Depuis son hélitreuillage en juin 2020, le célèbre « Magic Bus » de Christopher McCandless, rendu célèbre par le livre et le film « Into The Wild » - est gardé au « Museum of the North », attaché à l’université d’Alaska. Actuellement en cours de rénovation, il va faire l’objet d’une exposition, à l'occasion des 30 ans de l'anniversaire de la mort de l'aventurier américain.
Son impressionnant hélitreuillage en juin dernier avait ému les fans de « Into The Wild ». Le célèbre bus, dans lequel Christopher McCandless s’est éteint en 1992 loin de toute civilisation, avait été déplacé suite à la multiplication d’accidents de visiteurs tentant de le rejoindre. Transféré à l’université d’Alaska - État américain où le bus stationnait depuis presque 60 ans, sur le sentier de Stampede - le véhicule légendaire devrait être exposé au public en 2022, après des travaux de rénovation.
Le « Magic bus » était devenu un fantasme pour des milliers d’aventuriers, depuis la sortie du livre « Into The Wild » par Jon Krakauer en 1996 - journaliste à Outside, premier média à publier un article en 1993 sur l’histoire du jeune américain - et surtout depuis son adaptation en film en 2007, par Sean Penn. Blessures et noyades se multipliaient parmi les voyageurs qui tentaient, eux aussi, de reproduire le périple du héros.
Si depuis, le récit de son épopée a fait le tour du monde, le « bus 142 » dans lequel Christopher McCandless s’est éteint n’avait pas bougé de place depuis trente ans. Enfin, jusqu’en juin 2020, où la garde nationale avait emporté la relique à travers les airs pour éviter un nouveau drame.
Suite au décès d’une Béliorusse de 24 ans en 2019, la décision était tombée. Jugé trop dangereux, l’accès au « Magic bus » a donc été supprimé, en déplaçant le véhicule. Ce dernier a ainsi été gardé dans un lieu secret durant l’été 2020, avant de rejoindre en septembre le département d’ethnologie et d’histoire du « Museum of the North », de l’université d’Alaska.





Le « Magic bus » victime de vandalisme
Une fois le « bus 142 » en leur possession, les universitaires du « Museum of the North » ont entamé un long travail de récolte de documents historiques, afin de préparer l’exposition permanente sur l'histoire du véhicule. Le projet, étalé sur plusieurs années, vise également à rénover et conserver le bus, victime du temps et de vandalisme.
Le musée a notamment dressé une liste des dégradations infligées - par l’homme ou la nature - au bus : « L’état général est mauvais. Les dommages les plus visibles sont les suivants : vitres cassées ou manquantes (presque toutes), décoloration importante de la peinture verte et blanche (le jaune transparait, peinture initiale quand sa fonction était d’être un autobus scolaire) ; grands trous découpés dans le toit et le plancher pour faciliter le levage aérien ; impacts de balles dans la carrosserie du bus ; rouille et corrosion importantes sur l'ensemble du véhicule, mais surtout au niveau des impacts de balles et des zones où la peinture de surface présente des pertes. Partie avant bosselée, notamment sur l'aile avant du côté passager ; pare-chocs avant fortement oxydé et déformé du côté passager. L'intérieur du bus est fortement rouillé et il manque le volant et le plancher. »





Un autobus scolaire devenu refuge de chasse
Fabriqué dans les années 1940, le bus a connu de multiples vies, tantôt autobus scolaire, tantôt abri de survie. Une histoire passionnante, que les équipes d'historiens tentent de reconstituer en collectant les témoignages de ceux qui l'ont fait vivre. Le Museum a d'ailleurs indiqué que les graffitis inscrits par les voyageurs sur les parois du bus - des mots d'amour, des souvenirs ou des dates de visite - seraient préservées ; faisant aussi partie du parcours de cette pièce historique.
D’abord utilisé dans les années 1950 comme transport en commun de la ville de Fairbanks (Alaska), l’autobus a ensuite été abandonné sur une route sinueuse du Stampede Trail, servant ainsi d’habitation pour des ouvriers de la « Yutan Construction Company », une société de travaux routiers, au début des années 1960. Entre 1970 et 1990, il a ensuite servi de refuge pour les randonneurs et les chasseurs, avant d’être celui de Christopher McCandless, qui y a vécu pendant environ 112 jours entre avril et août 1992. Depuis, son emplacement était devenu un rendez-vous de pèlerinage pour les fans de l’histoire de « Into The Wild ».
2022 : les 30 ans de la mort de Christopher McCandless
Carine McCandless, la soeur de Christopher, a rejoint les équipes d’historiens et de conservation du musée pour participer aux recherches. Le « Museum of the North » prévoit donc de créer un parcours guidé pour accéder au « bus 142 », situé à l'extérieur sur un terrain de l’université d’Alaska. L'exposition prévoit également de présenter au public des objets et des archives médiatiques relatant son histoire, ainsi qu'une « visualisation virtuelle à l'aide de photographies à 360° et d'une numérisation en 3D ».
Le musée espère pouvoir inaugurer l’exposition en 2022, à l’occasion du 30ème anniversaire de la mort de Christopher McCandless - ou du moins, en présenter une première partie, complétée au fur et à mesure du temps, selon l’avancement de la restauration du bus et des documents historiques.
L’accès au public sera gratuit - un élément important à prendre en compte, surtout lorsque l’on imagine le coût de réparation et d’entretien du « Magic bus ». Si vous aussi, vous êtes passionné par son histoire, vous pouvez contribuer en faisant un don au musée chargé de sa rénovation.
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