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Teahupoo
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JO 2024 : Teahupoo va-t-elle être sacrifiée pour 3 jours de compétition ?

  • 19 octobre 2023
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

C’est une énième aberration environnementale. À l’approche des Jeux Olympiques de Paris 2024, autoproclamés "durables", l’édification d’une nouvelle tour des juges sur le spot de Teahupoo, berceau du surf situé à Tahiti, inquiète les locaux. C'est pourquoi ils étaient plus de 700 à manifester dimanche (400 selon les forces de l’ordre) contre cet aménagement risquant d’endommager le récif, l'écosystème du lagon, voire même la mythique vague. Une pétition, relayée par de nombreux surfeurs pros, dont Justine Dupont, a été lancée.

Teahupoo, c’est l’eldorado des surfeurs. Cette vague, aussi admirée que crainte, a été choisie pour accueillir les épreuves de surf des Jeux Olympiques de Paris 2024. C’est un tube parfait, unique en son genre… et parfaitement photogénique ! Mais à moins d’un an du début de la compétition, l’édification d’une tour en aluminium questionne. 

Une structure nécessaire, selon les organisateurs

Chaque année, en août, la World Surf League, entreprise américaine chargée de l'organisation de toutes les compétitions professionnelles de surf dans le monde, investit Teahupoo à l’occasion du Tahiti Pro, une des dix manches du circuit pro. Le temps de l’épreuve, une tour en bois est installée dans le lagon. Hélas, cette structure ne répond pas aux exigences des JO de Paris 2024.

C’est pourquoi le COJO (Comité d’organisation des Jeux Olympiques) a décidé d’investir dans une plate-forme en aluminium de trois étages comprenant entre autres : une salle climatisée pour les serveurs internet et des terminaux électroniques permettant de produire une transmission d’images par fibre. Ces derniers seront alimentés par un câble sous-marin supportant une puissance de 30 kVA (kilovoltampères). Long de 800 mètres, il sera raccordé au littoral. Sont également prévus des toilettes avec lavabos raccordés à une canalisation traversant 800 mètres de lagon pour l’arrivée d’eau et l’évacuation des rejets humains à terre. Le coût de cette structure démontable atteint aujourd’hui les 4,4 millions d’euros. Un projet qui suscite une levée de boucliers chez les locaux qui jugent ces mesures excessives et nocives. 

Tour des juges de l'épreuve du Surf à Teahupoo, Paris 2024.
Tour des juges de l'épreuve du Surf à Teahupoo. (Paris 2024)

La vague de Teahupoo menacée

Réunis dimanche 15 octobre dans le cadre d’une manifestation, les opposants à la future tour des juges, habitants du village de Teahupoo, surfeurs du spot et pêcheurs du coin, ont dénoncé un « sacrifice de Teahupoo pour trois jours de compétition ». L’occasion de rappeler au monde du surf international, aux autorités locales, à l’État et au comité organisateur Paris 2024 que « la population n’est pas contre les JO, mais pour la préservation de son environnement ».

« Le peuple tahitien est un peuple accueillant. Mais ce qu’on ne veut pas c’est qu’on touche à notre nature » a souligné Annick Pa’ofai, la présidente de l’association de défense du Fenua Aihere. « Vous savez très bien qu’il y a un risque. C’est écrit noir sur blanc dans les études menées par Ifrecor [Initiative Française pour les Récits Coraliens, ndlr] affichées depuis des années à la mairie. Nous ne voulons pas prendre de risques. Personnellement, je ne vais pas lâcher, quitte à faire un setting au milieu du lagon ».

Le risque en question ? Endommager le « récif et l'ensemble de l'écosystème du lagon devant la vague... et dans le pire des cas, la vague elle-même » s’inquiète Matahi Drollet, surfeur tahitien ayant participé au Tahiti Pro, sur Instagram. L’ensemble de la structure en aluminium devrait être à maintenu par douze plots sous-marins en béton armé, fixés à quatre mètres de profondeur dans le platier coralien. Or le perforage nécessaire à leur installation soulève la question de la fragilisation du récif de corail, et par conséquent de l’effondrement à court, moyen ou long terme de la faille à l’origine de la formation de la vague de Teahupoo.  

Les manifestants ont également déploré l’absence d’étude d’impact environnemental préalable, un moyen d’évaluer les risques d’un tel projet sur la biodiversité marine. S’est joint à eux le collectif Mata Ara Ia Teahupoo qui propose diverses alternatives au projet, telles que l’utilisation de la tour en bois actuelle qui a fait ses preuves en matière de solidité et d’efficacité durant plusieurs années même lors des grandes houles, l’alimentation photovoltaïque par centrale flottante ou par groupe électrogène couplé à du photovoltaïque, le recours au wifi pour les transmissions d’images, la mise en place de toilettes sèches et de gel hydroalcoolique pour la désinfection des mains mais aussi la réduction à 25 personnes du nombre de personnes à bord de la plate-forme des juges et le positionnement des journalistes et officiels à terre sur une plate-forme surélevée.

Quid des « ambitions environnementales » de 2024 ? 

« L’ambition de Paris 2024, c’est de respecter cet endroit », déclarait Tony Estanguet, président du comité organisateur des Jeux, en juin 2021. « On ne veut pas dénaturer cet endroit qui doit rester au plus près de ce qu’il était. Donc, nous, on veut se ‘caler’ sur ce qui est déjà mis en place par la WSL [World Surf League, ndlr] ». L’organisation olympique précise en effet sur son site web vouloir s’appuyer « sur 95% de sites déjà existants ou temporaires » et de faire « le choix de la sobriété » en construisant moins pour « réduire considérablement l’impact carbone et permettre de célébrer toute la richesse architecturale française ». Alors pourquoi ne pas faire usage de la tour en bois fonctionnelle présente à Teahupoo ? interroge le collectif qui remet en doute les « ambitions environnementales » des JO de Paris, autoproclamés Jeux « durables ».

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Matahi Drollet (@matahidrollet)

Inquiets en ce qui concerne la préservation de la vague de Teahupoo et de son écosystème, le surfeur local Matahi Drollet et l'association Mata Ara la Teahupoo ont lancé sur les réseaux sociaux une pétition relayée par un grand nombre de surfeurs professionnels dont Gabriel Medina, Koa Smith, Shane Dorian, Barron Mamiya ou encore Kelia Moniz, Laura Coviella et Justine Dupont. Elle a réuni près de 20 000 signatures en moins de 24h.

 

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