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Alan Green le fondateur de Quicksilver
  • Société

Disparition d’Alan Green, fondateur de Quiksilver et pionnier du surfwear

  • 16 janvier 2025
  • 3 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Pour l’Australien Alan « Greeny » Green, décédé d'un cancer mardi 14 janvier à l’âge de 77 ans, tout avait commencé en 1969 par un boardshort imaginé dans son garage en 1969. Conçu par un surfeur pour les surfeurs, de coupe radicalement innovante, il devient vite un énorme succès et révolutionne le vêtement de surf sous la marque Quiksilver. D'autres produits suivent, sur lesquels va s’ériger un empire, au point de devenir la première marque de surf côtée en bourse. Si, à sa mort, ce visionnaire discret et modeste, n’était plus depuis longtemps à la barre de Quiksilver ni de Roxy, la marque femme, il aura indéniablement marqué la culture surf.

Pour les surfeurs, Alan Green, c’était  « Greeny ». Surfeur passionné, né en 1947, il grandit à Pascoe Vale, non loin de Melbourne, dans l’Etat de Victoria, en Australie. Très jeune, il n’hésite pas à faire 90 minutes de stop pour rejoindre Torquay, un spot de surf. Plus tard, il s’y installe. C’est là qu’en 1968, qu’avec ses amis Dough « Claw » Warbrick et Brian Singer, il met au point une combi de surf dans le sous-sol d'une maison de Beale Street, derrière le Torquay Pub. Ses deux compères la commercialiseront sous la marque Rip Curl.

Alan a 22 ans, et il va plancher sur autre chose : des prototypes de shorts adaptés aux besoins des surfeurs. A l’époque, les boardshorts n'existent pas. Les surfeurs portent des maillots de bain ou des boxeurs lourds, encombrants, dont les boutons leur faisaient mal quand ils pagayaient. Alan va y remédier. En 1969, grâce à un prêt de 2 500 dollars accordé par son père, il s’associe à son ami John Law pour fabriquer les boardshorts que les surfeurs voudraient vraiment porter. Ensemble, ils vont les coudre sur leur table de cuisine, et parcourir le pays pour les vendre… depuis le coffre de leur voiture.

Des boutons-pression et du velcro de récup

Leur premier lot de boardshorts sort en 1970/71, il fait la différence. Son succès tient pourtant à pas grand-chose. « On nous attribue parfois la conception du premier boardshort 'technique ', mais en réalité, nous n’avons fait qu’utiliser des boutons-pression et du velcro à la place des braguettes parce que j'en avais acheté un stock lorsque j'ai commencé à fabriquer des combinaisons de plongée Rip Curl », se souvient Green dans le livre  The Mountain and the Wave: The Quiksilver Story ». « La taille à empiècement, qui est plus haute à l'arrière qu'à l'avant, était l'autre différence », poursuit-il. « Elles épousaient le dos tout en restant basses sur les hanches. C'étaient des boardshorts distinctifs, fonctionnels et confortables, et les empiècements bicolores les rendaient différents des autres. Les surfeurs semblaient les apprécier. »

Très vite la marque va s’imposer en Australie avec ses modèles, The Yoke et The Scallop, notamment. Puis aux Etats-Unis, grâce à Bob McKnight avec qui Alan lance Quiksilver America, en 1976. En têtes d'affiches pour leurs produits : les meilleurs riders de l’époque. Notamment Mark Richards, Wayne « Rabbit » Bartholomew, Bruce Raymond, Terry Fitzgerald, Gerry Lopez et Michael Ho. Fin 70’s les boardshorts de Quiksilver sont partout. De l’Echo Beach à Newport au lancement l'Eddie Aikau Big Wave Invitational. En toute logique, 1984 marque l’arrivée de la marque en Europe.

"L'effet Kelli Slater "

Le vieux continent tombe sous le charme, puis découvre dans la foulée un certain Kelly Slater. La légende du surf signe son premier contrat Quiksilver en 1990, il a alors 18 ans. Star de l'émission « Bay Watch », il emporte titre mondial sur titre mondial et, avec Quiksilver, il va porter le surf à de nouveaux sommets au cours de la décennie suivante. C’est à peu près à la même époque que la marque lance sa collection de vêtements de surf pour femmes, baptisée Roxy, du nom de la fille d'Alan. A nouveau, c’est un énorme succès, porté notamment par l’image, et les performances, d'une autre surfeuse de Floride, Lisa Andersen. Résultat, en 1998, Quiksilver est devenue la première marque de surf à être cotée à la Bourse de New York.

Mais tout ne va pas si bien pour la marque qui commence à payer le prix d'une diversification pas toujours avisée. Certes son ouverture à d'autres terrains de la glisse, notamment le skate, mais aussi le snow, sont payantes. En 1987, Quiksilver commence à sponsoriser Craig Kelly, en 2002 le team rider Danny Kass remporte la médaille d'argent aux Jeux olympiques d'hiver de 2002 . Et en 2008 c’est la sortie des films de snowboard les plus légendaires de tous les temps, « That's It, That's All », en collaboration avec Travis Rice. Mais L’arrivée de Quiksilver dans des sports tels que le golf, ne lui porte pas bonheur. En 1992, les pertes s’accumulent. Alan Green, le légendaire fondateur de la marque, l’homme discret qui ne cessait de rappeler : « Quiksilver n'a jamais été l'affaire d'une seule personne. Il s'est toujours agi d'un groupe de personnes pensant globalement, agissant localement et guidant la marque à travers un vrai consensus », va voir la marque perdre de son aura.

Le rachat, puis la vente, à perte, de Rossignol en 2008, va encore aggraver la situation de la marque que l’on verra alors changer de mains.  A sa disparition mardi, Alan Green, n’était plus aux commandes depuis longtemps. Avec lui, c'est une partie de l'âme de Quiksilver qui s’envole. Il laisse un grand vide dans la communauté du surf, comme le soulignait hier, sur Instagram, kelly Slater : « Je t'aime, Greeny. Tu étais unique en ton genre, un grand ami et un mentor pour tant de gens. Tu me manqueras à jamais. ».

Pour en savoir plus sur Alan Green et l’histoire de Quiksilver, lire « The Mountain and the Wave: The Quiksilver Story », de Phil Jarratt (2006). En anglais, non traduit à ce jour.

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