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Vélo de route carbone
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  • Vélo

Non, vous n’avez aucune bonne raison d’acheter un vélo en carbone !

  • 1 février 2024
  • 5 minutes

Eben Weiss Eben Weiss Eben Weiss démonte sans merci, nettoie, graisse et remet en place la culture du vélo.

Soyons réalistes : les pros, qui ont réellement besoin d’un vélo en fibre de carbone, ne les payent pas. On les leur offre. Et seuls ceux qui n’en n’ont pas vraiment besoin en achète, à prix fort de surcroit. Sans pour autant en tirer de réels bénéfices, au contraire, explique notre journaliste.

A priori elle a tout pour plaire. La fibre de carbone est légère. Elle est solide. On peut l’utiliser pour tout. Du cadre à la tige de selle en passant par le guidon et les manivelles… et c’est l’une des pires choses qui soit arrivée aux vélos !

Pour être parfaitement objectif, la fibre de carbone est parfaitement adaptée à la course professionnelle. Comme il s’agit essentiellement d’une fibre composite, les constructeurs peuvent lui donner toutes sortes de formes aérodynamiques. En outre, ils peuvent régler le roulement et maintenir la résistance tout en limitant le poids au minimum, ce qui n’est pas vraiment possible avec des tubes métalliques. Autrefois, souvenez-vous, les coureurs devaient choisir entre un vélo léger et un vélo aérodynamique. Aujourd’hui, ils peuvent avoir les deux, grâce aux propriétés miraculeuses de la fibre de carbone. À l’heure actuelle, il n’y a donc aucune raison pour que les coureurs d’élite utilisent autre chose.

Mais voilà : eux, c’est eux. Et vous, c’est vous. Et vous n’êtes pas pro. Je suis désolé de vous l’annoncer, mais vous êtes très certainement incapable de tirer profit de la poignée de secondes qu’une machine de guerre en fibre de carbone de niveau professionnel, sculptée en soufflerie, pourrait théoriquement vous faire gagner dans certaines situations.

De plus, les coureurs professionnels qui ont besoin de vélos en fibre de carbone les obtiennent gratuitement ; seuls les gens qui n’en ont pas vraiment besoin les paient. Autrement dit, cela veut dire, ipso facto, que si vous avez acheté un vélo en fibre de carbone, vous avez fait une erreur. Voilà.

« D’accord, je ne suis peut-être pas Jonas Vingegaard », vous dites-vous peut-être. « Peut-être que je n’avais pas besoin d’un vélo en carbone, mais en quoi est-ce une erreur pour autant ?

Aussi fragiles que des oeufs !

C’est simple : si vous n’êtes pas en mesure de profiter des petits avantages de la fibre de carbone en termes de performances, vous êtes, en revanche, dans la situation idéale pour en subir les nombreux inconvénients. Or, pour les gens normaux, vous, moi, et la majorité des cyclistes, les vélos en fibre de carbone n’ont que des inconvénients.

Le principal, et non des moindres, c’est qu’ils sont comme des œufs. Les œufs sont presque impossibles à casser si vous les pressez par les extrémités pointues. Mais si vous les pressez autrement, vous vous retrouvez avec une bouillie dans la main. De même, les vélos en carbone sont très résistants lorsqu’ils sont utilisés comme c’est prévu, à savoir pour la course. Ils ne sont pas conçus pour s’écraser, tomber d’un porte-bagages, être renversés dans le garage par vos gosses ou tout autre petit accident qui arrive aux vélos des gens normaux dans le cadre de la vie quotidienne.

Des tas de malheurs arrivent aussi aux vélos des coureurs pros, c’est vrai. Mais c’est le cadet de leurs soucis. Car si leur vélo se casse en deux après une chute, ou si les bagagistes de l’aéroport le fissurent, leur équipe technique le jette tout simplement à la décharge et leur en donne un autre, neuf, sur le champ. Vous, vous n’avez pas ce luxe.

La chute d’un vélo en fibre de carbone est la plupart du temps, un vrai problème. Que ça vous saute aux yeux immédiatement, ou pas. Même si les dommages ne sont pas visibles, vous ne pouvez jamais être sûr que sa structure n’est pas affectée sans lui faire passer une échographie. On sait que le simple fait de s’asseoir sur le tube supérieur d’un vélo en fibre de carbone peut entraîner une défaillance. Certes, ce n’est pas très courant, mais le fait que ce soit même une possibilité est totalement absurde.

Et le problème de leur fragilité ne se limite pas aux accidents. Il faut également être très prudent lorsqu’on entretien un vélo en fibre de carbone. Il faut veiller à tout. Ne le serrez pas dans un support de réparation. Ne serrez pas trop les fixations. Ne laissez pas tomber un outil sur le tube supérieur. Sans parler bien sûr des câbles internes, des supports de pédalier et de tant d’autres problèmes de maintenance qui peuvent s’imposer. Car les vélos et les composants en carbone ont été conçus pour être entretenus par des techniciens de magasin et des mécaniciens d’équipe, et non par des ignares comme vous et moi. En fait, vous êtes probablement encore moins qualifié pour travailler sur ces vélos que pour les piloter.

Quoi de plus beau qu’un vélo en acier ?

Enfin, il faut se rendre à l’évidence : les vélos en carbone sont laids. Ils n’ont pas de consistance. Avez-vous bien regardé un Pinarello Dogma ? On dirait qu’il est en train de fondre.

Alors, de quoi les vélos devraient-ils être faits ? De quoi, faut-il encore le demander ? D’acier ! Ils devraient tous être en acier ! Pour la plupart des utilisations, il n’y a guère de raison de construire un vélo avec autre chose que de l’acier. C’est léger, c’est solide, c’est relativement bon marché – c’est le matériau le plus proche de la perfection pour un vélo. Est-il aussi léger que la fibre de carbone ? Non, il ne l’est pas, c’est certain. Et alors ? 

À moins que vous ne passiez plus de temps à transporter votre vélo sur votre dos qu’à l’utiliser, un léger gain au niveau du poids n’a aucun sens pour vous. Et renoncer à un beau vélo en acier parce que celui en carbone est plus léger revient à choisir un seul billet de 50 € plutôt que dix billets de 5 € parce que le billet de 50 € est plus facile à ranger dans votre porte-monnaie. 

Posez-vous une seconde et réfléchissez bien : un vélo en acier peut-il se fissurer ? Peut-il être détruit lors d’un accident ? Peut-il être emporté par une tornade ? Bien sûr, tout est possible. Mais en général, l’acier se cabosse au lieu de se fissurer, et s’il se fissure, il se casse très lentement au lieu d’éclater. Et, la plupart du temps, l’acier va résister aux accidents et aux coups durs qui font inévitablement partie de l’utilisation, de la maintenance  et du transport d’un vélo. Et si vous flippez à l’idée de le voir rouiller, détendez vous, car pour que la rouille détruise votre vélo, il faudrait qu’il soit stocké au fond de la mer.

De plus, les vélos en acier ont une allure fantastique. En supposant que le concepteur n’ait pas fait tout ce qu’il pouvait pour l’enlaidir, un vélo en acier est indémodable. En revanche, un vélo en carbone est à la pointe de la technologie jusqu’à ce qu’il soit vieux de deux ou trois saisons, date à laquelle il devient un morceau de plastique dont personne ne veut plus, y compris vous.

Cela dit, soyons clairs, je ne fais pas partie de ces rétrogrades qui ont peur des vélos en carbone et qui pensent qu’ils vont tous exploser à tout moment. En fait, j’ai roulé dans sur un vélo en carbone, l’un des premiers d’ailleurs. Oui, je sais qu’on en fait des avions. Oui, je sais qu’il est souvent possible de les réparer. Oui, je sais que la majorité des gens qui possèdent des vélos en fibre de carbone n’auront aucun problème. Mais les avions sont maintenus par tout un staff spécialisé et qui a envie de devoir envoyer son cadre de vélo en réparation à cause d’un stupide petit accident ? Je préfère de loin rouler en acier et faire avec les bosses et les rayures qui donnent du caractère à mon vélo – sans parler du bénéfice écologique !

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