Notre journaliste vit avec trois énormes chiens tout en parvenant à conserver sa santé mentale intacte. Considérant que c’est déjà une réussite dans la vie, nous lui avons demandé de nous raconter comment il s’y prend.
“Ohla !”. C’est sans doute ce qu’on entend le plus souvent quand on sort promener les chiens. En même temps, Wiley, Bowie et Teddy ne sont pas juste des grands chiens : leur caractère et leur énergie sont proportionnels à leur taille. Les gens y voient un défi, et ils ont raison.
La base : un bon aspirateur
Pour une raison qui m’échappe, il y a toujours eu une forte corrélation entre les chiens qui me plaisent et ceux qui perdent beaucoup de poils. Les robes de nos chiens sont plutôt claires alors que les sols de notre maison sont noirs et brillants. Bien joué. On aurait difficilement pu trouver un revêtement sur lequel le tapis de poils serait plus visible.

Donc on a fait une folie et on a investi dans un truc sexy, le Dyson V8 Animal. Sans-fil, léger et maniable, il permet d’aspirer toute la maison en un clin d’œil, un seul passage par zone étant suffisant. Il a aussi un filtre en métal perforé qui empêche les bouchons de poils. Le seul entretien requis, c’est de vider le collecteur dans la poubelle. Rien que pour ça, j’estime qu’il vaut bien son prix : j’ai perdu beaucoup trop d’heures de ma vie à tenter de sortir les poils qui se coinçaient dans notre ancien aspirateur et à couper les boules de nœuds qui s’accrochaient à sa brosse.
L’utilisation du Dyson est devenue un rituel quotidien qui ne nous prend pas plus de 15 minutes. C’est gérable, mais les jours où l’on est débordé, c’est la goutte de trop. Pour tenir les poils en respect, nous avons aussi un robot nettoyeur de sol. Certes, il bâcle le boulot - le nôtre en tout cas - mais on compte sur lui pour un entretien régulier. Que la maison soit débarrassée de 80 % de poils chaque jour, même quand on n’y est pas, améliore considérablement de notre qualité de vie. On a opté pour le Deebot N79S d’Ecovacs (179,99€), un modèle qui fait bien son job.
Une alimentation saine

Je suis intarissable sur le régime alimentaire cru qu’on a choisi pour nos chiens. Et si j’insiste, c’est que cela nous facilite la vie sur trois plans essentiels.
D’abord, le coût. Avec un poulet de supermarché acheté entre 7 et 10 €, ma dépense mensuelle pour nourrir 120 kg de chien est d’environ 265 €. Ce qui revient moins cher que si on achetait des croquettes de qualité.
Ensuite, et tout aussi important : c’est mieux pour leur santé. Une diète crue bien pensée est la façon la plus saine de nourrir un chien. Et, comme pour les humains, un bon régime alimentaire est la meilleure médecine préventive qui soit. Nos chiens maintiennent leur poids de forme sans effort – ni de notre part, ni de la leur — et aucun n’a eu le moindre souci depuis qu’on a laissé tomber la nourriture industrielle. La première fois que je les ai emmenés chez notre nouveau véto, il m’a dit : "Bon, ben vous savez ce que vous faites." Puis on a parlé pêche pendant une demi-heure.
Pour finir, il y a le caca. Un chien qui mange de la viande crue, des abats, des os et des vitamines produit environ la moitié du volume de crottes d’un chien nourri aux croquettes. De plus, puisqu’on se parle franchement, les crottes sont plus fermes et se décomposent plus vite.
Beaucoup d’exercice

En les voyant galoper sans laisse à toute allure, certains doivent penser qu’ils se comportent de la même façon à la maison. Mais c’est justement parce qu’on les fait courir en liberté chaque jour qu’ils sont de bonne compagnie quand on rentre. À l’instant où j’écris ces lignes, il y a deux chiens qui font la sieste sur le canapé à côté de moi tandis que le troisième ronfle à mes pieds. Pourvoir aux besoins d’exercice physique d’un chien en fonction de sa taille, son âge et sa santé est la base pour avoir des animaux sages.
Des plaids bon marché en polaire

Nos chiens adorent squatter le canapé et dormir au lit avec nous. En ce qui concerne la perte de poils, la bave, les griffes et autre joyeusetés, c’est bien plus simple d’agir en amont que de réparer les dégâts. Sauf lorsqu’on a du monde à la maison, le canapé est protégé par des plaids en polaire un peu cheaps. Pareil pour leurs paniers, les sièges de la voiture et les tapis du chenil. On en trouve pour moins de dix euros, ils se lavent en machine et durent très longtemps.
Une poubelle en guise de voiture

L’intérieur de notre 4x4 Toyota est couvert de boue, il y a des feuilles, des branches et bien sûr des poils partout. Et on s’en fout complètement, parce que notre titine ne nous a coûté que quelques milliers d’euros. C’est un peu paradoxal qu’un des luxes de notre quotidien soit une vieille bagnole toute pourrie – 21 ans au compteur —, mais grâce à elle, on peut offrir à nos chiens de longues balades quotidiennes dans la nature sans craindre de salir ou d'abîmer quoi que ce soit.
Bien sûr, cette ruine nous sert à plein d’autres choses. Une voiture qui ne craint rien est le véhicule idéal à laisser au départ d’un sentier de randonnée, où les cambriolages sont fréquents, ou pour sortir en hiver quand les conditions météo présagent de la tôle froissée. Le fait que ce soit également la voiture parfaite pour transporter des chiens crasseux n’est qu’un de ses multiples charmes.
Le miracle Aquapaw

Ma belle-mère m’a offert un de ces gadgets pour Noël… Je reconnais qu’au départ, j’étais plutôt sceptique, mais comme j’ai tout intérêt à être dans ses petits papiers, je me suis dit que j’allais essayer. Et je suis rentré dans la secte. On raccorde une rallonge à la douche et on y fixe ce pommeau en silicone à picots percés qu’on enfile ensuite sur une main : moins de temps, moins de dégâts et un chien dont on garde mieux le contrôle. Si seulement quelqu’un pouvait inventer l’équivalent en sèche-cheveux…
Patience, cohérence et...patience encore

Depuis un mois, Wiley est terrifié par le plafonnier de notre chambre et dès qu’il flaire l’heure du coucher, il se cache dans les toilettes. Bowie a décidé que notre coussin prestige à 150 € était son doudou, et Teddy a mâchouillé les deux nouveaux tapis du salon… Le genre de trucs qui peut rendre dingue si on ne prend pas un peu de distance.
Rester zen avec les chiens, c’est avant tout accepter qu’ils ne répondent pas toujours à nos attentes. Le travail à long terme pour les aider à devenir un chien formidable, c’est notre boulot. Le processus de dressage d’un chien n’est pas compliqué : on récompense le bon comportement. Là où beaucoup butent, c’est sur la patience et la constance exigées pour obtenir les résultats escomptés.
Prenons l’exemple de Teddy qui mâchouille tout. À dix mois, c’est tout à fait normal, c’est une phase que tout chiot traverse. Sauf qu’avec ses 40 kg, elle fait plus de dégâts qu’un caniche. Lorsqu’on la prend en flag, on lui dit simplement non, et on lui donne quelque chose qu’elle a le droit de mâcher - un bâton, un jouet - et là, on la félicite. C’est avec cette méthode que Wiley et Bowie sont devenus fiables, et je ne perds pas espoir de laisser un jour Teddy à la maison sans surveillance ni crainte (priez pour nous).
Rester sain d’esprit quand on a choisi d’avoir des chiens, c’est finalement juste accepter de leur accorder beaucoup de temps et d’énergie, et, surtout, que la vie en meute est un voyage sans fin.
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