Propulsé dès ses 12 ans sur le podium des championnats d’Europe de surf, Joan Duru avait tous les ingrédients pour incarner l’avenir du surf français – mais ses nombreuses blessures et l’instabilité de ses résultats en ont décidé autrement. Jusqu’à la perte de son sponsor de toujours, en octobre dernier. Mais, à 32 ans, Joan Duru a décroché hier le titre de champion du monde ISA au Salvador : une médaille d’or qui honore son parcours du combattant.
Il y a huit mois encore, Joan Duru ne savait pas s’il pourrait continuer la compétition. Privé de son sponsor Volcom, après 10 ans de collaboration, le Landais passait son Brevet d’Etat d'éducateur sportif et songeait à sa reconversion. C’est donc seul qu’il s’est retrouvé pour tenter de trouver un dernier élan de motivation pour le Championship Tour (CT) – avant de convaincre un nouvel allié en avril dernier. 18 ans après ses débuts en compétition, le surfeur s’est enfin trouvé une place sur la première place du podium du CT, et vient de remporter l’or au Salvador dimanche 6 juin. Une médaille d’or symbole de revanche, pour ce surfeur au parcours difficile.
Joan Duru surfe ses premières vagues à 7 ans, sous l’aile de son père, à Ondres, dans les Landes, et participe à ses premières compétitions dès ses 10 ans, au sein du Hossegor Surf Club. Très vite, le jeune Juan est remarqué – il intègre l’équipe de France en catégorie minimes, et décroche le titre de champion d’Europe U14 à 12 ans seulement. Un début de carrière brillant, durant lequel il obtient un autre titre européen U15 avec l’équipe des Bleus en 2003, ou encore une médaille de bronze aux championnats du monde juniors ISA en 2004 à Tahiti, indique la Fédération Française de Surf.




Les années 2010, un parcours en dents de scie
Jusqu’à la fin de la décennie 2000, le surfeur landais continue de se démarquer, notamment en remportant son premier QS, le Superbock Pro Cordoama en 2006, avant de décrocher un nouveau titre de champion d’Europe en 2009 – année où il tente d’intégrer le CT, mais échoue. Trop de blessures, pas assez de résultats. S’en suit un long tunnel tumultueux pour Joan Duru, où ses performances le placent parmi le top 30 – voire 50 – mondial.
Il lui aura fallu attendre 2017 pour réintégrer temporairement le CT, mais ses résultats ne se stabilisent pas : « Après quatre étapes sur lesquelles il n’a pas dépassé le 3ème tour, il réalise une première grosse perf à Fidji en atteignant les quarts de finale (5e place). Il est de nouveau en vue à J’Bay (9e) et Tahiti (5e) avant de terminer en roue libre la saison qu’il boucle à la 21e place », décrit la Fédération.
Les années 2018-2019 ne sont pas plus probantes. « Malgré quelques 9e places à Bali, Rio et Tahiti, Duru ne décolle pas. Sélectionné en équipe de France pour les Mondiaux ISA qualificatifs pour les JO 2020, il déclare forfait pour blessure. Dans l’obligation de réaliser une perf en fin d’année pour se maintenir, Duru ne parvient pas à franchir le 3e tour sur les quatre dernières étapes du CT, ni à performer sur le QS, et il est relégué en fin de saison », poursuit la FFS.
2021, le retour au sommet
Après les blessures et les résultats en dents de scie, le surfeur doit ensuite faire face à la perte de son sponsor, Volcom, après 10 ans de coopération. De quoi en achever plus d’un. Mais Joan Duru ne lâche pas. « Moi je veux continuer, mais seul, je ne pourrai pas, donc je vais vraiment faire une année à fond et espérer trouver un sponsor pour continuer ou me qualifier (pour le CT, ndlr). Si je me qualifie, je pourrai y arriver même sans sponsor », avait-il confié au quotidien Sud Ouest.



Finalement, Sen No Sen, une marque landaise de vêtements et combinaisons de surf, soutient le surfeur de 32 ans et signe un contrat en avril dernier. La roue tourne enfin pour Joan Duru, qui vient d’être sacré champion du monde ISA au Salvador – alors qu’il avait déclaré forfait pour blessure lors des qualificatifs pour les JO l’année dernière. Sa performance a largement été saluée par toute la communauté de surfeurs, dont son ami Jérémy Florès : « Je suis tellement heureux pour Joan (Duru). Il le mérite tellement avec tous les entraînements qu’il fait. Joan, c’est une machine de guerre. Il s’est parfaitement préparé pour ces Mondiaux », a-t-il exprimé auprès de la Fédération.
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