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Encore trop de backpackers exploités en Australie : comment déjouer les pièges

  • 4 mars 2022
  • 6 minutes

Coralie Havas Coralie Havas Passionnée d'escalade, de montagne et de culture outdoor au sens large, Coralie est journaliste pour Outside. Elle est basée à Uzès quand elle n'est pas sur la route à bord de son van.

Marcher sur des plages de sable blanc, plonger à la découverte de la grande barrière de corail, randonner dans les déserts de l’outback ou encore devenir bilingue... Après plus de deux années figées par la pandémie, l'Australie fait plus rêver que jamais les backpackeurs étrangers – à commencer par les Français. D'autant que, bonne nouvelle, le gouvernement australien a récemment annoncé qu’il remboursait les frais de visa jusqu’au 19 avril 2022. Tentant bien sûr, mais avant de vous lancer, quelques précautions s'imposent. Car si les opportunités ne manquent pas dans ce fabuleux pays, les arnaques non plus si l'on en juge par les nombreux témoignages émergeant ces dernières années. Voici donc tous nos conseils pour réussir votre séjour.

Avant la pandémie, 300 000 jeunes du monde entier visitaient l’Australie via le fameux « Working Holiday Visa », un visa ouvert au 18-35 ans, bien connu des backpackeurs du monde entier. L’occasion rêvée de prendre son sac à dos et de partir un an sur les sentiers et les routes du pays – ce que faisaient 25 000 Français par an avant 2020. Et on comprend pourquoi : c’est l’occasion rêvée de découvrir les paysages et la culture locale à moindre coût.

Sydneyville Australie

Comment obtenir un « Working Holiday Visa » ?

Aussi connu sous le nom de PVT (Permis Vacances-Travail), ce visa permet de séjourner pendant 12 mois dans le pays tout en acceptant des emplois sur le sol australien. Pour plus d’informations sur les conditions d’obtention de ce visa, rendez-vous ici.

Et fait, exceptionnel, cette année, son coût, 316€, est entièrement remboursé par le gouvernement australien, pour tout visa acheté du 19 janvier au 19 avril 2022. Un moyen d’encourager les jeunes à revenir dans le pays après deux ans de pandémie. Généreux de la part des Australiens, mais totalement désintéressé, car, explique Courrier internationale, l'absence des packers a entraîné "un manque à gagner de plus de 3,2 milliards de dollars australiens en 2020. Elle s’est également traduite par des pénuries de main-d’œuvre ».

Une fois écoulée cette année, il n'est pas rare qu'on ait envie de prolonger son roadtrip ou son séjour a constaté l'Australie. Aussi le « Working Holiday Visa » peut-il être prolongé d’un an supplémentaire à condition d'effectuer 88 jours de travaux – principalement en région rurale avec petits boulots de récolte de fruits et légumes mais aussi dans le tourisme et dans des exploitations minières entre autres. Une expérience qui vaut la peine d’être vécue tant elle est riche en rencontres. La plupart du temps, les backpackers en reviennent ravis mais cette option peut virer au cauchemar, selon certains témoignages.

Van AustraliePlage AustralieSurf AustralieMontagne Australie

Une paie au rendement

Dans les zones rurales principalement, des titulaires de visas cherchant désespérément à accomplir les 88 jours de travail agricole requis pour prolonger leur séjour, ont en effet été soumis à des salaires en deçà du minimum en vigueur, explique une voyageuse française au Petit Journal. Une pratique encore aggravée par des taux variables selon les différentes nationalités. « les Asiatiques étaient payés en dessous de 14 dollars de l’heure alors que les Européens étaient payés 17 dollars de l’heure », précise-t-elle. Sans compter, poursuit-elle que certains étaient étaient contraints de vivre dans des work hostels (des auberges de jeunes) aux loyers élevés.

« Je savais qu’il fallait faire attention […] Il arrivait que des jeunes paient leur semaine de logement et ne soient finalement pas envoyés dans des fermes car il n’y avait pas de travail. Et ça pouvait durer plusieurs semaines comme ça » confie la Française Julie Meunier à L’Obs. « On a trouvé une annonce pour ramasser du raisin ; on a été embauchées par téléphone. On a rejoint la ferme avec le van de mon amie. C'était une ferme très isolée et donc totalement inaccessible sans véhicule. L’accueil a été frigorifique et les quelques locaux (des chambres et des douches) mis à la disposition des fruit pickers (ramasseurs de fruits, ndlr) étaient dans un état lamentable […] La première journée de travail a été peu lucrative, car il s'agissait d'une paie au rendement. Il faut dire qu'on n'avait aucune expérience, mais en gros notre paie a dû atteindre les trois ou quatre dollars de l'heure. On ne gagnait même pas le salaire minimum australien » détaille la jeune femme.

Grande barrière de corail
(N Storey)

Des "conditions proches de l'esclavage"

Et au fil de nos recherches, les témoignages de ce type n’ont cessé de s’accumuler, comme celui de la Londonienne Winnie Philips, payée 3 dollars de l’heure pour ramasser des fraises. En 2019, un hashtag a d’ailleurs vu le jour, #88dayaslave (88 jours d’esclavage), où les jeunes travailleurs ont partagé leurs conditions d’exploitation.

Mais pourquoi les titulaires de visa acceptent-ils souvent d'être sous-payés ? Par désespoir de trouver un emploi, alors que l'échéance arrive et qu'ils pourraient se trouver contraints de quitter le pays, ou par ignorance de leurs droits. "Ceux qui restent (travailler dans ces conditions, ndlr) sont uniquement ceux qui pensent ne pas avoir le choix : ils sont en fin de visa et s’accrochent aux 3 mois de travail ici pour obtenir leur second visa en Australie […] Et pour obtenir la « carotte » au bout du bâton, certains sont prêts à tout, quitte à devenir complices et à dénigrer les autres backpackers" détaille la blogueuse Wanda, après une expérience négative en Australie.

Plus glaçant encore, l’histoire de ces étrangers munis du visa « Working Holiday » qui travaillent dans des cadences infernales, à la cueillette de fruits et légumes ou dans des abattoirs, pour des loyers misérables, exploités par des gangs mafieux. D’après ce documentaire diffusé en 2015 sur ABC, la chaîne publique australienne, toutes les enseignes de distribution locales seraient concernées par ces dérives proches de l’esclavage. Certains travailleurs se plaignent même de harcèlement sexuel, voire même de viol. Le phénomène a pris une telle ampleur, qu'il a fait l'objet en 2016 d'un rapport du Sénat australien « L’exploitation des détenteurs de visa de travail temporaire » qui souligne des « conditions proches de l’esclavage » affectant souvent ceux qui ont un faible niveau d’anglais, plus vulnérables. Et comme la concurrence est rude, ceux qui osent démissionner sont immédiatement remplacés par les contractors, ces intermédiaires entre les fermiers et les travailleurs étrangers qui gèrent les contrats et passent des annonces alléchantes et mensongères sur le web. Pour pallier ces abus, le ministère de l’immigration australien a exclu les pratiques de woofing et d’HelpX pour l’obtention d’une extension du « Working Holiday Visa ». Mais ce n'est pas suffisant...

KangourouBaie Australie

Tout ce qu'il faut savoir pour éviter les arnaques

  • Avant de partir, renseignez-vous !
    Prenez connaissance de vos droits en matière de travail sur le sol australien. Généralement, le salaire minimum dépend du secteur d’activité dans lequel vous êtes employé, du type de contrat, de votre âge, de vos compétences et des heures pendant lesquelles vous travaillez. Pour vous faire une idée du salaire auquel vous avez droit, le site du gouvernement australien vous propose l’outil Pay Calculator, alors comparez, ne partez pas les yeux fermés.
  • Anticipez votre recherche
    Une fin de visa approche et vous vous dites que vous resteriez bien un an de plus au pays des kangourous ? Pas de précipitation, l’Australie est vaste et ne manque pas de travail. Restez vigilants et n’acceptez pas n’importe quelle offre d’emploi les yeux fermés.
  • Fuyez le site de petites annonces Gumtree, le paradis des arnaqueurs
    Avant d’accepter n’importe quel travail, renseignez-vous au maximum, dans l’idéal auprès d’autres backpackeurs. Pour trouver votre ferme idéale, référez-vous au guide gratuit préparé par le gouvernement australien référençant les exploitations homologuées.
  • Sachez qu'un employeur ne peut pas avoir d’influence sur votre visa
    Si jamais votre employeur vous menace de vous faire perdre votre statut en Australie, il vous ment. Il n’a aucun pouvoir à ce niveau-là !
  • Refusez les emplois payés en cash
    Les employeurs se servent de ce mode de paiement illégal pour sous-payer les travailleurs.
  • Gardez un chiffre en tête : "38h de travail par semaine"
    On peut cependant vous demander d’effectuer des heures supplémentaires (overtime). De plus, avec votre accord, votre employeur peut mettre en place un système de moyenne horaire, c’est-à-dire que vous pourriez travailler plus d’heures une semaine, mais moins les semaines suivantes afin d’effectuer, au total, une moyenne de 38 heures par semaine.
  • Défendez vos droits
    Et si malgré tous ces conseils, vos conditions de travail sont déplorables, n’hésitez pas à déposer plainte auprès de Fair Work, l’entité qui gère les relations de travail entre employeurs et salariés.
  • Ne vous amusez pas à acheter un faux contrat
    Dernier conseil à ceux qui voudraient passer entre les mailles du filet en tentant de prolonger leur visa sans effectuer leurs 3 mois de travail obligatoire en achetant un faux contrat. En plus d’être illégal, ce n’est pas une bonne idée ! Les services de l'immigration ont renforcé leurs méthodes de contrôle. De plus, si vous êtes attrapé, votre visa sera directement annulé et vous serez banni du territoire australien pour trois ans.

Covid oblige, à l’heure où nous écrivons cet article, pour se rendre sur le sol australien, en plus d’être muni d’un visa, il est important d’être complètement vacciné, de présenter un PCR négatif réalisé les trois jours précédant le départ. Une potentielle quarantaine pourra être effectuée, en fonction des régions. Pour plus d’informations, rendez-vous ici.

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