Il aura suffi d’une photo sur le web pour que la légende du skate s’intéresse aux prouesses d’enfants de São Tome Principe ridant sur des boards bricolés avec du bois de récup, faute de mieux. Son post sur Instagram suscite aujourd'hui un vaste mouvement de soutien à ces jeunes skateurs nés dans l'un des pays les plus pauvres du monde.

Pieds nus sur des skates montés avec des bouts de bois, de grossières tiges de métal et des roues dégotées dans des décharges, les gamins s’essaient au skate. Hésitant pour les débutants ou enchainant les tricks pour les plus aguerris, pas du tout déstabilisés par leur équipement de fortune. Ces quelques photos du photographe sud-africain Greg Ewing prises à Sao Tome Principe, l’un des plus petits pays d’Afrique, l’un des plus pauvres et des plus endettés aussi, ne pouvait qu’arrêter Tony Hawk. Très impliquée au sein de diverses activités philanthropiques - y compris via sa propre fondation, la Tony Hawk Foundation, qui aide à construire des skateparks dans des zones défavorisées - la légende du skate ne s’est pas arrêtée là et a poussé l’enquête un peu plus loin, comme il l’explique sur Instagram :




(Greg Awin / Santana Surf School / Facebook)
« J'ai été fasciné par une photo de @gregewing qui a rencontré des enfants sur des skateboards faits maison sur l'île de São Tomé. J'ai creusé un peu, et il semble que les planches aient été fabriquées par l'école de surf de Santana pour s’entrainer quand les vagues ne sont pas suffisantes. Et le plus intéressant dans l’histoire, c’est qu’au cours de ma recherche, je suis tombé sur le Facebook du club et j’ai vu des vidéos de kids déchirant sur ces boards bricolés avec des déchets. Je vais essayer de leur envoyer du vrai matos, mais il y a quelque chose de sublime à voir comment ils se donnent à fond dans le bricolage pour faire leur propre skate et rider malgré tout. »
Le photographe Greg Ewing a découvert par hasard que sa photo (non créditée au départ ) tournait sur le web et avait retenu l’attention du skateur américain. De sa prise de vue, il se souvient que « nous étions tous époustouflés par l'ingéniosité et la débrouillardise des enfants. Les commentaires sur le post (de sa photo ndlr) faisaient vraiment chaud au cœur. Les gens ont commencé à se mobiliser pour eux et ont fait appel aux marques pour les aider. Cette photo pourrait, d'une manière ou d'une autre, changer la vie de ces enfants pour le mieux. Et plus je lis, plus les commentaires se développent et permettent à des modèles tels que Tony Hawk d'utiliser leur notoriété pour faire la différence. J'espère vraiment que quelque chose de positif sortira de tout ça."
En poussant un peu nous aussi, nous avons découvert une autre vidéo mise en ligne par la Santana Surf School, où l’on voit les enfants construire leur propre skate, utilisant tous les matériaux qui leur tombent sous la main, planches ou simples bouts de bois de récup. Une technique très empirique qu’ils déclinent aussi en version paddle ou surf board mais toujours avec la même passion et la même créativité, grâce au soutien de Zito Pires.
Créateur de l’école de surf, le surfeur africain forme des touristes, principale source de devises dans l’île, mais aussi de jeunes locaux, très démunis : « Tout a commencé avec un morceau de bois et petit à petit, ça a évolué", explique Zito Pires, sur sa page Facebook. " Aujourd'hui, je dirais que ma plus grande fierté est de venir en aide et d’enseigner (la glisse, ndlr) aux enfants de ma terre ».





(Greg Awin / Santana Surf School / Facebook)
Pour en savoir plus sur la Santana Surf School, c'est ici.
Et pour découvrir le travail du photographe, Greg Ewing, c’est ici.
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