Aux Etats-Unis, c’est un mythe, 3 fois vainqueur de la Western States 100. En France, un malheureux challenger, 3 fois fauché en vol sur l’UTMB. Touché mais pas vaincu, au contraire, car l’Américain est plus que jamais focalisé sur cette course qui lui résiste et l’excite, au point de déménager en France pour mieux s’y préparer cette année. C’est là que nous l’avons rencontré fin juin, à Chamonix, au pied de ce parcours de 171 km et 10 000 m D+, qu’il compte bien gagner cette année. Un long entretien au cours duquel cet athlète adoré pour sa fougue se dévoile, sans fards ni frime.
Il parle vite, et beaucoup, passe aussi d’un sujet à l’autre, sans trop de transitions. Visiblement heureux de pouvoir discuter en anglais, car depuis son installation en France en mai, les occasions ne semblent pas si fréquentes et on sent que ça lui manque. Avec Jim Walmsley, 32 ans, on parle sans filtre, pas d’agent pour limiter les confidences et la casse médiatique, juste un chic type qui court - très vite et longtemps - qui aime ça à la folie et qui semble encore étonné de se retrouver épinglé au panthéon de l’ultra. En 2018, il monte pour la première fois tout en haut du podium de la Western States 100, le nec plus ultra du trail américain. Deux autres victoires suivront en 2019 et 2021. Suffisant pour construire une légende. Pas mal pour un passionné de sports qui il y a six ans seulement, se demandait ce qu’il allait bien pouvoir faire de sa vie. Sacré star presque malgré lui, l’Américain « un peu français aussi », insiste-t-il, se confie sur tout : son aménagement en France, son couple, son entrainement, ses doutes, ses objectifs, son amitié avec François D’Haene, un des rares proches ici de cet athlète exceptionnel venu tenté sa chance en solo sur un territoire dont il ne maîtrise pas encore toutes les clefs. Au risque de passer à côté du podium, une fois de plus ? Pas grave, semble dire ce compétiteur, plus réputé pour sa flamme que pour son sens de la stratégie, qui jamais n’a hésité à partir très fort, quitte à exploser en vol, parfois. Mais aussi à triompher, souvent.

En février, dernier, tu annonçais que tu allais t’installer dès le mois de mai dans le Beaufortain, à Arêches-Beaufort, pour un an et demi, l’équivalent pour toi de « 2 saisons d’UTMB ». Un choix inédit pour un athlète américain. Pourquoi ? Depuis quand murit cette idée ?
En fait, mon idée première était de préparer le Comrades marathon (90 km en Afrique du sud, ndlr), une course rapide qui se prêtait bien à un entrainement sur mon terrain de prédilection, Flagstaff. Là-dessus est arrivé le Covid et mes plans ont changé, j’ai donc repoussé ce projet, pas forcément le plus intéressant à ce stade de ma carrière, pour me focaliser sur la course en montagne et développer mes capacités à évoluer sur des épreuves plus longues. En 2021, mon expérience sur l’UTMB ( il abandonne avant la montée du grand col ferret à Arnouvaz, ndlr), a mis en évidence que je n’étais pas assez solide, pas assez préparé pour ce type de course, où la gestion de la nutrition, de la course de nuit, de l’équipement est capitale. Des «détails » pour les locaux en France, qui y sont habitués, mais qui ne sont pas aussi évidents pour un coureur américain. En 2021, je sortais d’une victoire à la Western State, la troisième, avec un bon temps aussi (14 heures, 46 minutes, ndlr), mais sur l’UTMB je n’étais pas à mon niveau, je ne donnais pas le meilleur de moi-même. Au sortir de la Western, je n’avais pas suffisamment récupéré.
J’ai donc décidé de m’installer en France et de concrétiser ce rêve de l’UTMB. Pas seulement pour la course, mais aussi dans l’idée de comprendre comment on aborde les choses en Europe, et plus particulièrement en France, un pays vraiment cool, avec une langue et une culture très fortes. Les Français peuvent vraiment se montrer différents.
Ce déménagement - un projet de couple pas forcément simple, avec ma femme Jess, que j’ai épousée il y a quelques mois à peine - ça voulait dire aussi apprendre une autre langue, une autre culture. En fait beaucoup de choses au quotidien, à commencer par l’alimentation, entre autres. En bref, trouver ses marques. Et aussi, d’une certaine façon retrouver des racines. L’une de mes grands-mères est de Marseille, j’ai aussi des cousins à Aix-en-Provence.

Comment s’est passée ton intégration à Arêches-Beaufort ?
C’est un endroit incroyable, on peut y faire tant de choses et… les montagnes sont là, sous ton nez en permanence, impossible d’y échapper ! Même une course sur plat a du dénivelé positif et négatif ! Pour celui qui cherche de la verticalité, il y a quantité de parcours possibles, clairement le terrain de jeu idéal pour s’entraîner. L’accueil des gens là-bas a été très chaleureux, sans parler du déniv, pour lequel j’étais venu ! Alors ça a cliqué tout de suite. Rien avoir avec Silverstone (Colorado, ndlr) où je m’entraîne habituellement. C’est grâce à François (D’Haene, ndlr) qu’on a trouvé cet endroit. L’été dernier, on est allé le voir, on a pris un thé chez lui (FDH s’y est aussi installé cette année, ndlr), il nous a mis en contact avec une agence immobilière où certains parlaient anglais, ce qui nous a permis de trouver une maison à louer sympa, à un prix acceptable, que nous espérons pouvoir garder cet hiver. Pour un coureur, c’est top. Bien sûr nous n’avons pas le super Mont-Blanc, mais on a de quoi faire. Pour ma femme Jess (Jessica Brazeau, ndlr), ça a été un peu plus compliqué. Elle court aussi en pro, mais aux US elle avait un emploi qu’elle aimait beaucoup, dans le dentaire, ici, elle ne travaille pas. Légalement elle peut, mais ce n’est pas encore possible vu notre localisation. Alors, elle se sent parfois un peu à l’étroit à Arêches, mais nous espérons qu’avec le temps et une meilleure maîtrise du français nous aurons plus de contacts et d’amis.
Les gens sont très accueillants, contrairement à ce qu’on nous avait dit, mais on a la barrière de la langue. Ma famille n’a pas été vraiment surprise de mon départ, ils s’y attendaient un peu je crois, mais pour Jess, ses parents et ses deux sœurs, c’est un peu plus dur. Aussi avons-nous prévu d’aller aux US tous les six mois.
Mon quotidien depuis mai ? Régler pas mal de petits problèmes matériels. La voiture par exemple. Depuis notre arrivée en mai, on en loue une mais on hésite encore entre l’achat et le leasing. Ouvrir un compte en banque aussi, pas si simple pour nous. Heureusement nous avons rencontré quelqu’un au Crédit Agricole qui parle anglais. Donc on s’installe un peu et à la réflexion, on aurait peut-être dû se préparer plus, apprendre un peu le français par exemple, mais entre notre mariage et les compétitions, ça n’a pas été possible. Mais maintenant, nous sommes un peu posés, et je peux me focaliser sur la course et envisager sérieusement de performer à l’UTMB.

Comment a évolué ton entraînement ces derniers mois ?
Cette année, j’ai commencé à apprendre le skimo et le ski de rando, je n’en n’avais jamais fait avant. Je ne suis pas encore très bon, mais ça peut faire partie de mon entraînement. C’est une première pour moi. En mars, j’ai pu reprendre la course, mes muscles ont dû s’y réhabituer, et là, j’ai la forme. La 1e course que j’ai faite, Madeira, en avril, s’est bien passée (vainqueur en 12h58'14'', ndlr), Je l’avais préparée à Flagstaff. C’était important de me familiariser avec l’équipement, bâtons, gourdes etc, pour moi c’est nouveau, car aux US, si tu te débrouilles pour courir vite, tu peux gérer ça autrement. Mais bon, pour l’UTMB où la course peut atteindre vingt heures, ce sont des paramètres importants. J’apprends donc la patience. Je crois que dans le passé, j’ai été parfois un peu impatient, poussé par le désir d’aller toujours plus vite. Désormais, j’apprends à aller plus vite en allant plus lentement !
Flagstaff, dans l’Arizona, où j’habite, n’est pas le meilleur endroit au monde pour se préparer à l’UTMB. L’hiver, tu n’as pas de ski bien sûr, mais la météo est super, j’y fais des sorties sur du plat, rapides. Pour travailler les montées, je vais dans le Grand Canyon, sauf l’été, où il y fait trop chaud. Bien aussi l’entrainement dans le Colorado, à 3000 m d’altitude, j’adore ça, et ça me manque ! Là-bas, c’est un peu comme Arêches, y’a pas grand monde, c’est assez wild. Avec, pour Arêches, encore plus de déniv. En revanche dans le Colorado, off trail, tu as de quoi faire. La vie y est simple, Jess et moi on campe. J’adore la simplicité de ce mode de vie, mais bon, tu dors à 3000 mètres et tu ne récupères pas forcément très bien la nuit et Jess a beau cuisiner très bien, j’ai tendance à brûler les calories et si j’arrive en forme à l’UTMB, je suis souvent trop maigre, je n’ai pas assez de réserves, donc vite fatigué. Cette fois, avec Arêches en camp de base pour bien dormir, bien manger et bien récupérer, plus les montagnes au quotidien et pas de vol ni de jet lag dans la vue, on a tous les ingrédients d’une bonne base pour l’UTMB. Toutes ces petites choses vont faire la différence. Je m’en rends compte aujourd’hui. Je fais souvent des erreurs, car je ne suis pas un montagnard, c'est vrai, mais j’apprends en faisant des erreurs.

Comment es-tu suivi sur cette préparation ?
Personne ne m’entoure. Je n’ai pas de coach, pas de kiné ou médecin, rien de tout ça. Je ne suis qu’un coureur qui court. Jess est aussi une coureuse pro, mais peu habituée à courir sur du dénivelé, contrairement à moi. Son truc à elle, ce n’est pas vraiment les kinés, mais les massages, le stretching. Moi je ne fais pas vraiment de stretching. Je suis convaincu qu’en vieillissant, avec l’expérience, les montagnes te donnent tout le training nécessaire. Au final, je suis plutôt en forme sans en faire beaucoup. Et je n’ai pas besoin de toute une équipe autour de moi. Je dois seulement m’habituer à la météo d'ici, au froid, mais aussi à l’humidité. À Arêches, je transpire comme un malade, c’est une sensation nouvelle. Gérer ça, combiner les différentes couches de vêtements, c’est une des choses que j’ai mal appréciées jusqu’à présent sur l’UTMB.

La présence de FDH a donc joué un rôle dans ton déménagement. Tu le connais bien pour avoir été l’un de ses deux pacers lors de sa victoire à la Hardrock 100 en juillet dernier. Comment définirais-tu votre relation ?
François a été incroyablement gentil et généreux avec nous. Il nous a donné beaucoup de conseils. Il est déjà très à l’aise à Arêches, ça nous a beaucoup aidés. Je lui en suis très reconnaissant, d’autant qu’il est très occupé. Jess et moi avons aussi fait la connaissance de Carline (sa femme, ndlr) et de leurs enfants. Je le considère comme un ami et un mentor aussi. J’ai essayé de suivre ses recommandations. En même temps, lui comme moi, on est des compétiteurs. On aime tous les deux se tirer la bourre, même si on est très différent.
François est très fort, constant et avisé, très attaché aux détails. Il est incroyablement rapide, en course comme en alpi, tu tires la langue derrière lui. Il est aussi très technique. On est tous les deux plutôt grands, lui un peu plus que moi, mais on avance différemment. Je suis rapide sur du plat et j’essaie aujourd’hui d’être plus constant, plus régulier, c’est important sur une course comme l’UTMB. Car avec un peu de recul, je me rends compte que j’ai tendance à courir avec fougue, c’est bien, mais ça peut aussi être une faiblesse.

Pourquoi une telle fixation sur l’UTMB ?
Dans mon sport, c’est l'une des courses les plus importantes qui soit. Elle est incroyable, de par sa taille, sa diversité, son côté hyper international. Elle focalise une attention médiatique énorme, son parcours n’est pas facile, mais il est superbe. L’organisation est excellente et la nouvelle association avec l’Ironman en fait la plateforme la plus importante qui soit pour un athlète. C’est l’occasion d’avoir un moment très très spécial pour un pro.
En tant qu’élite, c’est un événement énorme. En tant que compétiteur on ne peut que rêver de la gagner. Elle n’a rien à voir avec les courses américaines, même avec les plus prestigieuses, comme la Western States 100. Or je ne l’ai jamais gagnée, c’est donc mon prochain challenge !
Si d’autres courses m’obsèdent ? Non, ou plutôt si, la Hardrock. J’en ai déjà fait l’expérience. 165 runners seulement, c’est un événement très spécial. Je connais tout de cette course, mais ça n’a pas encore collé au niveau de mon calendrier. L’UTMB est donc la priorité dans ma carrière actuellement. Mon objectif est de le gagner, ce n’est pas encore arrivé, Mais si sur deux saisons, je peux donner le maximum dans les meilleures conditions, même si je ne la gagne pas, je pourrais vivre sans ça. Mais auparavant, il faut que je me donne toutes les chances d’y arriver avant de renoncer à ce rêve sans regrets.

Après ta victoire à Madère en avril, comment te sens-tu aujourd’hui ? Quels sont les points que tu comptes particulièrement travailler dans les semaines à venir ?
Madère prouve que je suis sur la bonne route, car c’est comme un petit UTMB, un bon 1er step. Accumuler les courses, Marathon du Mont Blanc, Lavaredo, alors que je venais de me marier n’aurait pas été la bonne stratégie, tant pour mon couple, que pour mon entraînement. Donc, je ne me suis pas mis la pression. Mon plan maintenant, c’est de faire de bons training runs. Du long easy run. Comme le 90 km que j’ai fait le week-end dernier. C’est nouveau, et j’ai de bonnes sensations.
Quel est ton objectif sur l’UTMB ? Si tu ne l’atteins pas, te focaliseras-tu à nouveau dessus en 2023 ?
Mon rêve, c’est clairement de le gagner, d’avoir le podium, mais si cette fois je peux au moins donner le meilleur de moi-même et finir plus fort, ça m’ira. A court ou moyen terme.
Sur cette édition 2022, quels sont tes concurrents les plus sérieux d’après toi ?
L'UTMB attire du très bon niveau. Et bien sûr, il faudra compter avec Kilian ! Mais je suis aussi très curieux de voir ce que vont donner les meilleurs Chinois. Les Européens ne semblent pas les suivre de près comme nous, aux US, or ils ont quand même fait 2e et 3e au Lavaredo, je crois. C’est intéressant de les suivre. C’est super d’avoir un pays comme la Chine participant à l’UTMB.
L’UTMB semble réussir aux Américaines, notamment Courtney Daulwater, vainqueur 2021, mais pas aux Américains. Comment l’expliques-tu ?
Les filles sont fortes. Nous avons de la chance d’avoir d’incroyables athlètes comme Courtney ou Nikky Kimbal. Elles ont toutes deux gagné la Western States 100 et on performé sur l’UTMB, mais bon je ne sais pas trop, sinon qu’aux US, les femmes ont plus l’habitude de gérer leur allure et leur équipement. C’est un peu caricatural ce que je vais dire, mais elles gèrent mieux la distance, moins en force, contrairement aux hommes.

A Chamonix, le public, souvent averti, reconnait souvent les athlètes. Est-ce ton cas ces derniers jours ? Comment vis-tu cette célébrité ?
J’ai changé ma coupe de cheveux, donc les gens ne me reconnaissent pas aussi facilement, si je n’ai pas de casquette ou de tee-shirt Hoka, ça va, je ne suis pas vraiment connu. Mais pendant l’UTMB, c’est impossible, on m’arrête tout le temps. Du coup c’est Jess qui fait les courses et fait la queue à la boulangerie !
On a beaucoup écrit sur ton régime végétarien ? L’es-tu encore ? Que t’apporte -t-il?
Oui, depuis huit ans maintenant, depuis que j’ai démarré ma carrière d’ultra en fait. Je ne prêche pas vraiment dans ce sens, car c’est très personnel. C’est peut-être plus important aux US qu’en Europe, car notre rapport à la nourriture y est différent, notamment au niveau de la chaine de fabrication de la viande. Rien à voir avec Arêches où quand tu parles de fromage ou de viande, les gens savent toujours de quelle ferme viennent les produits. En France, vous êtes encore très proches de vos sources d’approvisionnement. A Flagstaff, c’est plus ou moins un désert, on n’a que du kale (chou, ndlr) !
Depuis mon arrivée en France, je n’ai pas réincorporé de viande. Je peux faire sans, sans affecter mes performances. Si c’était le cas, je changerais peut-être, surtout dans un endroit comme Arêches où je peux savoir d’où viennent les aliments. Ce serait plus acceptable. Mais pour l’instant, je continue de combiner de bonnes salades, des pates, de la ratatouille, j’ai seulement ajouté un peu plus de fromage et de pain. Au petit déjeuner, toujours du granola avec du yaourt de Savoie ! Et, pendant la course, du sucre, avec un ration de 2 de glucose pour 1 de fructose, quelques gels liquides aussi et toujours des choses qui me font plaisir, car si ça me plait, je suis convaincu que ça me profite plus.
On te sait gros mangeur de pizza (et aussi de glaces) : réalité ou légende ?
Ma consommation de pizzas (surgelées, sic !) reste très sérieuse, d’autant qu’elles sont nettement moins chères qu’aux States. Ici tu peux en avoir de bonnes pour 4US$, contre 10US$, aux Etats-Unis. Quant aux glaces, j’en mange toujours, mais un peu moins quand même.

Outre cette passion pour les pizzas (et la course à pied) qu’est-ce qui te caractérise en fait ?
La passion. J’aime bien ce mot, ça veut dire avoir du cœur, des émotions mais aussi te donner à fond, poursuivre tes objectifs en donnant le meilleur de toi-même. Des objectifs à long terme, mais aussi à court terme, un après l’autre, au jour le jour. Venir en France nous donne ainsi plein d’opportunités, même si parfois on se sent un peu frustrés, un peu seuls aussi. Au final, il faut voir plus large, plus loin. Comme dans un ultra, tu ne dois pas te focaliser sur la longueur de la course, mais sur le moment présent, sur chaque étape, en t’adaptant jour après jour. En vérité, je n’ai pas de plan précis, je vais au feeling, et m’adapte. C’est ce qui me caractérise.
Tu vois, je suis passionné par l’outdoor et la course, toutes les courses, j’adore les suivre, mais à mes débuts, moi, c’était le foot, pas le foot américain, je n’étais pas taillé pour, contrairement à mon frère jumeau, un rugbyman pro de 100 kg ! Non, moi, c’est le soccer, le foot européen. J’ai même joué en national et fait une saison en Angleterre. J’aurais pu faire une petite carrière peut-être, mais je me suis rendu compte que j’étais naturellement doué pour le cross-country. En course, tu peux faire tant de choses. Y compris une carrière, ce que je ne savais pas au début. En fait, j’ai commencé l’athlé vers quatorze ans, j’ai continué à la fac et en 2012, alors que j’avais atteint mon meilleur niveau, j’ai tout arrêté et j’ai rejoint l’Air Force, en Californie, avant de me retrouver dans le Montana, un superbe terrain de jeu pour la rando, le bivouac et la course. J’y ai découvert le trail et j’ai vite compris que les plus longs, les ultras étaient les plus excitants, les plus challenging en fait. Ca n’allait pas à l’armée, j’ai été viré. Dès lors, que faire ? Travailler dans un magasin de sports ? Franchement, j’étais un peu perdu, tout ce que je savais, c’est que la course me rendait heureux et… que je n’étais pas pressé de grandir. Alors je suis parti à Flagstaff, une sacrée bonne décision. Dès 2015-16, je me suis focalisé sur la course et en 2016, tout a explosé pour moi. J’ai eu la chance d’arriver à un moment où ce sport se professionnalisait, où on pouvait avoir plus de soutien de la part des marques. J’ai signé avec Hoka, et ça a changé ma vie, alors que je ne savais même pas qu’on pouvait avoir un contrat pro et que tout ce que je demandais à l’époque c’était des chaussures gratos !
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