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Croquis Istanbul a pied
  • Voyage

« Faire un carnet de voyage, ça ouvre des portes », racontent Arnaud et Marie, en marche vers Istanbul

  • 13 janvier 2022
  • 7 minutes

Coralie Havas Coralie Havas Passionnée d'escalade, de montagne et de culture outdoor au sens large, Coralie est journaliste pour Outside. Elle est basée à Uzès quand elle n'est pas sur la route à bord de son van.

Après avoir traversé les Alpes cet été, Arnaud Comte et Marie Epagneau sont actuellement en Serbie, à Smederevo, sur les rives du Danube. Leur objectif ? Rejoindre Istanbul à pied, en avril. Au-delà des 4500 km au programme, ces architectes et ingénieurs, basés dans la région parisienne, sont animés par la volonté de tenir leurs carnets de voyage, souvenirs de leur périple et langage universel leur permettant de rencontrer les locaux. Une passion communicative. A vos crayons, à vos feutres, voici tous leurs conseils pratiques pour garder une trace unique de vos aventures.

« Des gens vont beaucoup plus haut, beaucoup plus loin mais il y en a peu qui dessinent autant » nous confie Marie, architecte et ingénieure comme Arnaud, son compagnon (tous deux 28 ans) avec qui elle marche sur les routes et sentiers depuis six mois pour relier Dijon à Istanbul. L'idée ? Marcher, bien-sûr, mais aussi dessiner, au fil du parcours, leurs aventures, leurs rencontres et leurs découvertes dans de précieux carnets de route, mêlant croquis, textes et photos.

« Ce qui nous motive aujourd’hui, c’est de la comprendre la géographie et l'histoire des lieux qu’on visite, les relations entre le paysage, les constructions et les cultures des gens. C’est ce qui anime notre curiosité » détaille Marie. Un travail quotidien, une manière de voyager, nous explique-t-elle au téléphone au cours d'une interview depuis Smederevo, en Serbie où ils sont actuellement, avant de gagner leur prochaine étape.

Itinéraire voyage 4saisons 4pattes
Itinéraire complet d'Arnaud et Marie, actuellement aux alentours de Belgrade en Serbie

À partir de quel moment le dessin a-t-il accompagné vos voyages ?

Arnaud : On a commencé à tenir des petits carnets de voyage où Marie écrivait sur une page et moi, je dessinais sur l’autre. D’abord lors de petites vacances d’une semaine, à Bruxelles et Amsterdam notamment. Quand on est partis faire le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en 2018, on a continué – c’était un moyen de faire des minis bouquins de nos aventures. On trouvait ça trop cool de créer un carnet de voyage à relire. Au retour de Saint-Jacques, nous étions motivés par un projet plus gros, plus grand. C’est pourquoi on a imaginé ce voyage. L’idée ? Partir un an, travailler chaque jour une heure ou deux sur nos carnets respectifs pour faire quelque chose de plus construit. C’est ainsi que le projet est né. Malgré le Covid, on s’est lancés.

Marie : On a vraiment construit notre itinéraire avec une alternance de montagnes et de patrimoine culturel nous permettant de voir des choses différentes et d’assouvir notre curiosité autant sur la partie nature, que l’on apprécie pour l’aventure, que pour la partie architecture afin de découvrir la culture des pays traversés.  

Patrimoine culturelle françaisCroquis patrimoine culturelle ItalieCascade au TirolCroquis montagnes

Comment choisissez-vous les sujets à dessiner ?

Marie : En tant qu’architectes, on est meilleurs dans la représentation des bâtiments – c’est quelque chose à laquelle on est plus habitués, qui fait facilement sujet. Les montagnes ont beau être très belles, il faut trouver ce que l’on dessine. On a une attirance naturelle pour le bâtiment. Au cours d’une journée, Arnaud prend des petites photos et on dessine le soir dans la tente.

Bivouac face à la montagne
(4saisons4pattes)

Arnaud : Malheureusement, je ne suis pas très bon en portrait. Ça m’arrive de dessiner des gens mais c’est moins évident. L’autre partie du projet, au-delà des kilomètres, ce sont les rencontres. On prend des photos de nos hôtes et seulement au retour, pour des besoins de matériels - il faut avoir du 300g en papier, ta boîte, l’eau, se poser, gérer l’inclinaison de ton carnet -, je compte en faire des acryliques. Pour rendre les ombres, les expressions du visage, le trait n’est pas une technique de représentation très bonne. Ce n’est pas très beau.

De quel matériel avez-vous besoin pour alimenter quotidiennement vos carnets ?

Arnaud : Un carnet Moleskine (la version Art dont le papier est plus épais). Je peux en trouver partout en Europe – le dernier, je l’ai acheté en Slovénie, à Ljubljana. Pour l’écriture, Marie préfère les spirales. Et j’ai huit fois le même feutre, un Faber-Castell – je dessine tout au 0,2 mm. J’ai testé toutes les marques, mais sur les autres la mine éclatait au bout de quelques semaines ou s’effilochait au fil du temps. On a vraiment fait beaucoup d'essais.

Marie : Après, il n’y a pas que le dessin au feutre. C’est une pratique très liée au côté architecte, c’est comme ça que l’on apprend à dessiner à l’école. N’importe quel architecte a un fineliner (un feutre à la pointe fine, ndlr) et un carnet avec des pages blanches. C’est aussi le plus facile en voyage - c’est simple, un carnet et un feutre suffisent.

Arnaud : Je fais souvent une mini-esquisse, de quatre-cinq trais au crayon à papier – un crayon HB, pas un critérium qui marque les pages, fait des traces - que je gomme ensuite. Une fois le dessin fini, je le scanne avec Scannable, une application uniquement disponible sur Apple.

Arnaud dessine sur son cahierDessin d'une rue en ItaliePortrait Marie

Comment réagissent les gens que vous rencontrez quand ils vous voient dessiner ?

Marie : C’est un outil de folie. Quand on est assis dans un café, que les gens voient les dessins d’Arnaud, ils se penchent, ils regardent et sont étonnés. Ça lance des discussions. Quand on remonte trois pages en arrière, que l’on montre un croquis de la ville d’à-côté, on crée un lien tout de suite. C’est impressionnant de voir combien de rencontres ont été facilitées par ce qu’Arnaud crée quotidiennement. Si la discussion va plus loin, on prend une page et on commence à faire un peu Pictionnary. Pour leur expliquer d’où l’on vient, où l’on va, on dessine une carte de l’Europe. Eux aussi dessinent des choses. Parfois, ça nous aide à communiquer quand on manque de vocabulaire.

Arnaud : Les gens apprécient vraiment. Ils sont impressionnés d’avoir un lien avec un Français qui ne partage pas la même langue. On essaie, dès que l’on a des rencontres qui marchent un peu, de pousser les gens à nous montrer leur boulot, ce qu’ils font – des éleveurs m’ont amené voir leurs vaches par exemple. Les gens aiment bien parce que des fois, je peux faire des croquis en direct.

https://www.youtube.com/watch?v=NP5N0bUD60Q&t=113s

Auriez-vous quelques conseils à partager avec ceux qui voudraient commencer leurs carnets de voyage ?

Marie : Déjà, il faut choisir son mode d’expression. Moi j’écris, Arnaud dessine. Les choses peuvent se mélanger bien-sûr. Quand au dessin, il faut commencer par oser et prendre le temps de regarder. Souvent les gens ne savent pas dessiner parce qu’ils ne savent pas regarder. Se poser, prendre cinq minutes, regarder ce qu’on a envie de dessiner avant de s'y attaquer et faire des allers-retours entre le regard et le dessin.

Arnaud : Je pense aussi qu’il y a un intérêt à avoir un vrai carnet de dessin. Ça ne sert à rien de le faire sur des pages quadrillées - à la fin, le rendu ne sera pas top. Même s’il coûte 20€, il faut l’essayer, sans avoir peur, et lui donner une structure. Par exemple, se dire « mon objectif, c’est une demi-page par jour ou un croquis par jour ». Ça te permet de le tenir. Si tu as loupé un jour, tu laisses un blanc dans la page. Si tu fais ça pendant la première semaine, tu peux vite y trouver goût et continuer à dessiner. Pour ceux qui débutent, je dirais qu’il faut être un peu maniaque – si tu aimes bien le feutre ou le crayon de couleur, tu prends ça, et tu t’entraînes avec ça. Il ne faut pas oser trop de multi techniques, ça risque d’être très brouillon. Il faut se tenir à un cadre pour s’aider à avancer et progresser.Sur les routes, c'est compliqué. Parfois, il fait hyper froid, on passe plus de temps à gérer le bivouac, à être dehors. Cet été, en faisant deux heures de dessin par jour, on ne marchait pas 40 km par jour. L’itinéraire, le kilométrage, tout est lié…

Marie : En termes de rythme, cet été, Arnaud faisait une double page par jour. Avec l’hiver c’est compliqué. Actuellement, il fait une page par jour. Côté organisation, on a toujours une page avec un grand croquis principal et une page un peu plus fouillis. Dans les carnets de voyage, les gens aiment bien le côté mélange de dessin – il ne faut pas hésiter à charger la page, à mélanger les sujets.

Arnaud : De manière plus pragmatique, avant de partir, j’ai lu tout un bouquin de déco sur les maisons rurales d’Europe – pourquoi en Albanie ou Serbie, les maisons ont ces formes-là. J’ai lu des livres sur l’architecture rurale, ceux de l’UNESCO pour se renseigner sur les patrimoines. Il y a eu tout un travail en amont. On va aussi avoir un énorme travail au retour. Grâce aux photos et aux dessins, on va pouvoir faire plus de croquis pour mieux expliquer les choses que l’on va visiter. Par exemple, là, récemment on a vu la forteresse de Smederevo en Serbie. Je vais en faire deux croquis dans le carnet mais à mon retour, je vais pouvoir faire de l’axonométrie (représentation en perspective dans laquelle les valeurs angulaires sont déformées, ndlr) parce que j’aurais pris des photos, de la documentation pour mieux expliquer comment elle fonctionne, quelle dimension elle fait, en quoi elle a été construite, à quelle époque, etc.

Qu’allez-vous faire de tous ces carnets, tous ces dessins, une fois rentrés ?

Marie : On aimerait bien en faire un livre – soit pour nous et nos proches, soit pour le grand public, on verra. Ce qui nous motive aujourd’hui, c’est de comprendre la géographie et l'histoire des lieux qu’on visite, les relations entre le paysage, les constructions et les cultures des gens. C’est ce qui anime notre curiosité. C’est pourquoi on aimerait poursuivre ce travail à notre retour dans un livre mélangeant croquis, photos et texte. On commence à avoir des idées sur la forme, qui se sont forgées le long de notre itinéraire. On voudrait montrer non seulement notre histoire mais aussi ce que l’on a appris au cours de nos visites.

Arnaud : On a envie de schématiser ce que l’on a appris. En même temps que l’on marche, on lit des livres sur la géopolitique des Balkans par exemple. Et parfois, comme dit l’expression, mieux vaut un bon schéma qu’un grand discours. C’est une réalité pour pas mal de choses, notamment sur la compréhension de l’histoire. Pourquoi pas réaliser une frise historique des Balkans ou autre? Ce serait un moyen de consolider ce que l’on a vu.

Croquis balkansCroquis balkansCroquis balkans

Pour suivre les aventures de Marie et d’Arnaud, rendez-vous sur Instagram ou sur leur site web.

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