Ce serait une première : gravir en hiver, le deuxième sommet le plus haut du monde, le K2 (8.611 m) – ), marquerait l’histoire de l’alpinisme. Or après des jours d’incertitude et de mauvais temps, une équipe se prépare à l’ascension final du sommet, profitant d’une fenêtre météo favorable. Ils n’ont plus que deux jours pour y parvenir, elle se ferme dimanche avec le retour de vents violents, et ce sont des Népalais, Nims Dai en tête, qui pourraient réaliser cet exploit, comme nous l’écrivions déjà il y a quelques jours.
« Nous avons besoin de deux fenêtres météos pour accéder au sommet », expliquait avant-hier Nims Dai à Outside. « Nous allons gagner le camp 4 et à la deuxième ouverture, ce sera le sommet. Nous quitterons le camp de base le 5 février, sommet atteint ou pas », nous confiait-il alors. Le Népalais, qui s’est illustré en 2019 en gravissant les quatorze « 8000 » en sept mois, est un homme pressé, on le sait. Or une fois de plus, contre toute attente, après avoir vu toute son installation dévastée par des vents violents sur le camp 2 il y a quelques jours seulement, il semble aujourd'hui particulièrement bien placé pour accomplir ce qui serait un nouveau record à inscrire à son déjà incroyable palmarès. Pourquoi ? Comment ? Explications.
Une météo favorable
Les alpinistes déjà au camp 4 disposent encore de deux jours de météo relativement clémente pour tenter l’assaut. On annonce des vents de 70 à 85 km/h mph pour dimanche. Et dès lundi il faut s’attendre à des vents de 95 km/h, avec des pointes pouvant monter jusqu'à 200 km/h en cette période de l’année.

Un travail d’équipe
Comme nous l’expliquions dans notre article du 31 décembre, Nims Dai joue la carte de l’équipe. 100 % népalaise. Si tout se passe bien, c’est dix alpinistes népalais qui devraient pouvoir atteindre demain, samedi 15 janvier, le sommet du k2.
A savoir une petite équipe de trois Sherpas, menée par Mingma Gyalje Sherpa, un alpiniste népalais hors pair, accompagné de Dawa Tenzin Sherpa et de Kili Pemba Sherpa, également très solides. Trio complété par Nims Dai et ses six compagnons Sherpas : Mingma David, Dawa Temba Sherpa, Pemchhiri Sherpa, Gelje Sherpa, Mingma Tenzi Sherpa et Sandro Gromen-Hayes. Or les deux équipes ont clairement annoncé qu’elles étaient prêtes à coopérer. Le succès demain serait donc à mettre au crédit non d’une seule personne mais du Népal.
Une avancée rapide et déjà un record
Forte de cette coopération, cette équipe vient d’annoncer aujourd’hui un nouveau record d'altitude hivernale, en atteignant le camp 4, à 7800 mètres, la plus haute altitude jamais atteinte au K2 en hiver ! Un exploit accompli par une équipe dirigée par Mingma G. avec Mingma David Sherpa, Mingma Tenzi Sherpa et Sona Sherpa.



Avec ou sans oxygène ?
C’est la grande question. Si l’on sait que Migma G grimpe sans oxygène supplémentaire. On ne sait toujours pas si Nims Dai choisira cette option. « Je vais le tenter », a-t-il déclaré dans le passé, mais il n’est pas sûr que ce soit son choix final, au regard de la rapidité avec laquelle l’ex Gurkha et son équipe a progressé ces jours ci.
Doit-on s’attendre à une descente à parapente de Nims Dai ?
L’hypothèse n’est pas à écarter. On sait qu’en juillet dernier, Nims Dai, interviewé à Chamonix par Outside alors qu’il s’entraînait au parapente, annonçait sa ferme intention de décoller ainsi depuis un 8000 m. De là à aligner un nouvel exploit ? "Pas si simple", nous expliquait dans une interview Bertrand Roche, plus connu sous le nom de Zeb, l’un des plus grands parapentistes actuels, comptant entre autres un décollage depuis les huit plus hauts sommets de chaque continent. Nims débute en parapente, mais ce n’est pas forcément un obstacle, selon Zeb : « La détermination compte aussi beaucoup. Jean-Marc Boivin par exemple, le premier à décoller depuis l’Everest, n’avait pas une technique extraordinaire mais il a réussi. Alors, je me dis que sur un coup de chance, ça peut marcher pour Nims, mais le gars commence tout juste, or il n’a pas encore les automatismes, la connaissance du vent. Moi j’ai toujours le nez en l’air, à tenter de détecter, comprendre et analyser le vent. Lui, compte tenu de sa faible expérience, ne sera pas capable de capter les dangers potentiels qui se cachent derrière la montagne. C’est chaud, ça me paraît super engagé. L’entreprise me parait très aléatoire ! Après, j’ai l’impression que ce grimpeur se sent béni des dieux et ne craint rien ! Donc si c’est le cas et que les conditions sont parfaites, alors il peut réussir. »
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