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Jour de stage sur les Causses à l'Ecole de Trail de Millau
  • Aventure
  • Trail Running

De Millau à Orléans, l’« École de trail » gagne du terrain

  • 12 août 2019
  • 7 minutes

La rédaction Outside.fr Simon Dugué Féru de trail running, Simon a rejoint la rédaction d'Outside en tant que stagiaire puis pigiste.

Longtemps pratiqué exclusivement par des adultes, le trail séduit de nouveaux adeptes parmi les plus jeunes. En témoigne l’ouverture à la rentrée prochaine d’une « Ecole de trail », à Orléans et Toulouges (près de Perpignan. Deux centres s’inspirant du premier lieu dédié aux enfants et aux ados créé en 2018 à Millau, dans l’Aveyron. C’est là que notre journaliste a rencontré les traileurs en herbe. Reportage. 

En stage sur les terres des Templiers

Rendez-vous sur sur la zone d’atterrissage de parapente. La petite route qui y mène depuis le plateau du Larzac révèle au premier plan la ville de Millau, traversée par le Tarn et entourée de reliefs abrupts. Au fond, le viaduc, prouesse architecturale culminant à 343 mètres.
Une terre où la culture du trail est historiquement et profondément ancrée. Le Grand Trail des Templiers prend ses racines ici, sur les Causses. On désigne souvent Chamonix comme la “capitale du trail”, c’est oublier l’importance de cette course mythique dans l’histoire de ce sport en France. Tous les passionnés y sont passés, ou y passeront une fois dans leur vie de traileur. 

Thibault Chabert, l’encadrant du stage du jour destiné au 10-13 ans, commence son petit briefing. Ils sont quatre ce matin-là, ils seront dix le lendemain pour la session 6-9 ans. Tous ont des profils bien différents : Hugo, rugbyman de 10 ans, et Colombe dont le père est traileur, tentent une première expérience. Hugo, 13 ans, et Kérian sont quant à eux des habitués. “On va s’adapter à tous les niveaux, l’objectif est que tout le monde y trouve son compte et se fasse plaisir”, rassure le coach. 

Plaisir, c’est un mot que l’on entendra souvent pendant les quelques heures passées sur les chemins. “C’est la base. Le trail est un sport exigeant, mais à cet âge on doit avant tout axer sur le bonheur d’être dehors, dans la nature, sur la découverte, et utiliser le trail comme un moyen de se défouler et non dans une idée de performance.”, explique Thibault. Lui sait de quoi il parle. Il revient tout juste de Corse, où il tentait de boucler le GR 20 en autonomie complète en trois jours, contre quatre l’année précédente. “À partir d’un certain âge et d’un certain niveau, la souffrance dans l’effort est inhérente à ce sport, mais on en est encore loin”.

Au programme du jour : deux sorties, la première focalisée sur quelques techniques, notamment le travail de descente. La seconde, plutôt centrée sur la découverte avec un parcours un peu plus long et escarpé. 
Ces stages d'une journée organisés pendant les vacances sont l’occasion d’attirer un public un peu différent et pourquoi pas d’en tenter quelques-uns à fréquenter l’École pendant l’année. Hugo, le jeune rugbyman de 10 ans nous confiait justement à l’issue de la journée qu’il raccrocherait bien les crampons pour les baskets. L’expérience l’a visiblement séduit.

Thibaut, comme les autres instructeurs, est habilité à encadrer des enfants. Lui est plutôt orienté “multi-sports” (le trail faisant bien sûr partie des sports qu’il pratique dans sa vie quotidienne), d’autres ont une spécialisation en course à pied comme Quentin Raïssac, un jeune traileur de talent dont le nom parlera sûrement à quelques-uns et qui vient de finir un cursus STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives). 

Pour une dizaine d'euros, les vacances scolaires donnent l’occasion d’organiser ce type de stages, plus orientés “découverte” que les entraînements du samedi qui restent le gros de l’activité pendant l’année. Face à une demande croissante, dès la rentrée 2019, des sessions seront également proposées le mercredi. L’École de Trail séduit les jeunes comme les plus grands – deux nouvelles écoles viennent de voir le jour, une autre est sur le point d’être créée à Albi, et d’autres encore sont attendues pour 2020.


Guilhem Prax : « Une école de la découverte, pas de la performance »

D’où vient l’idée ? Comment est né ce projet ? Quel est son potentiel ? Quelles évolutions/ambitions peut-on envisager ? Réponses de Guilhem Prax, l’un des fondateurs de l’ »Ecole du trail 

Guilhem Prax, 30 ans, est installé dans l’Aveyron depuis quelques années, il a d’abord travaillé dans un magasin spécialisé trail/course à pied, avant d’ouvrir le sien, en 2015 dans le centre-ville de Millau. Gardois d’origine, il a quitté Alès, de l’autre côté des Cévennes, pour s’installer aux pieds des Causses. Passionné par tout ce qui touche à la course à pied, il s’implique dès qu’il le peut dans la vie sportive locale. Il est aussi à l’origine de la création du "team Causses Cévennes" composé d’athlètes ayant tous une attache avec ce territoire. L’association "Ecole de Trail" est l’un de ses derniers projets, peut-être celui qui lui tient le plus à coeur.

Comment est née l’idée de créer une “école de trail” ? 

J’y pense depuis 2016 environ. Je suis de près toutes les initiatives dans le monde de la course à pied et du trail et je suis tombé un jour sur quelque chose d’un peu similaire en Espagne, près de Barcelone (Escola de Trail Laia Diez). En m’y intéressant de plus près, j’ai découvert que le concept était déjà très répandu au-delà des Pyrénées. Rien en France en revanche, bien qu’il y ait beaucoup de traileurs. Ça m’a donné envie de lancer l’idée chez nous. En janvier 2018, après avoir un peu mûri le modèle, j’en ai parlé à un ami, Loïc Ayral. Détenteur d’un diplôme STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), il pouvait encadrer les enfants. Il avait une connaissance technique que je n’avais pas, c’était important pour lancer le projet.

Quelle est la philosophie de cette école ? 

Nous ne sommes pas du tout dans une idée de performance, au contraire même. Ainsi nous n’accompagnons pas les enfants sur des courses. S’il y en a une dans le coin, il arrive qu’on leur transmette l’information, mais ça s’arrête là. Nous avons créé cette école avant tout dans une idée d’épanouissement et de découverte. On oublie parfois que le trail, c’est certes une variante de la course à pied, mais c’est surtout être dans la nature, découvrir. Une dimension que nous voulons aussi mettre en avant.

Tu insistes sur cet aspect “découverte”. Vous êtes dans un territoire chargé d’histoire…

Le trail est un des rares sports qui permette d’aller au-delà de l’aspect purement sportif. Quand on court ici, autour de Millau, sur les Causses et dans les Cévennes, on s’aperçoit très vite des particularités de la région : topographie, aménagements, édifices, la “course nature” est un moyen de comprendre ce territoire, d’en apprendre l’histoire. L’époque des Templiers, l’importance du pastoralisme, il y a énormément de choses à découvrir et à mettre en valeur. Je suis persuadé que mieux on connaît un territoire, plus on a envie de le protéger. La dimension “responsable” est aussi très importante pour nous. Nous n’oublions pas que les enfants que nous accueillons aujourd’hui sont les adultes de demain.

 Comment s’est déroulée la première année, depuis l’ouverture en 2018 ?
Nous avons choisi de proposer trois catégories d’âge : 6-9 ans, 10-13 ans et 14-18 ans. Les deux premières sont celles qui ont le mieux marché, réunissant environ 45 inscrits, ce qui était déjà très bien pour commencer. Nous espèrons encore progresser, mais il faut pouvoir assurer la même qualité d’encadrement. L’idée n’est pas d’en faire un business lucratif, mais plutôt d’être pérenne et de pouvoir dégager quelques fonds pour nous développer et dynamiser le réseau que nous sommes est en train de bâtir. 

Tous les coachs ont des diplômes pour encadrer les enfants. C’est une volonté ?

Légalement, en tant qu’association, nous pouvions faire appel à de simples bénévoles sans qualification particulière pour ce qu’on propose à l’école de trail. Pour autant, dès le départ, nous avons souhaité travailler avec des encadrants professionnels et rémunérés. Pour moi c’était important afin d’asseoir la légitimité du projet. Je dois dire aussi que j’avais la chance de pouvoir compter sur des gens que je connaissais bien et qui avaient le profil parfait pour endosser ce rôle. 

Pendant le stage, les profils étaient très différents parmi les enfants. C’est le même type de public pendant l’année ?

On pourrait penser que les jeunes sont tous issus de familles de traileurs. En réalité cela représente à peine 50% de nos élèves. Réussir à attirer un public large et faire découvrir ce sport à des gens qui n’ont pas cette “culture trail” est une fierté. Il y a aussi un bon équilibre entre garçons et filles, ce qui était important pour nous. 

Le concept se développe avec deux nouvelles « Écoles de Trail » qui ouvrent à la rentrée, c’était dans ton idée initiale d’exporter le projet ?

Je ne l’ai pas fait pour ça au départ, mais j’ai eu rapidement de bons retours de personnes dans le milieu qui trouvaient l’idée intéressante. Plus on peut toucher de monde, mieux c’est et surtout le développement dans d’autres régions permettra à tout le monde de progresser. On s’enrichit les uns les autres, tout en gardant nos spécificités, c’est ce qui me motive avec ce développement. 

Concrètement, comment cela s’est-il passé ?  
Au cours des derniers mois, plusieurs personnes m’ont contacté pour me demander s’ils pouvaient créer eux aussi des "Écoles de Trail". Nous avons commencé à discuter des modalités d’application. Mon objectif était de leur donner les clés essentielles et leur faire part de mon expérience pour qu’ils réussissent. J’ai pensé qu’il serait intéressant de créer une Charte éthique permettant de créer un lien entre toutes les Écoles qui se créeraient à l’avenir. Cette charte, c’est ce qui nous lie. On défend des valeurs communes, on cherche à atteindre les mêmes objectifs.

Finalement, "l’École de Trail" c’est un réseau plutôt qu’une marque ? 

Exactement, c’est dans cet esprit que j’ai souhaité me placer. Je ne veux pas imposer les modalités d’application à ceux qui souhaitent développer une école. Tant qu’on adhère à la charte, c’est le principal, ensuite cela peut prendre la forme d’un club, d’une association, peu importe. Par contre, je suis en train de créer un “guide” pour accompagner ceux qui veulent se lancer dans ce projet pour leur donner les conseils de base et répondre à des questions qu’ils pourraient se poser. Mais chacun est libre ensuite de l’adapter à ses envies et à ses contraintes. Il faut un cadre minimum, mais sans brider la créativité de chacun.

Comment envisages-tu le futur ? 

Je suis heureux de la dynamique. Notre réseau compte désormais trois écoles, peut-être bientôt quatre, et il devrait y en avoir encore quelques-unes supplémentaires dès 2020. Dans l’idéal, ce serait bien c’est qu’il y ait un maillage du territoire, même hors des zones de montagnes, dans le nord, en Bretagne … Il y a des traileurs partout en France et des sites à découvrir dans toutes les régions. Nous avons également plein d’idées en tête pour continuer de grandir : développer une formation spécifique pour le trail, organiser des conférences, et plus encore…


Plus d’information sur la page Facebook de l’École de Trail et sur leur site internet.

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