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Cinémathèque de Montagne à Gap
  • Société
  • Culture

Dans les coulisses de la cinémathèque d’images de montagne de Gap

  • 15 juin 2023
  • 9 minutes

Coralie Havas Coralie Havas Passionnée d'escalade, de montagne et de culture outdoor au sens large, Coralie est journaliste pour Outside. Elle est basée à Uzès quand elle n'est pas sur la route à bord de son van.

Votre trip estival dans les Écrins est déjà planifié. Mais avez-vous pensé à faire un détour par Gap pour (re)découvrir l’histoire des films de montagne à la CIM (Cinémathèque d’Images de Montagne) ? Lieu incontournable ouvert à tous les passionnés d’outdoor, il rassemble près de 11 000 films français et organise régulièrement des projections. Dédié au cinéma de montagne - des pionniers du début du XXe siècle aux derniers exploits en date, en passant par l’himalayisme et l’escalade - il propose également des expositions passionnantes, notamment sur l’évolution du matériel cinématographique. Un lieu que notre journaliste a parcouru aux côtés de son directeur, Gilles Charensol, lui-même réalisateur et cameraman.

Gap, Hautes-Alpes. Non loin de la gare, un bâtiment atypique, l’ancienne Usine Badin, accueille désormais un haut lieu du cinéma français, la cinémathèque d’images de montagne de Gap, qui a ouvert ses portes en septembre 2022. « On a récupéré ce site où l’on triait, de 1895 à 1970, de la fenasse, une graine de semence collectée dans le coin puis réexpédiée par la gare toute proche, partout dans le nord de l’Europe et aux États-Unis pour replanter les prairies » explique Gilles Charensol, réalisateur-cameraman et directeur de la cinémathèque. « La production a baissé au cours du siècle, les éleveurs délaissant peu à peu cette culture au profit des céréales, de l’élevage… Et lorsque l’usine a fermé, elle a vraiment été laissée telle quelle. Avec les sacs encore posés au sol, les machines. […] Avec l’architecte, on voulait garder les traces du passé. Les murs n’ont pas été rénovés, on a conservé au plafond le système d’entraînement des machines, etc. Il faut savoir que dans les Hautes-Alpes, très peu de bâtiments industriels ont été conservés. C’est pour cela qu’il nous tenait à cœur de préserver toute l’histoire du bâtiment ; par endroits, on voit même encore des signatures d’anciens ouvriers ».

« La seule partie que l’on a vraiment rénovée, c’est la salle de cinéma », poursuit Gilles Charensol. « 165 places, équipée avec tout le matériel moderne, un projecteur laser 2K, un son en 7.1, des fauteuils à mémoire de forme. On a tout misé sur la qualité technique et le confort […]. La cinémathèque organise régulièrement des diffusions de films – les mercredis, vendredis et samedis [retrouvez l’intégralité du programme ici, ndlr]. En parallèle, a lieu depuis quinze ans, à la grande salle de spectacle du Quattro, à Gap, un festival annuel [Rencontre de la Cinémathèque de montagne, ndlr] où pendant quatre jours, près de 10000 spectateurs viennent voir des films. Cela fait plus de quinze ans que nous sélectionnons des documentaires ».

Après un rapide détour par un atelier permettant de s'initier à la réalité virtuelle, où l’on peut notamment survoler les Hautes-Alpes en montgolfière, en effectuant, pendant quatre minutes, « des sauts de puces sur tout le département [château Queyras, col d’Izoard, Briançon, Mont-Dauphin, Embrun, Lac de Serre-Ponçon, Gap, Tallard, Céüse, Col du Noyer, ndlr] » ou encore s'accrocher à la falaise de Céüse avec un grimpeur, voire se balader avec un berger dans les alpages, Gilles Charensol nous fait découvrir le musée. Une visite qui s'organise en deux parties distinctes : l'histoire du cinéma de montagne, retracée via le fond permanent de la cinémathèque, et l'évolution du cinéma d'alpinisme qui fait actuellement l'objet d'une exposition temporaire. L'occasion de faire le point avec lui sur ces deux sujets.

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En France, comment a évolué la représentation des montagnards dans le documentaire ?


Du rude quotidien du paysan... aux exploits des freeriders

Première étape : la visite de l’exposition permanente sur le cinéma de montagne. « On y retrace, par l’intermédiaire d’extraits de films, mis en parallèle avec des objets de l’époque, et du matériel cinématographique, l’évolution de la représentation des montagnards dans les documentaires. Au début, [aux alentours de la Seconde Guerre mondiale, ndlr] ils étaient présentés comme des hommes très rustres, des paysans qui vivaient avec leurs bêtes » explique le directeur de la cinémathèque. Les premiers films tournés en montagne mettaient en avant la rudesse du quotidien, les images faisant l’écho d’une vie difficile, adaptée au terrain et étroitement liée aux conditions climatiques. Le film « Saint-Véran », réalisé par Roger Verdier et Albert Mahuzier en 1943, plonge ainsi dans la vie des habitants de la commune la plus haute de France, située à 2040 mètres d’altitude. Plus tard, « La dernière moisson », documentaire tourné en 1978 par Lucien Patry, présente un hameau isolé du Champsaur, Prapic, au quotidien très proche de celui des paysans de Saint-Véran, trente-cinq ans plus tôt. À quelques kilomètres de là, en parallèle, la station d’Orcières-Merlette voyait le jour.

« Ensuite, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, on a commencé à percevoir la montagne comme une source d’énergie » poursuit Gilles Charensol. « C’est là qu’ont débuté les constructions des barrages entre autres ». La caméra se plaçait alors en témoin des grandes transformations de l’époque. Il n’y a qu’à voir « L’eau vive », film écrit par Jean Giono, commandité par Électricité de France à l’occasion de la construction du barrage hydroélectrique de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes), à la fin des années 1960. Tourné sur trois ans lors des gigantesques travaux qui déplacèrent le cours de la Durance, ce documentaire, célébré par les cinéastes de la nouvelle vague pour son scénario, mêlant intelligemment fiction et réalité, restitue bien l’ampleur d’un chantier qui bouleversa la Provence.

« S’en suit la naissance des stations de ski, de l’or blanc. À cette époque, beaucoup de films promotionnels, invitant les Français à venir faire du ski dans les Hautes-Alpes, voient le jour. L’objectif ? Séduire le spectateur, l’attirer vers une nature aménagée » raconte le directeur. La montagne s’ouvre alors à la société du loisir. En témoignent les œuvres de Jack Lesage, réalisateur d’« Alpes de Neige » et fondateur de CinéPress, une société qui réalise des films pour l’industrie et le tourisme régional, orientée vers la production de films sportifs : le Tour de France, les Jeux Olympiques, l’alpinisme, le ski ainsi que les films de montagne. En 30 ans et plus de 300 films, CinéPress est ainsi devenue l'un des leaders européens des films de sport et de montagne.

« Viennent ensuite les films de glisse, dont les fameux 'Apocalypse Snow', une référence », un projet initié au début des années 1980 par Alain Gaimard, chargé de la promotion de la station des Arcs (Savoie) qui fait appel à trois réalisateurs : Didier Lafont, Laurent Chevallier puis Patrice Aubertel. Cette incontournable trilogie ouvre la voie à une vague de productions mettant en scène les exploits des freeriders.


Des frères Lumière aux Flying Frenchies : jusqu'où va le cinéma d'alpinisme aujourd'hui ?

Pionniers dans ce domaine, les Français ont largement contribuer à médiatiser les performances en montagne

« L’exposition temporaire sur le cinéma d’alpinisme est découpée en plusieurs parties, les pionniers, les grandes expéditions nationales, les grands défis, l’escalade libérée et les films actuels », explique Gilles Charensol. « Les plus vieux films que l’on y diffuse datent de 1906 et 1925. Mais ici, il n’y a que le sommet de l’iceberg. Pendant des années, on a fait tout un travail sur la collecte des films, leur numérisation, leur référencement sur un serveur. À ce jour, on a collecté plus de 10000 films, tous numérisés. 3000 sont indexés sur notre base de données. À nos débuts, on recueillait les films amateurs et professionnels. Mais maintenant, on se spécialise de plus en plus dans le film professionnel. Tous les grands alpinistes, Terray, Demaison, Destivelle, Edlinger, sont déposants à la cinémathèque de montagne. On a tous leurs films ici ».

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« Ce qui est génial, c’est que les premiers films d’alpinisme ont suivi de près la naissance du cinéma, en 1895 ». Ainsi, en 1900, à Paris, le pavillon des Voyages Animés de l’Exposition Universelle présentait des images tournées sur la Mer de Glace (Massif du Mont-Blanc) par un opérateur envoyé par les frères Lumière. L’encombrant matériel de tournage de l’époque se prêtait pourtant peu aux reliefs accidentés des glaciers et des parois rocheuses. Ce qui n’a pas empêché certains pionniers, eux-mêmes alpinistes, d’accompagner les cordées avec leurs caméras. Début XXe siècle encore, en 1906, Camille Legrand, opérateur pour Pathé, a suivi le guide Joseph Vallot jusqu’au sommet du mont Blanc. Le résultat ? Un film, intitulé « L’ascension du mont Blanc » ayant nécessité plus de 16 000 mètres de pellicule.

Avec « Victoire sur l’Annapurna » le spectateur est pour la 1ère fois au coeur de l'action

Il faudra attendre les années 50 pour découvrir les exploits des alpinistes français grâce aux films documentaires faisant le récit des ascensions dans les Alpes et en Himalaya. Ces images magnifient l’héroïsme de ces pionniers de la verticalité, à une époque où la compétition entre les nations était immense. Toutes souhaitaient être la première à atteindre l’un des 14 sommets de plus de 8000 mètres. Tourné en 1950 par Marcel Ishac, le film « Victoire sur l’Annapurna », sélectionné au festival de Cannes en 1953, a connu un retentissement mondial. C’est bien simple : son réalisateur est venu bouleverser le cinéma documentaire. Sa volonté ? Placer le spectateur au cœur de l’action. Une révolution.

« Grâce à nos déposants, on a pu récupérer du matériel d’alpinisme » raconte Gilles. « La caméra qu’utilisait Lionel Terray pour faire ses tournages, son projecteur et son livre référence, dédicacé, 'Les conquérants de l’inutile'. On a vraiment créé un lien avec les déposants. Nous présentons également la caméra de Jean Afanasieff, le premier français avec Pierre Mazaud à avoir gravi l’Everest, en 1978. Au début, ce n’était qu’un alpiniste. Il est devenu réalisateur par la suite ». Il s’est fait notamment remarquer pour des films sur les exploits de ses amis alpinistes, comme Eric Escoffier, dans « Faces Nord » (1987).

"La vie au bout des doigts" : Le grimpeur devient une rock star

« Vient ensuite la partie escalade libérée, avec six extraits de films mythiques [« Grimpeur étoile » avec Patrick Berhault, « Devil’s Tower » et « Seo » avec Catherine Destivelle, « Opera Vertical » et « La vie au bout des doigts » avec Patrick Edlinger, ndlr]. Rien que là, il y a plus d’une demi-heure de films. Donc si on veut parcourir intégralement l'exposition, il faudra plus d'une visite ! […] Le monde de l’escalade en France doit beaucoup à « La vie au bout des doigts » [diffusé sur Antenne 2, en 1982, ce documentaire fait découvrir aux téléspectateurs la discipline, ndlr]. Avant, les films montraient de l’alpinisme difficile, dans les faces nord, en hiver – l’escalade étant juste un moyen de progresser. Et puis il y a eu cet ange blond qui est arrivé, qui vivait dans un camion. […] Toute une philosophie de vie s’est dégagée de ce film et de cette personnalité ». Après ce film, le Français moyen ne verra plus l'escalade de la même façon.

Changement de regard aussi du côté des réalisateurs. De nos jours, les réalisateurs prennent davantage en compte le point de vue des populations locales. Récemment, le film, « Le Mur de l’Ombre », réalisé par la Polonaise Eliza Kubarska suivait la vie d’une famille de Sherpas. Reflets de notre société, les documentaires actuels intègrent bien évidemment les préoccupations écologiques, explique Gilles Charenso : « l’aventure près de chez soi, sans moyen motorisé, est initiée par Lionel Daudet (« La skyline », 2004) ou Patrick Berhault (« La cordée de rêve », 2001). Plus récemment, « Alpine Trilogy », réalisé en 2021 suit deux grimpeurs professionnels, Nicolas Favresse et Sébastien Berthe, reliant les trois faces les plus difficiles des Alpes à vélo. Ces documentaires démontrent qu’un comportement écoresponsable peut produire des expériences riches, faisant apparaître de nouvelles perspectives. Sur le plan des pratiques mais aussi de la narration cinématographique ».

De même, à l'heure où tous les 8000 mètres ont été grimpés, et où les premières et les ouvertures sont de plus en plus difficiles à trouver, il faut beaucoup de créativité pour innover et laisser sa trace dans l'histoire. Quand, outre Atlantique, un Alex Honnold défie l'apesanteur dans une production hollywoodienne qui vaudra aux réalisateurs de Free Solo un Oscar, ailleurs, en France, c'est la course à la vitesse avec les performances d'un Benjamin Védrines ou la recherche de projets où la montagne devient un moyen d’expression, c'est le cas notamment d'un Paul Bonhomme ou d'un Charles Dubouloz pour ne citer qu'eux. Et dans un autre univers, relevant presque du spectacle, on voit au début des années 2010 les Flying Frenchies, groupe de copains férus de basejump apporter un réel vent de fraîcheur en mêlant catapulte humaine, danse en paroi, concert dans le vide et highline tendue entre deux montgolfières. Des images qui élargissent encore le spectre du film de montagne

Cinémathèque de Montagne à Gap
(Bertrand Bodin)

10 films incontournables à découvrir à la cinémathèque de montagne, dont un inédit de Lionel Terray

  1. « L’ascension du mont Blanc » (1920, Pathé). Montre les principales étapes de l’ascension d’un groupe de touristes, en deux jours du Mont-Blanc, de Chamonix au sommet.
  2. « Premier de Cordée » (1944, Louis Daquin). Making off qui nous invite à comprendre comment se déroulent les tournages en paroi.
  3. « Victoire sur l’Annapurna » (1950, Marcel Ishac). Retour sur l’ascension française de l’Annapurna, le premier sommet de 8000 gravi par une expédition.
  4. Les rushes du tournage de l’ascension du Nilgiri nord (7061 m) par Lionel Terray en 1962, jamais utilisés pour faire un film. « Ces images brutes n’ont jamais été diffusées jusqu’à leur utilisation dans notre exposition aujourd’hui » explique Gilles Charensol.
  5. « La dernière moisson » (1978, Lucien Patry). Présente un hameau isolé du Champsaur, Prapic, au quotidien très proche de celui des paysans Saint-Véran, trente-cinq ans plus tôt.
  6. « La vie au bout des doigts » (1982, Jean-Paul Janssen). Le grand public découvre l’escalade, incarnée par un jeune homme de 22 ans qui crève l’écran.
  7. « Apocalypse Snow » (1983, 1984, 1986, Didier Lafond). Incontournable trilogie qui a ouvert la voie à une vague de productions mettant en scène les exploits des freeriders.
  8. « Grimpeur étoile » (1989, Laurent Chevallier). Quand la danse rencontre l’escalade, avec Patrick Berhault.
  9. « I believe I can fly » (2011, Sébastien Montaz). Les Flying Frenchies, un groupe de français volants, repoussent leurs limites dans la pratique de la highline et du base-jump, le tout dans un ton décalé.
  10. « Alpine Trilogy » (2021, Morgan Monchaud. Nicolas Favresse et Sébastien Berthe parcourent 700 km à vélo pour réaliser la légendaire Trilogie Alpine, composée de trois des grandes voies les plus dures des Alpes.

En savoir plus sur la CIM

Horaires d'ouverture : de 14h à 20h les mercredi, vendredi et samedi.
Retrouvez l'intégralité de la programmation sur leur site web (la plupart des projections sont gratuites, d'autres sont au tarif plein de 6€, et 4€ en réduit).

Consultez ici la base de données de la cinémathèque (plus de 3000 films en ligne dont environ la moitié en accès libre).

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