Marion Haerty, Victor Daviet, Jérôme Tanon et d'autres personnalités se sont engagés pour la campagne hivernale de l'association Riders for Refugees. Leur but : récolter des habits chauds pour permettre aux réfugiés d'affronter l'hiver. Du 1er au 31 octobre, le collectif met en place des points de collecte et a profité du High Five Festival, ce week-end à Annecy, pour sensibiliser la communauté de l’outdoor à cette problématique.
Cette année encore, des figures du monde de la glisse s'engagent aux côtés de l'association Riders for Refugees, qui collecte des vêtements chauds auprès des particuliers, des magasins et des marques de l’outdoor pour les redistribuer aux réfugiés depuis maintenant cinq ans. Cet hiver, Marion Haerty, Léo Taillefer, Victor Daviet, ou encore Coline Ballet-Baz sont les ambassadeurs de la cause, rejoints par le réalisateur et photographe Jérôme Tanon - à qui l'on doit le documentaire "Zabardast". Ce dernier n'a pas vraiment hésité : "J'habite dans le centre d'Annecy et je connais David Malacrida, qui gère l'association en France, depuis longtemps. Un jour, je l'ai vu en train de charger un camion de cartons et je suis allé filer un coup de main. Soyons honnête, on a tous trop de fringues. Les athlètes qui ont des partenaires sont obligés de porter les collections actuelles, ils ne se servent plus des précédentes. Autant que cela profite à des gens dans le besoin."
L'association Riders for Refugees est née en 2014, lorsque que photographe et journaliste anglais Danny Burrows rentre d'une visite à la "Jungle" de Calais, ce camp de migrants et de réfugiés installé aux abords de l'entrée française du tunnel sous la Manche. Danny, qui travaille alors pour un magazine de snowboard, est choqué par le contraste entre le dénuement de ces personnes vivant dans des conditions plus que précaires et le monde dans lequel il travaille, où l'on produit et consomme des équipements plus que de raison. Il crée alors l'association pour tenter de remédier au paradoxe. "La première année s'est concentrée autour de la situation à Calais. Depuis, on a bien grandi, on a déménagé à Annecy, dans une région où l'on a beaucoup d'interlocuteurs dans le milieu de l'outdoor", explique David Malacrida, coordinateur France.
Riders for Refugees se charge de collecter les habits puis de les trier, avant de les donner à des associations spécialisées, qui travaillent avec les réfugiés sur le terrain et ont une vraie expertise en la matière. "Notre boulot est de recueillir le plus de vêtements possibles. On a un rôle d'intermédiaire entre le milieu de l'outdoor, dans lequel on baigne au quotidien, et celui de l'associatif", détaille David.
Une démarche qui n'est pas du goût de tout le monde. Lorsque Marion Haerty, double championne du monde freeride en snowboard, a fait la promotion de la campagne dont elle est la marraine sur les réseaux sociaux, elle a reçu - au milieu des encouragements - des commentaires et des messages injurieux. "On ne peut pas fermer les yeux, je ne comprends même pas qu'on puisse remettre en question ce genre d'action", déplore David Malacrida.

Crowfunding
Riders for refugees a un budget très limité et tourne grâce à l'action de bénévoles qui aident à trier et empaqueter avant l'envoi vers les associations chargées de la distribution. Pour couvrir les frais de transport, qui sont chaque année plus importants, une campagne de crowfunding a été lancée.
L'association prévoit en parallèle d'autres projets dont celui d'organiser une session de ski avec les réfugiés pour leur faire découvrir la montagne différemment. Jérôme Tanon, qui est aussi photographe, est impatient de pouvoir immortaliser ce moment : "C'est une super initiative, je suis sûr que ce sera un grand moment de partage."
Pour participer à la collecte, c'est ici, pour plus d'informations, c'est là.
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