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Alex Honnold Arctic Ascent
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Alex Honnold s’attaquera-t-il un jour à l’Everest… alors qu’il déteste l’alpinisme ?

  • 2 mai 2024
  • 4 minutes

Frederick Dreier Frederick Dreier

La star de « Free Solo » sur le Toit du monde… pourquoi pas, mais d'autres projets faisant plus de sens à ses yeux semblent plutôt à son programme, nous raconte-t-il dans une interview express.

La dernière fois que nous avons parlé d'Alex Honnold, c’était à l’occasion de son expédition au Groenland. Depuis, il en a tiré un documentaire, « Artic Ascent », diffusé sur National Geographic, et il s’est transformé en père de famille, jonglant entre des nuits trop courtes et des sorties en falaises près de chez lui, dans le Nevada. Interviewé fin février à quelques jours de la naissance de sa deuxième fille, Alice, l’alpiniste sait qu’au niveau planning d'entrainement, ça ne va pas s’arranger, forcément, mais cela ne l’empêche pas d'envisager de gros projets qui feraient sens à ses yeux. Et pas forcément devant la caméra.

Pour « Arctic Ascent », ton dernier gros projet, tu avais choisi d'escalader un big wall peu connu, au Groenland, l'Ingmikortilaq. Pourquoi si loin, pourquoi pas El Capitan ou le Cerro Torre ?  

Le Ingmikortilaq était vraiment ce qui me passionnait le plus ces derniers temps. Et dans l'immédiat, réaliser un grand projet de film sur les parois dont tu me parles ne m'intéressait pas. Tu vois, si je veux relever un défi d'escalade pure, je le fais pour moi. Je n'ai pas besoin d'en faire un film. Avec cette expédition au Groenland, nous avons pu raconter une histoire qu'il me semblait important de montrer à la télévision. Faire découvrir la beauté de l'Est du Groenland, emmener une glaciologue (l’Annécienne Heïdi Sevestre, ndlr) faire des recherches sur le changement climatique... ça me parlait. Parce que c’est utile. Parce que ce n’est pas que de l’escalade. J'aime toujours les projets d'escalade bien sûr, mais je n'ai pas besoin de les rendre publics. Dans cette catégorie, aucun n'arrivera jamais à la cheville de "Free Solo" en termes d'impact et d'échelle. Je ne l'égalerai jamais. Parce qu'aucun film d'escalade ne sera plus jamais primé aux Oscars, d'après moi. Alors autant se concentrer sur des projets qui en valent la peine.

Tu ne penses donc pas qu'un autre film d'escalade pourrait être couronné aux Oscars, pourquoi ? Comment ce type de production devrait-il évoluer pour avoir une chance de s’imposer à nouveau ?

Je pense que les films d'escalade s'améliorent considérablement. J'ai grandi dans le monde de Rampage, des premiers "Masters of Stones" et de tous ces vieux films qui, de nos jours, semblent terriblement datés et de piètre qualité. Les films sur l'escalade ont donc énormément progressé, c'est vrai. Mais les Oscars sont incroyablement compétitifs. Tu es en concurrence avec les meilleurs documentaires du monde. Or il est rare que dans un film d'escalade il y ait la bonne combinaison entre la narration et l'escalade, ainsi que le bon niveau de cinématographie. Il est très difficile de réunir tous ces éléments. Le succès de « Free Solo » s'explique en partie par le fait que le solo libre est facile à saisir par le grand public. C’est une chance. C'est comme ça que les gens pensent désormais à l'escalade. C'est facile à voir visuellement. C'est captivant. Donc, même si un grimpeur fait maintenant quelque chose de plus difficile mais qu'il est encordé, cela ne captera pas autant le grand public, « juste parce que c'est difficile ». En fait, j’ai eu la chance que le free solo soit aussi captivant.

Il y a un nombre limité de big walls à escalader dans le monde. Nombre d'entre eux se trouvent dans des endroits très éloignés qui obligent à voyager à l’autre bout de la planète. Après l'ascension de l'Ingmikortilaq, as-tu envie de t’attaquer à d'autres voies de ce type ?

Oui, il y en a quelques-unes qui me tentent. Mais peut-être moins qu'on l'imagine. Les Trango Towers au Pakistan, par exemple, tout ce massif. J'aimerais bien les gravir une fois dans ma vie. Ces flèches de granit sont tellement typiques que je ne peux pas passer à côté de ça. Même chose pour le Cerro Torre. En tant qu'alpiniste, je me dis qu'il faut que je l'escalade à un moment ou à un autre. Je pense aussi au Thor Peak ou au Mount Asgard, ainsi qu'à d'autres parois sur l'île de Baffin qui me semblent intéressantes à escalader. Mais c'est aussi beaucoup d'énergie d'aller au milieu de nulle part juste pour les atteindre. Et maintenant que j'ai une famille, je ne suis pas sûr que cela ait suffisamment d'importance pour moi. C'est pourquoi ce projet au Groenland était aussi important à mes yeux, il était différent. Escalader un big wall dans une région reculée du monde m'enthousiasme toujours bien sûr, mais cela a beaucoup plus de sens si le projet a une autre portée, comme alerter sur le changement climatique par exemple. Si je dois passer autant de temps loin de ma famille, je veux que cela ait vraiment du sens.

Et faire plus d'alpinisme en haute altitude, ça te tente ?

Un tout petit peu. Je me suis toujours demandé à quoi cela ressemblerait. L'hiver dernier, j'ai fait une expédition sur le mont Vinson, en Antarctique, et sur l'Aconcagua, en Argentine, pour m'initier à l'alpinisme en haute altitude. Ce que j'en ai retiré… c'est que je déteste ça ! Ce n'est pas pour moi. Cela dit, c'était plutôt bien, parce qu'au lieu de considérer cette expérience comme une expédition ratée, je la vois aujourd’hui comme un excellent moyen d'apprendre quelque chose d'important sur moi-même. J’ai compris que ce n'était pas pour moi. Je pouvais donc me concentrer sur ce que j'aimais, c'est-à-dire l'escalade. Jusque-là, je m’étais toujours demandé si je devais faire l’ascension de plus haut sommets ou mettre mon énergie ailleurs. Ce voyage m'a apporté la réponse. Et c’est un non catégorique ! Pour être honnête, je n'aime pas l'alpinisme en haute altitude. Je n'aime pas la lenteur ni la marche. De plus, il m'arrive d'avoir des migraines dans la vie normale, et là, j'avais des maux de tête épouvantables déclenchés par l'altitude. C’était absurde. Sur le plan de la forme physique, tout allait bien, mais j’étais malade à des altitudes qui, franchement, n'auraient pas dû être aussi impactantes. Mon corps ne s'acclimatait pas. Je suis sûr que je pourrais résoudre ce problème et m'améliorer, mais je n'aime pas ça.

On peut donc dire sans risque de se tromper qu'on ne te verra pas de sitôt sur le mont Everest

Je ne dirais pas ça. Si je pouvais intégrer une expédition sponsorisée, je ne ne dirais pas non. Si l'occasion m'était donnée, je suis sûr que ce serait une belle expérience. Mais je ne ferai jamais rien de grand sur cette montagne.

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