiellement s’installer sur la Lune. Là, on peut avoir des contraintes similaires dans le rapport au temps, avec des cycles différents de ceux de la vie sur Terre, il va falloir très rapidement que ces humains s’adaptent à de nouvelles conditions. Dans ce cadre-là, il y a des parallèles évidents entre ces missions en grotte. D’autant plus qu’aujourd’hui le plus gros problème de l’installation sur d’autres planètes, c’est le rayonnement solaire. Soit on construit des habitats extrêmement complexes et donc très couteux, soit on se sert du terrain naturel - et les meilleurs terrains pour se protéger du rayonnement solaire, ce sont les grottes. Il faut que toutes ces études soient mises en collaboration, que chacun apporte un petit bout de réponse.
Je pense qu’on entre dans une nouvelle ère - en tout cas je veux y croire - où les études que chacun faisait dans son coin, vont devenir de plus en plus collaboratives. Je crois qu’on va vivre une belle époque scientifique dans les années à venir.
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