Autoproclamée « sommet mondial du ski-alpinisme », la Pierra Menta est depuis 30 ans le passage obligé pour l’élite de la discipline. Plus grande épreuve de ski-alpinisme au monde, elle rassemble tous les ans plus de 200 cordées de deux skieurs dans une course particulièrement exigeante. Le tout dans un décor majestueux, le Beaufortain, paradis du ski de rando, et une ambiance unique. De quoi combler cette année les athlètes de l’équipe de France de ski-alpinisme, Xavier Gachet et William Bon Mardion en tête, et les grands noms du trail venant boucler leur préparation hivernale, tels que François D’Haene ou Aurélien Dunand-Pallaz, vainqueur de la Diagonale des Fous 2023.
Ils sont anonymes ou champions reconnus, simples compagnons de cordée ou amis de longue date, jeunes ou moins jeunes. Et leur objectif est le même : venir à bout des quatre étapes de la Pierre Menta… mais surtout vivre une expérience unique au monde.
Au menu : quatre jours d’hors-pistes. Des pentes vierges, des étendues sauvages et des sommets mythiques – le Mirantin (2460 m), la Combe du Grand Mont (2400 m) ou encore le Miraillet (2150 m) - et un total de 10000 mètres de dénivelé attendent les 200 duos déjà conquis par la notoriété, la difficulté des étapes et la beauté des paysages autour d’Arêches-Beaufort, terre des plus grands champions de la discipline. Une épreuve mêlant endurance et technique née en 1986 du pari fou d’une équipe de copains : monter un véritable "Dakar des neiges". Elle revient cette année du 13 au 16 mars pour une 38e édition.
Un plateau extrêmement relevé
"C’est plus important de gagner la Pierra Menta qu’une Coupe du monde », devait déclarer un jour Kilian Jornet (quatre fois vainqueur de l'épreuve). Il n'est pas le seul à le penser. Et, sans faillir, les grands noms du ski-alpinisme répondent toujours présents. Cette année, on compte notamment sur les athlètes membres de l’équipe de France de la discipline, le duo Xavier Gachet-William Bon Mardion, 2e de l’édition 2023. Mais aussi sur le Suisse Rémi Bonnet, champion d’Europe en titre. Sans oublier une armada de traileurs internationaux. Le local François D’Haene, quadruple vainqueur de l'UTMB, aura très certainement dans ses skis Aurélien Dunand-Pallaz, vainqueur de la Diagonale des Fous 2023, Germain Grangier, 3e du dernier UTMB mais aussi Arthur Joyeux-Bouillon, 7e de l'UTMB 2022. Ou encore un invité que l’on n’attendait guère, le polyvalent Symon Welfringer, grimpeur de 9a et alpiniste auréolé d’un Piolet d’Or en 2021. Pas de Kilian Jornet en revanche, contrairement à ce que la rumeur laissait encore entendre lundi, nous confirmait hier l'organisation.
Côté femmes, on retrouvera les têtes d’affiche de l’équipe de France, Axelle Mollaret-Gachet et Emily Harrop, vainqueures de la Pierra Menta 2023.
L’esprit de cordée avant tout
Des athlètes qui font le déplacement en quête de performance, certes. Mais pas que : « Cette course me parle dans toutes ces valeurs » nous expliquait Mathéo Jacquemoud, double vainqueur de cette épreuve mythique. « Le sens de l’équipe, le partage sur la durée, vu que ça dure quatre jours. En fait, tu as l’impression de partir en voyage. Pendant la Pierra Menta, tu es dans un microcosme à Arêches. Et tu te sens simplement bien ».
Un esprit de cordée que viennent rechercher les participants. « Quand tu as le bon coéquipier avec qui tu t’entends bien, avec qui tu es sur la même longueur d’onde, la course par équipe, c’est super » détaillait Mathéo Jacquemoud. « Après, c’est sûr que ça peut être vite compliqué si tu es avec quelqu’un qui n’a pas les mêmes objectifs que toi. Mais je dirais que pour moi, c’est actuellement assez facile – même si des fois on n’a pas le même niveau, on sait se comprendre et faire exactement ce qu’il faut pour être une équipe homogène. Au final, je pense que la course par équipe, c’est ça : prendre deux personnes qui ne sont pas forcément les plus fortes et en faire une équipe harmonieuse ».
Une ambiance digne du Tour de France
La Pierra Menta est également une grande fête du ski-alpinisme. Chaque année, ce sont des milliers de spectateurs qui font le déplacement pour encourager les skieurs. Certains n’hésitent pas à se lever aux aurores pour être de la partie. Ils forment généralement un long serpentin lumineux qui, tel une procession, est à l’assaut de la montagne. Tous convergent d’Arêches-Beaufort vers ses hauteurs. Leur dernier objectif ? Le col de la Forclaz (2374 m), l’un des derniers sommets de l’épreuve, le plus populaire aussi.
Car la tradition veut que la foule se presse le long du parcours, où les supporters n’hésitent pas à venir en altitude munis de vin chaud et de barbecues. Sur place, les cloches tintent, les drapeaux s’agitent et les chansons retentissent. Une ambiance digne du Tour de France… à 2000 mètres d’altitude !
Le Beaufortain, terre de ski de randonnée
Un engouement qui n’a rien n’anodin puisque le ski de rando fait intégralement partie de l’identité d’Arêches-Beaufort, une station village intimiste, située à 20 kilomètres d’Albertville, au cœur du Beaufortain. Un véritable paradis pour les skieurs de randonnée qui viennent ici profiter des douceurs de la Savoie, tout en s’éloignant, hors Pierra-Menta, de l’agitation des pistes. Du classique Quermoz (2297 m) à l’imposant Grand Mont (2686 m) en passant par le tour de la Pierra Menta (2714 m), mythique sommet auquel la course doit son nom. Un raid à ski qui se réalise généralement en trois jours. De quoi ravir les aficionados du ski de rando !
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