Pour défendre les couleurs de la France en escalade cette semaine, on peut compter sur les Avezou. Dès aujourd'hui, lundi 5 août, avec Sam, 23 ans. Quant à sa jeune sœur Zelia, 20 ans, il faudra attendre demain matin, 10 heures, pour la voir sur le mur du Bourget. Tous deux en bloc et difficulté, une spécialité familiale. Car la grimpe, les Avezou ont ça dans le sang. Leur mère, Cécile, vice-championne du monde du combiné, est d’ailleurs aujourd’hui entraîneur de l’équipe de France, quant au grand frère, Léo, il est ouvreur. Et cette tribu d’infatigables bosseurs, partage une forte complicité familiale, mais aussi une détermination sans faille. De sacrés atouts pour les Jeux !
Aux racines de la passion des Avezou pour la grimpe, il y a Cécile, la mère qui a découvert la discipline dans les années 80, lors d’une initiation au collège. Très vite, elle accumule les médailles, nationales d’abord, puis internationale. Sa plus grande force ? La polyvalence puisque la Française montre performante dans toutes les disciplines de l’escalade (bloc, difficulté, vitesse).
De quoi décrocher le titre de vice-championne du monde de combiné, obtenu en 2012 à Bercy, alors qu’elle avait déjà 40 ans. Elle signait alors un brillant retour à la compétition après l’arrivée de ses trois enfants l’ayant conduit à brièvement mettre sa carrière entre parenthèses. « Le déclic est survenu lorsque j'ai emmené mon aîné à une compétition d'escrime. J'ai ressenti de l'adrénaline et l'envie de revenir au plus haut niveau. Je suis une femme de défi », se rappelle Cécile. « Toute ma famille m'a soutenue lorsque je leur ai annoncé mon envie de refaire du haut niveau ». Elle est encore bien loin, à cette époque, d'imaginer que ses enfants allaient prendre la relève.

Deux grimpeurs capables de rivaliser avec les meilleurs du monde
Car à l’époque du titre de vice-championne du monde de sa mère, le jeune Sam a 11 ans. Il fait ses premiers pas en compétition et rêve déjà grand. Quelques années plus tard, en 2018, il décroche une historique médaille de bronze en combiné aux Jeux olympiques de la jeunesse à Buenos Aires. S’ajoutent à cela une médaille d’argent au championnat d’Europe de bloc seniors à Munich en 2022 ainsi qu’un podium en Coupe du monde de difficulté à Chamonix l’été dernier.
Et très vite, sa maturité fait grande impression dans la grimpe. C’est donc presque naturellement qu’il représente aujourd'hui la France aux Jeux. Une place que le Français a décrochée avec la manière, en remportant l’Olympic Qualifier Series de Budapest fin juin, face aux meilleurs grimpeurs mondiaux.
Sur cette compétition, le sort a été tout aussi favorable à Zélia, la benjamine qui a, elle aussi, la gagne au bout des doigts. Et si elle reconnaît parfois avoir ressenti une certaine pression à être la petite dernière dans cette famille de grands champions, la jeune grimpeuse s’est vite fait un nom dans le milieu. Elle a notamment remporté un titre de championne du monde junior à Dallas, en mars 2022. Mais c’est pourtant dans l’ombre qu’elle a commencé sa première saison chez les seniors en 2023… avant de briller à Berne, lors des Championnats du Monde, terminant au pied du podium, à une magnifique 4e place. De quoi prendre conscience de tout son potentiel ! Avant de prouver par la suite qu'elle était une grimpeuse de premier plan, capable de rivaliser avec les meilleures au monde.

« Se mettre dans un sport, et décider de faire partie des meilleurs, c’est le choix d’un futur plus incertain »
La famille peut également compter sur un autre atout, et pas des moindres : le frère aîné Léo qui, comme Sam et Zélia, a grandi dans le cocon de l’ES Massy. Son truc à lui, c’est l’ouverture. Il en a d’ailleurs fait son métier. Des compétences précieuses qu’il met au service de son frère et sa sœur. Il leur propose généralement, avant les compétitions, un circuit de blocs pour se mettre dans les conditions du jour J. « C’est aussi un bon partenaire de grimpe pour eux. Quand ils s'entraînent ensemble, ça les pousse à travailler autre chose, ils n’ont pas les mêmes qualités » note Cécile, maman et entraîneur.
Des rôles assez similaires selon elle. « Il s’agit de leur apprendre l’autonomie pour qu’ils puissent se débrouiller tout seuls ensuite, qu’ils n’aient pas besoin d’aide extérieure pour être performants. Le fil conducteur, c'est de leur laisser vivre leur passion et j'ai l'impression que ça fonctionne assez bien. C’est une superbe aventure », se réjouit Cécile. « Transmettre sa passion à ses enfants, et la vivre avec eux, c’est… Je n’ai même pas les mots pour le décrire ».
Avoir une famille tournée vers l’escalade a été un véritable tremplin pour Zélia. « Je ne sais pas comment les autres font sans, ceux qui sont les seuls de leur famille, ou les premiers à se lancer. Ça m’impressionne » soulignait la grimpeuse. « Car se mettre dans un sport, et décider de faire partie des meilleurs, c’est le choix d’un futur plus incertain qui me paraît plus dur à prendre, si personne ne l’a fait avant ».
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