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Jean-Louis Bouvier dernier finisher TDS 2024
  • Aventure
  • Trail Running

Jean-Louis, plus vieux finisher de la TDS : « il faut vraiment que j’arrête ces conneries … »

  • 29 août 2024
  • 5 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

A 47 secondes de la barrière horaire il est arrivé hier soir, sous les acclamations de la foule. Il n’est pas le dernier de cette édition de la TDS, course sauvage réputée pour sa technicité, plutôt corsée cette année. Mais il est incontestablement le doyen à la boucler. Ce qui n’est pas rien. Derrière lui, d'autres, et de bien plus jeunes, ont jeté l’éponge. Pas Jean-Louis Bouvier. Question de principe, mais pas que. Difficile d'arrêter un ex cycliste, jamais plus heureux que lorsqu’il a un dossard sur le dos.

Lundi soir, à 23h50, 1874 traileurs se lançaient depuis Courmayeur pour relever le défi de la TDS : 148 km, 9306 mètres de dénivelé positif. Un parcours particulièrement technique, encore compliqué par la chaleur cette année. Au point que les organisateurs ont appliqué le plan canicule et octroyé aux coureurs 45 minutes de plus. Précieuses minutes qui ont été capitales pour ceux qui, comme Jean-Louis Bouvier, se sont battus avec les barrières horaires tout au long de la course.

Pour lui, tout s’est donc joué à 47 secondes près. Car c’est en 44 :49: 53 qu’il a bouclé la TDS, course réputée comme l’une des plus dures de la semaine de l’UTMB, plus encore que la mythique UTMB, avancent même certains. L’une des plus techniques en tous cas. Jean-Loup Bouvier la connaissait bien, pour l’avoir déjà courue en 2015 où il était arrivé 1er en catégorie V3. Neuf ans plus tard, ce n’est plus la même histoire, nous raconte-t-il à peine passée l’arche, épuisé et visiblement soulagé. Depuis le départ lundi soir il n’a dormi qu’une heure.

Jean-Louis Bouvier dernier finisher TDS 2024
(Thibault Ginies)

Vous arrivez dans les derniers sur cette TDS, mais… finisher !

44:49:53, je ne pouvais pas faire mieux. Hier, la journée a été compliquée. Sur les 70 premiers kilomètres, ça s’est bien passé, puis j’ai eu des problèmes digestifs et j’ai même hésité à abandonner à la Gite. Mais bon, à l’âge que j’ai,  je me dis que des courses comme ça, ça ne se représentera plus trop.  J’ai 69 ans, 70 dans six mois. J’ai toujours été sous pression, je me suis rendu compte que j’étais limite avec les barrières. Alors que souvent j’arrive à récupérer un peu. J’ai fait la Swiss pick 360 il y a deux ans. Je me suis souvent retrouvé à la barrière, mais je me faisais deux heures de rab plus tard que je dépensais pour me reposer, parce que je sais que je grimpe encore bien.  Mais là, aujourd’hui, j’étais dans le dur. Je ne m’attendais pas à être aussi juste avec les barrières. J’ai pris conscience au cours de la journée qu’il me restait beaucoup de kilomètres, une moyenne que je n’étais pas capable de faire. Je me suis dit : "ça va devenir compliqué !" Et à la fin, le coup de massue, le col du Tricot,  je l’ai bien monté, mais là-haut on nous annonce qu’il y a 45 minutes supplémentaires (suite au plan canicule, ndlr), mais qu’il y a 350 mètres de dénivelé supplémentaires à cause d'un problème sur un pont. Moi, j’étais cuit ! Donc j’ai mal remonté, en me disant, ça va être chaud, malgré les 45 minutes de plus, pour la barrière horaire aux Houches. 

Jean-Louis Bouvier dernier finisher TDS 2024
(Thibault Ginies)

A ce stade, qu’est-ce qui fait que vous n’abandonnez pas ? 

C’est un peu par principe, mais c’est aussi que je me dis que des courses comme ça, je ne vais plus pouvoir en faire encore beaucoup. Il faut se rendre à l’évidence, arrivé à l’âge que j’ai… tous ceux qui courraient encore avec moi avant ont arrêté il y a quatre-cinq ans. Ces trois dernières années, je me rends compte que je vais quand même moins vite. J’ai encore fait Terre des Dieux (165 km km en Corse, ndrl), la 1er édition, c’est terriblement difficile, Depuis, 2020, je me retrouve inévitablement souvent à la dernière place. Mais bon, le but, c’est de finir et le jour où j’aurai l’impression de devoir finir avec le serre fil, je ne continuerais pas.

Sur toutes les courses, maintenant je suis le doyen. Ce n’est pas une angoisse, plutôt une fierté, parce que je me dis, quand même, je ne suis encore pas trop mal ! Je suis encore très à l’aise sur des terrains difficiles. J’aime bien les sorties trail un peu engagé. Le trail, c’est ma passion. Je m’entraine à l’instinct, je suis un peu rebelle, je l’ai toujours été. Alors, les plans d'entrainement, j’ai un peu de mal. Et puis moi, c’est le plaisir avant tout. Mais là, j’hésite à prendre un coach pour me cadrer, parce que mon défi, c’est de faire l’UTMB l’année de mes 70 ans, en 2025. Car parfois, j’en fait trop. 

Quel est le secret de votre longévité sur les sentiers ?

Je suis originaire de Normandie, et la montagne, je l’ai découverte sur le tard. Je suis un cycliste à la base. J’ai beaucoup roulé dans le temps et j’ai un peu repris, en 2023 et en 2022 j’ai même fait l’étape du Tour. Mais le vélo, ça me casse plus que le trail, la course nature, c’est vachement plus détendu. Reste que je n’ai pas de problème de genoux. J’ai commencé la course l tard, je n’ai jamais fait de sports co, ça protège. Donc j’ai des articulations de jeunes ! Mon premier trail remonte à 2006, j’avais 51 ans. Aujourd’hui je m’entraîne quatre fois par semaine. Cette année, j’ai plus couru, j’ai travaillé l’endurance. Et il faut que je travaille aussi les quadriceps, ça m’a pénalisé sur la TDS. Mais le secret, c’est l’hygiène de vie. A la maison, on mange assez léger, peu de viande, pas de viande rouge, jamais d'apéro. C’est lié à ça ! Et puis il y a Catherine (sa compagne, ndlr). Elle ne court pas, mais c’est une ex championne de France de badmington, prof d'EPS, nageuse aussi. Elle s’occupe très très bien de moi. C’est le première chose que je lui ai dit en arrivant : qu’elle y était pour beaucoup en fait, car à la maison, si on n’a pas quelqu’un qui est vraiment à fond, on a peu de chances d'y arriver. Y’a pas de secret. Pour performer il ne faut pas qu’il y ait de tensions. Hier soir, quand ça n’allait pas trop, elle m’a dit, "si tu n’es pas bien…". Mais bon, je ne pouvais pas arrêter, j’étais là, et puis ne serait-ce que pour tout ce qu’elle fait pour moi …

Jean-Louis Bouvier dernier finisher TDS 2024
(Thibault Ginies)

Le secret aussi, c’est de continuer à bosser un peu, parce que c’est ma vie. J’ai longtemps été directeur d'un centre UCPA, accompagnateur en moyenne montagne pendant quelques années aussi, et j’ai encore un travail à plein temps, je gère un centre de vacances à Samoëns en Haute-Savoie. Mes amis, ils sont pratiquement tous à la retraite, mais ils n’ont le temps de rien. Alors autant continuer ! Ca me permet de garder des contacts avec des gens jeunes, je cours avec des coureurs de 30 ans, 50 ans. Et ce qui me plait aussi, c’est de me démarquer un peu, je ne veux pas ressembler aux mecs de mon âge.. Je vois les jeunes qui me disent, "on aimerait pouvoir encore faire ça à votre âge !". J’avoue que c’est quand même gratifiant. Et puis je suis un compétiteur né ! J’aime me confronter. J’aime mettre un dossard en fait ! J’ai fait deux fois la Diagonale et l’année dernière sur le Nice Côte d'Azur, je suis arrivé 1er en catégorie M6. En décembre, je serai sur la SaintéLyon, pour la deuxième fois.

Si j’imagine ma vie sans courir ? Non, mais j’y pense. Ca m’a peu déprimé cette année. C’est pour ça que je m’accroche. Là, il y a des moments où je me dis,"il faut vraiment que j’arrête ces conneries. Mais je suis incorrigible !"

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