Ses élèves rêvaient de tenues qui tiennent bien en place et où l’on puisse glisser un peu de monnaie ou une clé. Andrea Picasso s’y est attelée, et le résultat est juste parfait.
« Mes élèves finissent toutes à poil dans l’eau ! s’agace Andrea ‘Mona’ Picasso, un jour de 2016 sur une plage de Costa Rica. Professeure et surfeuse, c’est en donnant un stage de surf pour femmes sur la plage de Hamlet à Santa Teresa, qu’elle constate que la majorité des grandes marques de maillots de surf féminins ne tiennent pas la route. « Les bas glissaient, les hauts découvraient leurs poitrines. Il fallait que je fasse quelque chose ».
Encouragée par son entourage, Andrea Picasso rassemble des tissus, quelques couturiers costaricains et commence à concevoir des maillots. Elle en veut d’ailleurs un pour elle aussi. « Au Costa Rica, on vit plus ou moins en bikini toute la journée », sourit la trentenaire. Son prototype rêvé : un maillot avec une poche qui pourrait contenir les clés de son scooter qui la conduit de chez elle à la plage et qui ne dévoilerait pas ses parties intimes lors de ses sessions de surf.
Le tout premier maillot de la ligne, le « Wild Love », est un une pièce prodigieux de simplicité. Les bretelles larges sur l’épaule restent en place, le dos nu décolleté est parfait par temps extrêmement chaud et une poche avec fermeture éclair cachée dans le creux des reins permet d’accueillir un jeu de clés ou quelques pièces. Enfin, ô magie, la coupe semi-échancrée ne rentre pas dans les fesses.

Le succès fulgurant de sa création a rendu la néo-styliste ambitieuse : et si on pouvait faire la même chose à une échelle touchant beaucoup plus de femmes dans le monde ? En 2018, Andrea Picasso relocalise sa marque à Santa Cruz en Californie. Désormais, les produits Mona sont façonnés à Los Angeles, où des maîtres tisseurs et de meilleurs équipements de production l’aident à perfectionner sa petite entreprise et à mieux rivaliser avec les grosses pointures du marché. Le nom de la marque vient du surnom que lui donne ses amies : ‘Mona’ décrit, en espagnol, une fille culottée, qui a de la classe.
Une seconde peau
La griffe utilise des tissus faits à partir de matériaux 100% recyclés. Sa gamme s’est étendue et comprend désormais plusieurs modèles une pièce ( notamment le « Drifter Surf Suit », un maillot zippé sur le devant, 130€), des deux pièces originaux, et des combi rashguard comme la « Vitality Rash Guard », à manches longues amovibles (56€).
A l’essai, sa combinaison fait véritablement l’effet d’une seconde peau. Notre journaliste l’a testé lors d’un voyage récent au Fiji à l’occasion de sessions de surf et de SUP. Comme elle était restée sur des vagues faciles, elle a demandé à une professeure de surf de la tester afin de voir comment s’en tiraient les maillots dans des situations plus extrêmes.
« C’est la tenue de surf la plus confortable que j’ai jamais portée », a rapporté cette dernière après l’essai. “Habituellement, quand il y a de fortes houles, il faut ramer terriblement pour passer la barre et je suis toujours distraite par mon maillot que je remets en place. Là, j’ai pu me concentrer complètement sur mon surf et ramer sans m’inquiéter d’un maillot qui se déchire ou qui me tire en étant mal positionné. Je l’adore, tout simplement!".
Andrea Picasso a récemment entamé la création d’une nouvelle ligne de hauts et de bas destinés à la pratique du yoga. Elle compte également travailler le style de ses ligne surf et casual, afin d’offrir des coupes flatteuses adaptées à toutes les corpulences et s’ouvrir à un éventail de public le plus large possible, notamment aux femmes avec de fortes poitrine.
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