Le Congrès argentin a adopté semaine dernière une réforme de la loi encadrant la protection des glaciers, ouvrant la voie à un redécoupage des zones glaciaires et périglaciaires jusqu’ici sanctuarisées et facilitant, de fait, l’expansion de l’activité minière dans la cordillère des Andes. Derrière ce qui est présenté comme une simple révision technique de la loi, les organisations écologistes dénoncent, dans un contexte de mobilisation inédite, un recul environnemental majeur. À l’heure où les glaciers reculent partout dans le monde sous l’effet du réchauffement climatique, leur statut en Argentine vient de basculer dans une relative indifférence internationale. Fidèle à sa rhétorique ultralibérale, le président argentin Javier Milei a ressorti la tronçonneuse, cette fois-ci pour s’attaquer à la loi de protection des glaciers et ouvrir plus largement la voie à l’industrie minière dans des zones jusque-là intouchables. Une victoire pour les grandes entreprises extractives, qui avaient tenté sans succès d’empêcher l’adoption de cette loi en 2010, et qui obtiennent aujourd’hui, seize ans plus tard, un affaiblissement décisif de ce cadre protecteur. Une loi emblématique fortement fragilisée Adoptée en 2010 après des années de mobilisation citoyenne et scientifique, la loi sur les glaciers, officiellement loi 26.639, reconnaissait l’ensemble des glaciers, mais aussi les environnements périglaciaires, les sols gelés de haute montagne, comme des réserves stratégiques d’eau douce. Elle interdisait toute activité susceptible d’en altérer l’équilibre : exploitation minière, hydrocarbures, infrastructures ou encore stockage de substances polluantes. Ces territoires, souvent riches en cuivre, métal clé pour la transition énergétique, étaient ainsi maintenus hors du champ de l’exploitation. Selon le dernier inventaire national réalisé en 2018 par l’Institut argentin de nivologie, de glaciologie et des sciences environnementales (IANIGLA), le pays compte près de 17 000 corps de glace, couvrant environ 8 484 km², soit l’équivalent de 41 fois la superficie de Buenos Aires. Désormais, avec la réforme adoptée, cette protection cesse d’être automatique. Chaque zone devra être évaluée au cas par cas, selon sa « fonction hydrique…
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